TRAITEMENT
Qu'il s'agisse d’occlusion chronique ou d’occlu- Sion aigue, le seul traitement est chirurgical et doit viser à l’ablation du kyste.
Lorsqu'il s’agit d’occlusion chronique, on a intérêt à préparer la malade, à vider, autant que possible, ‘son tube digestif, À pratiquer des injections de sérum et d'huile camphrée pendant les trois jours qui précèdent l’intervéntion. L'intervention consistera en ablation unilatérale des annexes ou en hystérectomie, suivant les cas. Notons que l'existence d’adhérences, d’un certain degré de péritonite plastique peut rendre l'opération difficile et risque de dépéritoniser l’intestin. De toutes façons, il sera“de bonne règle de drainer. | -
Lorsqu'il s’agit d’occlusion aigue, quel qu’en soit son mécanisme, c’est encore à l’ablation unilatérale des annexes ou à l’hystérectomie qu’on s’adressera.
Mais ici, deux cas sont en présence :
1° On a reconnu le kyste facteur d’occlusion et le traitement ne se discute pas;
2° Le kyste, mal perçu à travers des anses météorisées et un abdomen très douloureux, n’a pas fait sa
— 24 — te RES
preuve. On peut hésiter à prendre la voie médiane ou à pratiquer l’anus cœcal temporaire, pour réintervenir plus tard dans de meilleures conditions. .
Nous pensons que jamais l’occlusion ne doit être ainsi traitée. Dans tous les cas où son origine reste. vague, il faut commencer par connaitre les lésions causales, avant de les combattre. Seule la laparotomie médiane le permet, qui donne un jour suffisant pour l’exploration abdominale. à
Qu'on n’objecte pas qu’il s set de malades en mauvais état général à qui on ne doit faire que le minimum. Le minimum est de lever l'obstacle au transit intestinal. L’anesthésie rachidienne ou même : locale permet de le faïre à tibiacites frais. C’est ainsi seulement qu’on pourra traiter avec succès les occlusions intestinales de diagnostic difficile, parmi lesquelles. entrent celles que nous avons étudiées. LE
OBSERVATION INÉDITE (Leveuf et Jacquemaire).
#10 OCCLUSIONS CHRONIQUES
‘ Occlusion chronique par Kyste de l'ovaire enclavé, x © compliqué. d'hémorragie intra-kystique.
Madame B., 44 ans, entrée le 14 octobre 1925 à la Maison Municipale de Santé pour occlusion intestinale chroni-
que, acompagnée de crises coliques. FA
Depuis un an et demi, la malade souffre d'une constipation opiniâtre. Après 2 à 3 jours sans selles, survenaient des douleurs abdominales, à type de coliques et à siège constant dans la fosse iliaque gauche. Au bout de quelques
: minutes, survenaient des bruits hydro-aériques, bientôt suivis de l'expulsion d’une selle diarrhéique.
Peu à peu, ces troubles s’accentuent tout en conservant leurs caractères et leur localisation dans la fosse iliaque gauche, et le 9 Se emtee 1925, survient une crise doulou-
- reuse si violente qu’un médecin est appelé. Il conclut à l’en- . téro-colite et prescrit un traitement qui reste sans résultat. À partir de ce moment les douleurs sont presque continues et toujours localisées à gauche. Elles affectent $oit le
type d’une simple pesanteur, soit éelui d’une douleur vraie
fe \
à type de colique. De plus elles s'accompagnent d’épreintes et de faux-besoins. Cependant la constipation est intense. Malgré purgatifs et lavements, la malade ne rend que quelques scyballes. Fait important, les matières sont ovoides et très dures, sans que la malade ait jamais remarqué ni sang, ni glaires, ni pus. ë
Les gaz eux-mêmes sortent très péniblement. Localement, le ventre’ est ballonné et douloureux, surtout au nide la fosse iliaque gauche. L'état général s’altère, l’appépétit est nul et la malade maigrit beaucoup.
On pratique un examen radioscopique, après lavement ‘opaque de 1500 grammes. d
L'ampoule rectale apparait normale. Maïs la partie du sigmoïde qui lui fait immédiatement suite est difficilement injectable. L’anse sigmoïde est allongée et n'est remplie que dans sa portion haute, la DOrtiDE juxta-rectale étant à peine imprégnée de bouillie.
Par suite de son allongement, une partie du sigmoïde est directement palpable. Elle est douloureuse et correspond à la masse sentie dans la fosse iliaque gauche. Sa mobilité
est nulle, alors que la partie qui lui fait suite est mobile. * | Le reste du colon est normal. | |
Un calque radioscopique montre clairement un ‘passage à peine injecté, à la fin du sigmoïde, entre deux segments
C4 normaux.
Le lavement bismuthé n’est rendu que à jours après, très difficilement ; et, comme les matières, sous la forme de scyballes dures et ovillées.
C’et alors qu’elle entre à l’hôpital, sur le conseil de son médecin qui pense à un Re sténosant du colon gauche.
peu douloureuse.
© Noûs trOüVONS | une malade amaigrie, aux traits un pet
tirés, à la peau sèche.
1°) L’abdomen est météorisé, surtout augmenté au ni-
veau de la fosse iliaque gauche. Là, la palpation-est un
2°) Le Toucher sell montre une ampoule très dilatée et vide.
