‹ Les Obstructions cholédociennesChapitre 9 sur 20 · RE PAS · texte numérisé non relu

RE PAS

une forte bilirubinémie est nécessaire chez l'homme pour qu'apparaisse la bilirubinurie; nous dirons que, dans l’espèce humaine, le seuil d'excrétion de la bilirubine est relativement élevé. Il en est de même chez le lapin. Mais il n'en est pas ainsi dans toutes les espèces animales. Nous avons pu observer que, chez le chien, le seuil d’excrétion de la bilirubine est extrêmement bas : la moindre rétention biliaire provoquée expérimentalement chez cet animal entraîne immédiatement l'apparition de bilirubine dans l'urine, tandis que, souvent, l'examen du sang ne décèle encore aucune cholémie anormale. Le chien est donc capable d'éliminer la bilirubine dès qu'elle est retenue en léger excès dans l'organisme. Il faut donc se garder de conclure du chien à l'homme.

D’autre part, Paipre, D. Mc MASTER et PEYTON Rous, lors de leurs recherches sur l'apparition de l’ictère dans l’obstruction des voies biliaires (Journal of Experimental Medecine, 1921, page 731), firent les constatations suivantes : Le plasma de chien en bonne santé est incolore et il en est pratiquement de même pour le plasma d'un singe normal, alors que, comme on le sait bien, celui de l’homme est coloré en jaune par la présence de la bilirubine. En outre, une augmentation considérable de ce pigment peut se produire sans qu'il en passe dans l'urine et sans qu'apparaisse la moindre trace d'ictère tissulaire.

Par ailleurs, ils observent que chez les chiens et les singes on n’observe jamais de bilirubinémie sans bilirubinurie et que, de plus, chez les chiens le pigment biliaire est souvent rencontré dans l’urine alors qu’on ne peut le mettre en évidence dans le sang même pour donner la réaction de VAN DEN BERG.

Par suite, chez le chien, l’état de l'urine fournit un critère de l’ictère beaucoup plus sensible que celui du sang. Chez l’homme il en est tout autrement. Chez lui, étant donné le seuil rénal élevé à l’élimination de la bilirubine, il se forme dans le sang une accumulation consi-

2 + RM

dérable de ce pigment avant que la moindre trace ne s’observe dans l’urine.

Un tel seuil rénal, s’il est présent chez le chien et chez le singe, est si bas qu’on ne peut trouver dans le sang aucune preuve de son existence.

Chez seize chiens l’obstruction totale était produite dans quelques-uns par ligature de l’hépatique commun, et plus souvent par section de ses afférents après ligature de chacun d’eux. L’ictère tissulaire qui suivait n’était Jamais aussi prononcé que chez l’homme dans de telles conditions (d’obstruction),-maïs était chaque fois aisément reconnu, tandis que chez tous, le pigment biliaire devenait abondant dans le sang et dans l’urine. L’ictère tissulaire était d’abord visible du cinquième au dixième jour par la coloration jaune des conjonctives.

Le premier signe de l’obstruction des voies biliaires était l’apprition, et ceci régulièrement, de pigment dans l'urine durant le deuxième ou le troisième jour qui suivait l'opération, mais parfois plus tôt. Ce délai était dû, comme AFFANASSIEW l’a montré, à l'accumulation de la bile dans la vésicule et les votes biliaires distendues : quand il remplissait ces réservoirs avec de. la cire au moment de l'opération, l’ictère devenait très net beaucoup plus rapidement. La bilirubinémie fut habituellement notée 24 heures après la bilirubinurte et les sels biliaires pouvaient être trouvés dans l’urine le troisième ou le quatrième jour. À l’autopsie des chiens, après 9 à 46 jours d’obstruction, un ictère tissulaire général fut régulièrement trouvé, atteignant avec une particulière intensité le foie.

Dans un travail sur la Bile Totale, Panrpp, D. Mc Mas- TER, G. O. BRowN et PEYToN Rous (publié dans le Journal of Experimental Medecine de 1923, Tome XXXVIIL, page 395) eurent à nouveau l’occasion d'étudier l'effet de l’obstruction du cholédoque.

Expérimentant sur des chiens, ils recueillaient la bile

Page 1