PRONOSTIC
Le pronostic de l’occlusion intestinale au cours de la puerpéralité apparaît comme particulièrement grave pour la mère comme pour l’enfant.
Pronostic maternel
— La première statistique publiée en 1902 par GAUCHERY, donne les chiffres suivants Mortalité maternelle : 76 % dans les cas non cpérés,
53 % dans les cas opérés.
— En 1914, LupwiG signale un pourcentage à peu près analogue.
— Sur une étude de 81 cas opérés, la mortalité fut de 55 %, mais bien souvent le traitement entrepris se bornaïit à la simple évacuation de l’utérus et nous verrons ce qu’il faut penser de cette façon de faire qui ne réalise qu’exceptionnellement la cessation des accidents.
— Depuis cette date il est indiscutable qu’avec la généralisation de l'intervention chirurgicale systématique, appliquée à toute occlusion intestinale reconnue aussi bien pendant la grossesse qu’en dehors d’elle, le pronostic s’est sensiblement amélioré.
Pourtant en 1926, LErTNER et MiKuLICZ, donnent encore des chiffres de mortalité de près de 40 %, c’est-à-dire nettement supérieurs au chiffre de 35 % que l’on observe au cours de l’occlusion intestinale en dehors de la grossesse.
Facteurs de gravité.
Il faut citer comme éléments défavorables au cours de ces iléus : F
— 1° En premier lieu le retard apporté à l’établissement du diagnostic et par suite à la thérapeutique active, du fait de l’allure souvent imprécise des accidents, du caractère fruste des symptômes, sur lequel nous avons longuement insisté;
—- 2° Le fail ensuite que ces occlusions surviennent sur un intestin déjà bien amoindri dans sa motricité et parfois dans sa vitalité.
— 3° La vascularisation extrême qui accompagne l’état puerpéral et accroit considérablement le pouvoir de résorption du péritoine, la colibacillose entretenue par la constipation, rendent l’apparition de la péritonite plus rapide et celle-ci plus rapidement mortelle.
— 4° Enfin la particulière rapidité avec laquelle apparaît et évolue pendant la grossesse l’intoxication stercorémique, d’autant plus que cette intoxication se surajoute souvent à celle préexistante créée par la colibacillose et à l’auto-intoxication gravidique.
Et de fait la mort survient le plus souvent au milieu d’un syndrome péritonéal toxi-infectieux, d’apparition précoce, si l’intervention a été lrop tardive et d'évolution rapide.
Il nous a semblé pourtant à la lecture des observations que nous avons retrouvées, que les chiffres de mortalité marquaient depuis 1926 une régression assez sensible. Certes, il est difficile de conclure sur 60 observations et il nous paraît plus vraisemblable d’attribuer cette amélioration pronostique à la bénignité relative de certaines formes : des ïiléus gravidiques vrais en particulier. Ceux-ci apparaissent en effet grevés d’une mortalité beaucoup moins importante que celle qui accompagne les volvulus du côlon pelvien et surtout les occlusions du post-partum.
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Pronostic fœtal
Il est extrêmement mauvais, et bien que le sort de la grossesse et du fœtus soit, dans le plus grand nombre d’observations, insuffisamment indiqué, on peut dire, qu’à peu près une fois sur deux, l’occlusion entraîne la mort du produit de conception.
MikuLicz, sur 49 cas note 27 fois la mort de l’enfant. Certes, dans la moitié des cas l’enfant fut sacrifié par une interruption prématurée de la grossesse, dans l'intérêt de la mère. Mais dans l’autre moitié (14 fois exactement), il y eut:
— avortement ou accouchement prématuré, — ou mort de l’enfant in utero.
D'autre part, parmi les 22 enfants vivants de cette statistique, 7 appartenaient à des femmes ayant fait une occlusion du post-partum; ils sont donc à exclure dans l'établissement du pourcentage de la mortalité infantile.
On arrive ainsi à un chiffre de mortalité de 64,3 %, qui semble pourtant un peu élevé. VERGEZ et d’autres auteurs arrivent à un pourcentage d'environ 50 %. C’est également à ce chiffre que nous arr:vons après étude des diverses observations que nous avons recueillies.
Quoi qu’il en soit, l’occlusion a manifestement une influence extrêmement néfaste sur la grossesse, laquelle continue rarement à évoluer.
— Dans les premiers mois de la grossesse, l’avortement est moins à craindre, sauf en cas de rétroflexion incarcérée de l’utérus gravide, mais c’est là une éventualité exceptionnelle.
— Dans la seconde moitié de la grossesse, au contraire, l’interruplion apparaît comme extrêmement fréquente. Le fœtus est expulsé : soit vivant, mais prématuré, soit mort et la mort semble due dans ces cas à l’intoxication maternelle consécutive aux accidents d’occlusion. |
Cette mortalité fœtale importante relève donc :
Op =
— lantôt de la prématurité, — tantôt de la mort du fœtus in utero par intoxication maternelle,
— tantôt enfin, la mort du fœtus est secondaire à la mort de la mère elle-même.