Au-dessous de la tumeur, perçue à travers la paroi rec-
tale antérieure, la queuse est intacte et le Aus revient propre. -3°) Le Toucher vaginal montre une masse dans le. cul de sac gauche, indépendante de l'utérus, et un peu douloureuse. Il est difficile de l'apprécier en raison du ballonnement abdominal. Notons pour terminer que la. malade est subfébrile, atteignant 38° chaque soir..
On pratique une rectoscopie. Le tube est arrêté à 20 centimètres de l’anus environ. À ce niveau la muqueuse apparait très œdématiée, sans autre lésion. j
L'étude des antécédents n’apprend rien d’intéressant : aucune maladie, règles normales, abondantes, durant 8 jours ; 3 enfants bien portants.
Les réactions de Wassermann et de Hecht sont négatives, l’urée sanguine normale.
Une recherche chimique du sang dans les selles, par la
méthode de\Meyer, donne un résultat négatif, puis deux
résultats positifs malgré un régime lacté strict. :
On pose le diagnostic de Sténose du colon pelvien. Mais
en éliminant le cancer sigmoïdien : 1°) en raison de l’ab-
sence de sang macroscopique dans les selles.
2%) Parce dée la recherche histologique du sang n'a pas
constamment été positive.
3°) Parce que la rectoscopie n'a pas montré d’ autres lé- \sions que de l’æœdème. \ 4
Dé plus existe une tumeur pelvienne gauche, indépendante de l'utérus et un peu douloureuse. \
Où s'arrête donc au diagnostic de compression péri-colique par tumeur. Mais laquelle ? Pour les raisons invoquées plus haut, on élimine ta Suppuration péri- OPAIe d’un cancer sigmoiïdien. ï .
La tumeur para-utérine nous fait penser à une affection génitale. Mais s'agit-il d’une salpingite, d'un kyste ‘OVa- Héhte Paree que la malade est subfébrile, on penche vers une affection suppurée et parce que la masse est profondément retirée dans le petit bassin, parce qu’elle est immobile, et évolue vers l'intestin, on penche vers le ae de pelvi-péritonite.
On décide l'intervention. Pratiquée par le docteur Leveuf et nous, elle a lieu le 4 novembre 1925 sous anesthésie à l’éther. “ Se 1 |
Après laparotomie médiane ‘sous-ombilicale, on trouve entre l'utérus et le rectum une épaisse poche enkystée contenant un liquide brunâtre. La trompe apparait en avant, tenant à la tumeur : ils ‘agit donc d'un kyste de l’ovaire adhérent au ligament large, peut être inclus. ;
La tumeur comprime l’anse sigmoïde au point où elle se continue avec le rectum. Il n’éxiste pas d'adhérences à l'intestin. On pratique une hystérectomie totale. La. péri- HORS On est difficile à gauche où on solidarise le péri-
toine vésical aux franges sigmoïdiennes. On laisse un drain
vaginal et un drain dans le Douglas. La paroi est fermée en 3 plans.
Les suites opératoires sont très simples. On enlève le
drain le 2° jour.
Après la purgation post-opératoire, le 4" jour, les selles sont redevenues normales.
Rapidement 1 appétit est revenu et la malade engraisse. Elle garde cependant pendant trois semaines encore une légère température vespérale à 38°, sans qu'aucune cause locale ou générale-permette de l'expliquer.
Elle quitte l'hôpital le 12 décembre en parfait état. Re vue le 3 février 1926, la guérison se maintient parfaite. Tous les matins, spontanément, la malade a une selle normale. à
En résumé, K O adhérent au feuillet postérieur du ligament large, coincé dans le petit bassin entre utérus et partie suprieure du rectum, sans lui adhérer.
Par quel mécanisme l'occlusion chronique s’est elle constituée ? L
Nous avons dit que le liquide du kyste était chocolat et
que la malade était subfébrile.
Ï1 nous parait vraisemblable qu'une hémorragie produite
dans ce kyste enclavé est la cause de l’augmentation des
signes de compression. De plus la température traduisait
sans doute la suppuration à bas bruit. 2"° raison pour aug-
menter le volume du kyste, donc les troubles de compres- < #
sion, # 1X
sue
PNÈE ; OBSERVATION II
Occlusion par K.0. dégénéré
Savory ET NASH : British Médical Journal, mars 1901.
Une femme de 45 ans est prise brusquement en pleine santé de violentes douleurs abdominales et de vomissements. En. 24 heures le tableau d’ occlusion se complète.
On constae une tumeur provenant du bassin, atteignant l'ombilic, située principalement à gauche. Le toucher vaginal la montre indépendante de l'utérus. La tumeur est très sensible. Le diagnostic posé est occlusion par torsion d' un KO. |
L’ opération est refusée. Amélioration grâce à des lavements qui ramènent des matières. Cependant les douleurs persistent et le ventre augmente de volume.
12 Jon après le début, l'occlusion réapparait. On intervient. Il existe un kyste multi- loculaire papillomateux de Le ovaire droit, avec une masse solide du volume d’une tête du fœtus adhérente à l'intestin, qu’on enlève. L'intestin grêle, par ailleurs, présente un rétrécissement annulaire causé par la tumeur étranglant sa lumière. Ganglions mésentériques. On arrête l'opération (Collapsus).
Les suites sont bonnes, sauf «des douleurs causées par le passage des gaz au niveau de la sténose.
12 jours après l’ovariotomie, réintervention. On resèque
4 pouces d’intestin ét un 1 fragment de mésentère en V avec, les BEEN
Convalescence sans incidents. La malade est revue un an après sans récidive. ü
Histologiquement, ils ‘'agissait d'un cancer cylindrique.