LAURE
organes abdominaux et du péritoine. Cette hypervascularisation favorise l’accroissement du pouvoir de résorption péritonéale et expliquerait ainsi l’intoxication plus rapide de l’organisme.
Il n’est pas rare de rencontrer les éléments du syndrome péritonéal : facies terreux, traits tirés, yeux excavés, sueurs froides, langue sèche, cyanose des extrémités.
La température reste normale ou même devient subnormale, mais cette hypothermie n’est pas constante et MorrouD insiste sur la fréquence d’un syndrome abdominal avec hyperthermie qui serait assez particulier à la gestation.,Cette forme hyperthermique s’accompagnerait quelquefois d’une zone de défense et d’hyperesthésie localisée qui témoignerait probablement d’une réaction péritonéale atténuée.
Le pouls s’accélère considérablement, devient hypotendu, irrégulier.
La tension artérielle s’effondre.
La dyspnée s’installe, elle est particulièrement marquée chez la femme près du terme ; la voix s'éteint.
L’imprécision, quelquefois la pauvreté du syndrome fonctionnel rendent particulièrement important l'examen de l’abdomen : mais là encore il s’en faut de beaucoup que celui-ci soit concluant.
L’abdomen apparaît ballonné, parfois extrêmement, plus volumineux que ne le comporte l’âge de la grossesse. D’ailleurs la présence de l’utérus gravide gêne considérablement l’examen : elle dissimule un météorisme peu accentué et fausse aussi bien l’observation du péristaltisme que les données plus accessoires de la palpation et de la percussion.
On s’attachera toutefois à trouver une zone plus particulièrement douloureuse au niveau d’une fosse iliaque. On tentera d'apprécier une région plus particulièrement distendue :
— saillie médiane au-dessus de lutérus, en rapport avec une occlusion siégeant sur l’intestin grêle,
— saillie du cadre colique, ou seulement d’une anse iliaque
SAR TE Sn
gauche remontant vers le diaphragme ou vers l’hypochondre ‘droit.
Il s’en faut de beaucoup que ces renseignements fournis par l’inspection soient toujours présents et toujours exacts, car pour peu que l’utérus soit un peu volumineux il vient brouiller la morphologie de l'intestin distendu.
Il en est de même de la perception de ce signe de grande valeur qu'est la constatation d’ondes péristaltiques visibles sous: la paroi : les anses intestinales refoulées échappent à l'examen et d'autre part, plus encore qu’en dehors de la grossesse ces contractions violentes et intermittentes de l'intestin luttant contre l’obstacle disparaissent rapidement, si tant est qu’elles ont pu exister à un moment quelconque au niveau de cet intestin déjà profondément troublé dans sa motricité.
Nous trouvons cependant signalée leur existence dans plusieurs observations de volvulus du côlon pelvien (MATRY, BAN- ZET) : il s’agit alors de volvulus vrais survenant sur un intestin prédisposé à la torsion (anse longue, méso long et rétracté).
La percussion tentera de préciser l’existence d’une dilatation cæcale qui affirmerait l’occlusion du gros intestin. La stase iléo-cæcale si fréquente pendant la puerpéralité risque ici encore de fausser la symptomatologie et le plus souvent on ne trouve rien d’autre qu’un météorisme généralisé à toute la zone abdominale que n’emplit pas l’utérus gravide.
Il arrive même parfois que ce météorisme soit entièrement généralisé, au point que dans quelques observations l’utérus lui-même n’était plus perçu et que les auteurs se sont demandés s’ils avaient vraiment à fañïïe à une gestation.
Au niveau donc de ce très gros abdomen souple, douloureux, sonore quels renseignements plus précis peut donner la palpation ?
« Parfois, dit LARDENNOIS, vous pourrez reconnaître dans l'abdomen la présence d’une anse distendue, clapotante, inerte, mate. C’est l’anse sus-jacente à l’obstacle qui se manifeste à vous. Si déjà elle ne se contracte plus aux mouvements péristaltiques, c’est l'indication d’un péril imminent. Cette anse inerte s’est épuisée et commence à se paralyser ».