‹ Les occlusions intestinales aiguës au cours de la puerperalitéChapitre 29 sur 55 · LES, TE · texte numérisé non relu

LES, TE

En somme : abdomen météorisé, considérablement distendu, sonore, douloureux et relativement souple, influencé uniformément par les mouvements respiratoires au niveau duquel on note l’absence complète de péristaltisme, Aucune anse ne se dessine sous la paroi, aucun mouvement de reptation ne s’ébauche, aucun bruit musical n’est perçu.

L'état général est peu touché, au début on ne note habituel-

. lement qu’un léger mouvement fébrile à 38°, 38°5, Le pouls - accéléré reste bien frappé et régulier.

Mais rapidement, si l’évacuation intestinale ne se produit pas, sous l’influence soit d’un simple traitement médical, soit du traitement chirurgical on assiste à une altération grave de

létat général avec des signes d'intoxication profonde. Le pronostic devient alors particulièrement sévère. == Dn-élat péritonéal toxi-infectieux va s'installer, dont l’évolution sera rapide. La température sélève, le pouls devient irrégulier, hypotendu. La tension artérielle s’effondre, le météorisme prend des proportions considérables et la mort survient, souvent malgré l'intervention, toujours si l’on n’intervient pas, dans un état de collapsus progressif,

ETUDE RADIOLOGIQUE

L'examen radiologique extemporané et sans préparation est susceptible de donner quelques renseignements parfois importants, pour le diagnostic de l’occlusion intestinale aiguë, même pendant la grossesse. Mais ces résultats doivent être le fait d'examens inoffensifs, exécutés sans retard, dans de bonnes conditions techniques.

L'étude radiologique des occlusions intestinales en dehors de la grossesse a fait l’objet au début de 1935 d’une importante discussion à la Société Nationale de Chirurgie, discussion à laquelle prirent part : MM. MOULONGUET, LARDENNOIS, MoN- DOR, PORCHER et GOSSsET. C’est des communications de ces différents auteurs que nous nous sommes inspirés pour une large part.

— Premier point : La méthode doit être inoffensive, et c’est ce souci légitime, qui a fait prôner d’une manière exclusive par certains auteurs, la pratique de la radiographie simple sans préparation. Il est logique en effet de penser, que cet examen est de tous, le moins offensant pour un intestin qui, nous l’avons vu, peut être déjà, du fait de la gravidité fortement modifié et dans sa position et dans son fonctionnement.

Disons d'emblée que cette méthode simple peut donner dans quelques cas heureux des renseignements suffisants.

Mais cette crainte &’altération nouvelle de l'intestin par l’utilisation de solutions de contraste pour respectable qu’elle soit ne doit pas cependant faire priver la femme du bénéfice incontestable qu’apporte souvent le lavement opaque.

L’objection la plus pertinente que soulève cette manière de faire est, qu’il est probable, que le cheminement de ces index opaques jusqu’à l’obstacle, demande parfois plusieurs heures

LL rase

€ à moins qu’un antipéristaltisme malveillant ne les transforme en ludions » (MONDOR).

Le lavement baryté, s’il est administré, n’en sera pas moins donné avec de grandes précautions : pression faible, emploi d’une canule non obturante,

Quant à l’existence de la grossesse, réalise-t-elle vraiment une contre-indication à cet examen ? Il ne semble pas, et la grossesse constitue tout au plus une gêne à l’interprétation des images et des clichés, cette gêne n’existant pratiquemment d’ailleurs qu'après le 5° mois. C’est malheureusement à partir de cette date que l’examen radiologique serait susceptible de fournir les renseignements les plus précieux.

— Ces conditions techniques. étant réalisées est-on en mesure d'affirmer l’existence de l’occlusion, son siège et sa nature sur la simple constatation des clichés.

En dehors de la grossesse, sans préparation, la malade étant mise en position verticale, on voit plusieurs niveaux horizontaux sensibles à la pesanteur, donc au déplacement de la femme, surmontés d’une poche d’air qui représente le plus souvent le sommet d’une anse à boucle supérieure et dont on perçoit les deux niveaux généralement décalés.

L’obstacle provoque habituellement un renforcement du péristaltisme aussi la topographie radiologique de ces images varie-t-elle d’une minute à l’autre sans perdre toutefois son caractère essentiel : les niveaux horizontaux surmontés de plages aériques (P. DUVAL, GATELLIER, MOUTIER, PORCHER).

Ces signes sont-ils pendant la grossesse suffisants pour affirmer l’iléus ?

Il ne semble pas que la valeur de ces constatations soit absolue. De telles images hydro-aériques peuvent se rencontrer au niveau du grêle ou du côlon sans qu’il y ait obstacle complet. Une stase intestinale marquée, une distension permanente de l'intestin, la simple réplétion de cet intestin distendu

Or, ce sont là justement des modifications intestinales particulièrement fréquentes au cours de la grossesse. Ces images ne peuvent donc à elles seules imposer un diagnostic et cela

d’autant plus que l’ombre de l'utérus gravide et de son contenu rendent encore plus difficiles leur constatation et leur interprétation.

— Les renseignements fournis par l’examen après lavement baryté sont, par contre, beaucoup plus intéressants. Outre l’existence de l’occlusion, ils peuvent en préciser le siège et parfois même la nature.

Et nous conseillerons d’autant plus de recourir à cette investigation que le plus souvent ces occlusions puerpérales sont des occlusions basses du sigmoïde vis-à-vis desquelles le lavement de bouillie opaque n’entraînera pas de conséquences graves, s’il est administré sans pression exagérée et avec les précautions que nous avons vues.

En cas d’obstacle sur le sigmoïde ou sur le côlon, la progression de la bouillie barytée se trouvera rapidement entravée et le siège de l’obstacle ainsi précisé.

Si par contre la bouillie emplit aisément toc le côlon, son -opacité entourant en cadre l’ombre de l’utérus gravide, cette simple constatation permettra d’affirmer que l’obstacle siège sur l’intestin grêle. 4

— Quant à aller plus avant dans cette enquête radiologique, il ne semble pas qu’actuellement cela soit possible et comme l’écrivait P. Duvaz : « Il est vain et illusoire de compter sur la radio pour préciser ou aider à préciser la nature de l’occlusion ». Bien des inconnues subsistent encore dans ce diagnostic radiologique de l’iléus, surtout pendant la gestation.

Au reste, ce qui importe ce n’est pas tellement d’intervenir avec des données précises mais d'intervenir à temps. La laparotomie lèvera toutes les hésitations, puisqu’aussi bien, comme nous le verrons, c’est à elle qu’on aura recours dans l’immense majorité des cas.

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