‹ Les occlusions intestinales aiguës au cours de la puerperalitéChapitre 31 sur 55 · I. — Diagnostic pendant la grossesse · texte numérisé non relu

I. — Diagnostic pendant la grossesse

Quant au diagnostic différentiel, les mêmes problèmes se posent qu’en dehors de la grossesse, mais avec des difficultés d'autant plus grandes que cette grossesse est plus avancée.

Dans les premiers mois cependant, la notion de gravidité étant acquise, il convient d’envisager un problème un peu spécial et de discerner : s’il s’agit d’une occlusion intestinale vraie au cours d’une grossesse normale ou d’une grossesse extra-utérine compliquée d’occlusion.

« Chaque fois qu’on se trouve en présence d’une occlusion intestinale chez une femme enceinte, disait PINARD, il faut penser à autre chose et notamment à la grossesse extra-utérine ».

En cas de grossesse extra-utérine il existe des douleurs, des vomissements, un ballonnement important de l’abdomen, du tympanisme péri-ombilical, des anses distendues et presque dessinées sous la paroi, il n’y a pas de gaz ; bref, rien de particulier, c’est pourquoi, ajoute MonpoR, « il faut s’assurer

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qu’il n’y a aucun péristaltisme, que les douleurs ne sont pas des crises de coliques intestinales, que les vomissements ne sont jamais fécaloïdes, surtout que le Douglas est distendu et douloureux ».

C’est donc avant tout sur la constatation des signes propres à la grossesse ectopique, que se base ce diagnostic : c’est assez dire qu’il sera bien souvent difficile, sinon impossible. Heureusement l’erreur est ici sans conséquence grave, les deux affections comportant une décision opératoire urgente.

La grossesse est donc normale. Les douleurs abdominales, des vomissements, un arrêt absolu du transit intestinal surviennent. S'agit-il d’une occlusion véritable, c’est-à-dire nécessitant un traitement chirurgical ?

Nous envisagerons deux éventualités bien différentes

1° Dans un premier ordre de faits, il existe un syndrome occlusif aigu, manifeste, survenant au cours d’une gestation jusqu'alors absolument normale. Le diagnostic paraît s’imposer, encore pourtant, faut-il discuter l'éventualité d’autres syndromes abdominaux aigus.

Le diagnostic essentiel se pose en réalité et se résume däns la distinction de l’occlusion intestinale et de la péritonite aigué généralisée. Certes, la péritonite peut s'accompagner d’iléus paralytique, l’occlusion mécanique peut se compliquer rapidement de péritonite, mais dans les deux cas la complication est au second plan. Dans l’iléus paralytique de la péritonite, l’arrêt des matières et des gaz est moins absolu, la douleur est plus rapidement généralisée et surtout le ventre est dur, ne respire pas ; contracture pariétale très prononcée et qui constitue le véritable signe distinctif. La température peut être élevée dans les deux cas, quant au pouls il n'offre généralement aucun caractère différentiel.

En résumé, au début tout au moins de sa production, l’occlusion intestinale est facile à distinguer de la péritonite. Ce n’est qu’à la période terminale que le diagnostic est le plus souvent impossible.

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