INSCRIPTION
SEXTPOLLEI
SOLEM3IASLE
Celte inscription lions montre que le graveur est un fantaisiste, se souciant fort peu de l’orthographe du nom de l’oculiste et moins encore de la régularité de son travail. Sur les autres tranches du cachet il grave sur la première ligne deux fois douze lettres, une lois onze, sur celle que nous étudions il n’y en a que dix. Pour la première et seule fois nous trouvons la lettre T de Sextus ; pour la première et seule fois l’abréviation du cognomen Sollemnis est rejetée à la seconde ligne et il l’orthographie autrement qu’il ne l’a fait jusqu’à présent, il ne lui donne qu’un L. Pour la première et seule fois le nom de famille Polleius toujours gravé en abréviation POLLE, nous présente une lettre de plus, c’est II. Et bien que la place ne lui manque pas, il accole en monogramme la lettre D à la lettre M.
Nous lisons cette inscription à la gravure si capricieuse :
Sexti Pollei Solemnis diasmyrnes lene.
Dias le. Certains commentateurs ont interprété ce mot de cette manière : Dia préfixe, à, à base de et lepidos de \€7tlo-, médicament à base de squame de cuivre, oxyde de cuivre, æs ustum. On lirait donc Dia lepidos. Et l'S, qu’en faites-vous ?
On ne peut dans la lecture d’une inscription supprimer ni mot, ni lettre. Nous garderons l’S et nous lirons Diasmyrnes lene. Collyre doux à la myrrhe de Sextus Polleius
Sollemnis. C’est le seul cachet connu où le mot Diasmyrnes soit suivi de l’adjectif lene. Mais puisque Marcus Julius Sabinus avait un collyre Diasmyrnes acre, il n’est pas surprenant que Sollemnis en eut un lene. Le Diasmyrnes acre et le Diasmyrnes lene ne sont indiqués que sur les seuls cachets de Sollemnis et de Sabinus. Sur les quatre cachets de P. Flavius Martialis, de Félix, de G. Cispius Siacus et de Tiberius Claudius Themison le mot Diasmyrnes est écrit par abréviation DIASM, la lettre M fixe mieux le sens du mot, elle manque, il est vrai, sur le cachet de Sollemnis, mais je ne vois qu’une interprétation possible du mot Dias, c’est Diasmyrnes, Dia préfixe et S première lettre du médicament Smyrnes. Dans le recueil d’Espérandieu, sur 199 cachets qui y sont étudiés, j’ai trouvé cinquante-et-un mots dans les mêmes conditions, c’est-à-dire dont la première lettre seule est gravée. Ces mots sont des préfixes, des noms de maladies, ou des noms de remèdes.
Le cachet de Sollemnis n’est pas le seul où nous rencontrons le mot Dias, nous en connaissons un autre encore c’est celui de
Lucii Fanii Agathonis dias ad omnia vitia ex ovo.
(Stc Colombe).
dias pour diasmyrnes.
Ces abréviations sont laissées à la fantaisie du graveur. Si la longueur de la tranche du cachet est insuffisante à l’inscription du nom de l’oculiste, du remède ou de la maladie, l’artiste retranche une partie plus ou moins grande des mots, ou bien il réunit des lettres en monogramme, ou bien il intercale de plus petites lettres. Je prends au hasard trois mots que l’on trouve souvent sur des cachets, les abréviations qu’on leur fait subir montrent bien qu elles ne sont soumises à aucune règle :
Diasmyrnen
Aspritudinem
Cicatrices
Diasmyrnes
Aspritudines
Cicat
Diasmurnes
Aspritudin
Cica
asmyrnes
Aspritudi
Cik
myrnes
Aspritud
Dismyrnes
Aspritu
Diasmyrn
A s prit
Diasmyr
Aspri
Diasmy
Aspr
Diasm
Asp
Dias
Le nom du médicament Diasmyrnes n’est pas ici suivi du nom de la maladie contre laquelle on F employé. Cela n’offre rien d’extraordinaire, il y a des cachets tels que celui de Marcus Tarqninus Florentinus où les quatre tranches portent un nom de médicament qui n’est suivi d’aucun nom de maladie. Sur les 199 cachets étudiés par Espérandieu, onze d’entre eux portent le nom Diasmyrnes qui n’est suivi d’aucun nom de maladie et le cachet de Gains Firmius Severus, que nous avons étudié précédemment, est un exemple de plus à citer.
Lene. C’est le seul cachet où cet adjectif, qui signifie doux, adoucissant, suive le mot diasmyrnes. L’expression lene est très fréquente dans l’épigraphie sigillaire.