AUS
; ETIOLOGIE
Fréquence.
L’occlusion intestinale au cours de la puerpéralité est donc extrêmement rare : se
La première statistique importante, celle de LupwiG, publiée en 1914, ne relève que 89 cas dans la littérature mondiale.
De 1914 à 1925, LEITNER en rassemble 81 nouvelles observations. |
En 1926, MiKüLiICZ-RADECKI, réunissant ces deux statistiques et ajoutant quelques observations personnelles, arrive à un total de 173 cas.
Depuis cette date, nous n’avons relevé dans la littérature française ou étrangère et dans les différents services de Maternité de Paris, qu’un nombre assez restreint d'observations; la
majeure partie émanant, notion classique d’ailleurs, d'auteurs
allemands ou autrichiens.
De 1926 à 1938, nous avons retrouvé une soixantaine d’observations publiées en France ou à l’étranger et seulement neuf observations inédites.
Le pourcentage est donc extrêmement minime. MEYER, dans une statistique faite à la Clinique de Copenhague, donnait le chiffre de deux occlusions intestinales pour 50.000 accouchements. Actuellement l’affection semble mieux connue et moins de cas passent inaperçus. RENAN, dans sa thèse de 1921, donnait ainsi un chiffre nettement supérieur. Il avait pu recueillir à la Clinique Baudelocque, 12 occlusions pour 39.638 accouchements, soit environ 0,3 pour mille.
L1EBMANN évalue sa fréquence à 0,12 pour mille. |
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Age et parité.
Dans la plupart des observations publiées et dans celles que nous avons pu recueillir l'affection apparaît le plus souvent
chez les femmes jeunes, dont l’âge ne dépasse pas 35 ans. Le
maximum de fréquence semble se trouver aux environs de 30 ans, c’est-à-dire en période de pleine activité génitale.
Si l’on compare ces faits avec les faits d’acclusion banale survenant chez la femme en dehors de la puerpéralité, il est impossible de ne pas voir là une discordance frappante. En dehors de la hernie étranglée qui, comme nous le verrons,
n'existe pratiquement pas pendant la grossesse, l’occlusion in-
testinale apparaît chez la femme jeune non enceinte comme une éventualité rarissime.
Cette discordance apparait encore plus nette en ce qui concerne une des formes les plus habituelles, sinon la plus habitueile de l’ocelusion de la gravidité; à savoir : le volvulus du côion pelvien. Toutes les statistiques sont d’accord pour affirmer en premier lieu que le volvulus est une affection de l’homme, qu’il est par contre exceptionnel chez la femme. LIÉBAUT, dans une étude portant sur 16 cas de volvulus, trouve 14 hommes pour 2 femmes. |
Il est donc impossible de ne pas voir déjà dans ce faït une influence certaine de l’état puerpéral, puisque cet état permet l'apparition chez la femme, aux environs de la trentaine, de syndromes que l’on n’est guère habitué à rencontrer que chez l’homme ou chez la femme ayant dépassé la quarantaine.
L'influence de la parité est encore plus manifeste. L'O.L. est l'apanage presque exclusif des multipares, et même des grandes multipares — sur 35 cas colligés par GAUCHERY, on relève 19 multipares, 7 secondipares et seulement 9 primipares. Des grossesses successives ont porté l’atonie intestinale à son plus haut degré; et chez ces multipares souvent constipées chroniques à ptose abdominale ancienne, une grossesse nouvelle peut être le prétexte à une crise d’occlusion confirmée.
Mais l’influence de ce facteur ne semble pas être d’égale
De
importance dans toutes les variétés d’occlusions. Moins marqué dans lileus par brides, ou dans l’iléus gravidique vrai, le rôle de la multiparité est par contre indiscutable dans l’appa-
rition du volvulus. (Une seule primipare pour les 23 cas cités . par MAROGER, où la parité est indiquée).
Il n’en est pas moins vrai que l’atonie intestinale, dont nous verrons ultérieurement l’importance dans l’apparition de ces syndromes, est d'autant plus manifeste que les grossesses ont été plus nombreuses et plus rapprochées et l’on peut conclure que l’occlusion intestinale, frappant surtout les femmes jeunes,
- s’observe avec prédilection chez les multipares.
Date d'apparition.
LupwiG a montré dans sa statistique que l’iléus apparaissait au cours de la puerpéralilé à trois périodes « critiques » bien distinctes :
— en premier lieu au début du quatrième mois de la grossesse, lorsque l’utérus en se développant sort du bassin;
— en second lieu dans le dernier mois de la grossesse, quand la tête fœtale s’engage et fait descendre le fond utérin;
— enfin au début de la période des suites de couches, immé-
diatement après l’accouchement, lorsque. l’utérus diminue
brusquement! de volume.
En reprenant les 81 observations de sa statistique, nous trouvons, en effet, que six cas seulement d’iléus se sont produits pendant les trois premiers mois. Nous trouvons ensuite une augmentation nette à partir du quatrième mois, puis la courbe reste stationnaire jusqu’à la fin de la grossesse :.
9 cas au quatrième mois.
cas au cinquième mois.
cas au sixième mois. cas au septième mois.
cas au huitième mois.
— Il existe alors une recrudescence manifeste pendant les
derniers jours de la grossesse et lors de l'accouchement : puis-
que nous trouvons pour cette période 13 cas.