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III. — Occlusions gravidiques vraies

OBSERVATION N° XV (rapportée par LAFFONT et CALLEJA). — Iléus gravidique vrai.

Femme de 35 ans. .4° pare, dixième geste : un enfant mort, deux enfants vivants, six fausses-couches, spontanées, de 2 à 3 mois environ.

La dernière grossesse <cmelenen en cours en est au quatrième mois environ.

La femme vient consulter à la Maternité d’Alger pour « grippe avec complications pulmonaires ». Elle a d’ailleurs déjà été hospitalisée à l'isolement pour douleurs salpingiennes avec température, et elle a également subi un traitement anti-syphilitique à la consultation des femmes enceintes.

Au cinquième jour de son hospitalisation, après le traitement habituel de sa grippe, qui d’ailleurs paraît bénigne, on note l’apparition brutale d’un syndrome douloureux abdominal localisé au début dans la fosse iliaque droite, puis A généralisé à l'abdomen. La température est de 38°5.

Le ventre météorisé est très douloureux. La fosse iliaque droite est un peu empâtée, le cul-de-sac droit est douloureux. On ne note rien de spécial dans la sphère utérine. Les urines sont claires: on y trouve des colibacilles, mais peu abondants: Le tableau d’occlusion ne tarde pas à se préciser : apparition de vomissements verdâtres, arrêt complet des matières et des gaz. La température s'élève à 40°. Le ventre reste toujours très douloureux, les vomissements deviennent légèrement noirâtres. Cet ensemble symptô-

matique fait porter le diagnostic de péritonite probable d’origine

appendiculaire, compliquée d’occlusion.

L'intervention est décidée. \

Anesthésie générale au balsoforme ; incision latérale droite. A l’ouverture du ventre, un peu de sérosité sourd de la plaie. Le cæcum est normal, l’appendice sain, les trompes également.

On dévide les anses grêles, pensant trouver l’obstacle expliquant l’occlusion, en remontant vers l’angle duodéno-jéjunal. On note sur une longueur de 40 cms environ des anses intestinales dilatées, violacées, de coloration brunâtre. A cette dilatation de lPintestin fait suite un aplatissement sans qu’il soit possible de mettre en évidence un obstacle quelconque.

Date

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Au cours ñé. ces manipulations les anses dilatées et brunâires redeviennent roses et turgides et la circulation intestinale paraît se rétablir sous les yeux. Devant l’évidence de la continuité irtestinale on referme la paroi en trois plans sans drainage. Dans la nuit l’opérée a rendu quelques gaz, mais pas de selles, la température se maintient à 38°5. Toutes les 4 heures, injection . intraveineuse de 10 cc. de sérum salé hyper‘onique.

É Le lendemain le météorisme abdominal est plus marqué qu'avant Ê ; l'intervention ; l’arrêt des matières et des gaz est toujours absolu. — Les vomissements reprennent. « £ On décide alors d’évacuer l'utérus. |

Anesthésie rachidienne; évacuation utérine par césarienne vaginale; extraction d'un fœtus qui meurt peu après. La délivrance suit. On pratique alors des injections de sérum hypertonique toutes les 6 heures.

de L'état général est rapidement meilleur, la femme rend des gaz, e le ballonnement diminue, Quarante-huit heures après l’opération un lavement ramène une selle abondante. L'état d'occlusion Le complètement et la malade sort guérie. ce

OBSERVATION N° XVI. (Rapportée par PERALTA, RAMos et ROTH. — Occlusion gravidique vraie. Guérison par évacuation de l'utérus).

Il s’agit d’une femme enceinte de 8 mois.

Apparition d’un syndrome occlusif qui se complète rapidement avec arrêt des matières et des gaz.

Un traitement médical énergique est mis en œuvre, mais sans

Succès >: “ L Devant cet échec, mais surtout devant l’aggravation manifeste € de l’état général, l’apparition de hoquets, de vomissements abondants avec azotémie, diminution de la réserve alcaline, les auteurs portent le diagnostic d’iléus gravidique paralytique et décident l’interruption de la grossesse.

Après échec de la méthode de Delmas qui ne donne pas plus de cinq centimètres de dila‘ation, on fait des incisions du col et on pratique une version podalique qui se termine par extraction d’un. enfant vivant.

Six heures après l’accouchement, amélioration notable, la guérison survient en 8 jours. La femme et l’enfant sortent en excellente santé.

OBsERVATION N° XVII (rapportée par Rupp). — Première occlusion par rétroflexion d’ulérus gravide. Deuxième oûclusion gravidique vraie.

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Femme de 35 ans. Primipare, toujours bien portante.

On ne note rien d’anormal dans ses fonctions intestinales.

Mais à la dixième semaine de sa grossesse apparaît une grande paresse intestinale: aucune selle, ni gaz pendant trois jours. Le quatrième jour surviennent de fortes douleurs abdominales suivies de vomissements. Les fonctions urinaires ne sont pas troublées.

Un médecin appelé fait le diagnostic .de rétroversion incarcérée d’un utérus gravide de deux mois et demi environ et réduit cette rétroversion sous anesthésie générale.

Les selles et les gaz réapparaissent, mais il persiste quelques douleurs abdominales et une constipation opiniâtre.

Au sixième mois les accidents d’occlusion réapparaissent. Le traitement médical mis en œuvre pendant trois jours échoue et la femme est envoyée à l’hôpital. .

A son entrée : abdomen très tendu, au niveau duquel on distin-

gue une anse intes‘inale, gonflée, passant en travers du ventre et faisant saillie devant l’utérus qui remonte au-dessus de l’ombilic. Cette anse se durcit par moments.

Les douleurs abdominales sont violentes.

Il existe des vomissements abondants. Le facies prend un aspect péritonéal. On décide d'intervenir :

Laparotomie sus et sous-ombilicale.

Le côlon très distendu, de la taille d’un bras, sort aussitôt de la cavité abdominale. Depuis l’angle iléo-cæcal jusqu'au sigmoïde l’intestin est rouge bleuâtre et sa paroi très amincie.

La partie inférieure de la cavité abdominale est remplie par l'utérus gravide que l’on soulève. Et l’on découvre alors : une bride péritonéale longue de 10 cms, large de 1 em., allant du tiers gauche du côlon transverse, près de l’angle splénique jusqu’au bord du petit bassin et déterminant par sa position une striction transversale du côlon.

Mais cette bride ne constituait certainement pas l’obstacle au passage des matières, puisqu’au-dessous d’elle l’intestin était également distendu.

Luxation maxima de l’utérus en avant et l'on réussit alors avec

‘peine à amener la partie saine du sigmoïde.

Le lieu de passage de l'intestin dilaté à l'intestin normal correspondait à la ligne innominée, à côté du promontoire. Il ne fait donc aucun doute qu’à ce niveau l'intestin a été serré, écrasé par la pression de l’utérus gravide. Même débarrassé de cette pression, son contenu ne s’évacuait pas de lui-même. Ce n’est qu'après introduction d’une sonde rectale qu’une grosse quantité de gaz et de matières fut évacuée.

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