DIAGNOSTIC
« Le diagnostic de l’occlusion intestinale est encore plus difficile pour l’accoucheur que pour le chirurgien » disait LEPAGE et nous avons vu au cours de cette étude les principales raisons de cette difficulté.
Et pourtant lorsqu'on constate l’effroyable gravité de ces occlusions, gravité due pour une bonne part au caractère trop tardif de l’intervention, on se rend compte de l’importance qu’il y a à poser ce diagnostic et à le poser précocement.
Quels sont les éléments de ce diagnostic ? Il importe d’autant plus de les analyser pour retenir ceux dont la signification est formelle, que parmi tous les syndromes abdominaux de la grossesse, l’occlusion intestinale est parmi les plus rares. Cest dire que bien souvent, devant la pénurie des symptômes ce diagnostic sera nécessairement un diagnostic d'élimination auquel on ne saurait s’arrêter qu'avec prudence.
Certains antécédents ont une importance indéniable : intervention chirurgicale ou obstétricale ancienne ou récente, péritonite, processus annexiel antérieur susceptible d’avoir laissé des adhérences péritonéales ou épiploïques.
Par contre nous avons vu le peu de valeur de la constipation ; la notion d’occlusion ou simplement de subocclusion survenue pendant une grossesse antérieure est plus significative, bien que la récidive de ces accidents ne soit pas toujours la règle. Mais souvent il n’y a pas d’antécédent et force nous est de nous appuyer sur les symptômes subjectifs et objectifs dont nous avons vu la valeur très relative.
Les plus importants de ces symptômes constituent la triade classique :
douleurs,
péristaltisme,
surtout arrêt absolu des matières et des gaz.
C’est avec le plus grand soin qu’on s’attachera donc à mettre en évidence cet ensemble clinique.
Quant aux signes radiologiques nous avons vu également quelles en étaient la valeur et l’inconstance. La constatation pourtant en position verticale d’images hydro-aériques, isolées ou associées en « tuyaux d’orgue » prend une certaine importance lorsqu'elle coexiste avec un syndrome occlusif même fruste. Un lavement baryté administré avec prudence et sous faible pression pourra parfois faire reconnaître l’occlusion, son siège, voire même dans quelques cas heureux sa nature. Il ne faut cependant pas trop y compter.