CACHETS D’OCULISTES INDIQUANT LE COLLYRE
DIASMYRNES
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis
Marcellinus
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis
Marcus Julius Satyrus . . . .
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis
Gaius Claudius Primus. . . .
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis
Lucius Sextus Marcianus. . .
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis
Titus Attius Divixtus . . . .
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis
Lucius P.... Villanus . . . .
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis
Junius Taurus
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis
Quintus Junius Taurus. . '. .
Diasmyrnes post impetum
Claudiorum Fidi & Isidori . .
Diasmyrnes post impetum
Gaius Ru ... Plolinus . . . .
Diasmyrnes post impetum
Proclianus
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis ex ovo
Phronimus
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis ex ovo
Gaius Claudius Immunis . . .
Lieu de provenance Amiens.
British Muséum.
Dijon.
Ingweiler.
Karlsburg.
Metz.
Naix.
Naix.
Bavai.
Reims.
Bouguenais.
Iena.
Mandcure.
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis ex ovo
Lucius Julius Proculus . .
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis ex ovo
Ianuarius
Diasmyrnes post impetum Lippitudinis ex ovo
Tiberus Claudius Thermison
Diasmyrnes post lippitudinis ex ovo primum
Reginus
Diasmyrnes bis post lippitudinis Impetum ex ovo
Lucius Julius Juvenis . . .
Diasmyrnes ad omnia vitia ex ovo
Lucius Fanius Agatho .
Diasmyrnes
Diasmyrnes
Marcus Tarquinius Florentinus
Diasmyrnes
Lucius Terentius Paternus .
Diasmyrnes
Lucius Julius Macrinus . .
Diasmyrnes
Caius Cintusminius Blandus.
Diasmyrnes
Quintus Pompeius Diodoti .
Diasmyrnes
Gaius Sentius
Diasmyrnes
Diasmyrnes
Gaius Firmius Severus. . . .
Diasmyrnes
Flavii Martialis
Diasmyrnes
Quintus Carminius Quintilianus Collyrium Diasmyrnes
Iuvenalis.
Collyrium Diasmyrnes
Felicis.
Ne ris.
Reims.
O-Srony(Hongrie)
Alleriot.
St-Albans.
Ste-Colombe.
Ixelles.
Cologne.
Entrains.
Heerlen.
Lyon.
Mayence.
Périgueux.
Poitiers.
Reims.
Savigny.
St-Marcoulf.
Orange.
Sens.
Diasmyrnes acre
Marcus Julius Sabinus. . . . Contines.
Diasmyrnes lene
Sextus Polleius Solemnis . . . St-Privat d’Allier.
Diasmyrnes ad aspritudinem
Caius Julius Lunaris .... Lyon.
Diasmyrnes ad aspritudinem
Ebri Facundi Rome.
Diasmyrnes ad veteres cicatricies
Sextus Flavius Basilius . .
Diasmyrnes contra cicatricies
Gaius Cispius Siacus . . .
Diasmyrnes ad ....
Sollius Aurelianus . . . .
Diasmyrnes delacrimatorium
Marcus Julius Charitonis . .
Diasmyrnes dicentetos post impetum
Lucius M.... Memorialis . .
Diasmyrnes ad impetus oculorum
Cassius Iucundus
Diasmyrnes ad sedatus Lippitudinis
Sextus Pollenius Calenus. .
Diasmyrnes mixtum
Gains Julius Atilianus . . .
Diasmyrnes post lippitudinem
Evelpiste
Diasmyrnes post impetum drom (pour ex ovo)
Publius Helius Facilis . . .
Merdrignac.
Vichy.
Reims.
Dijon.
Ra Lisbonne.
Reims.
Beauvais.
Perpezac le Noir.
Seppois le Haut.
Vienne Iser.
La Myrrhe provient du Balsamodendron Myrrha. L’arbre à Myrrhe s’incisait deux fois par an, mais avant cette opération il transsudait spontanément une myrrhe appelée slacté la plus eslimée de toutes. Originaire des côtes asia-
tiques et africaines, de l’Océan Indien et de la Mer rouge, la myrrhe se vendait au poids de l’or et était réservée d’abord au culte des Dieux. « Quand, dit la Bible, les Rois » Mages vinrent d’Orient à Bethléem, entrant dans la maison » ils trouvèrent l’enfant avec Marie, sa mère, et se proster- » nant en terre ils l’adorèrent, puis ouvrant leurs trésors, » ils lui offrirent pour présents de l’or, de l’encens et de la » myrrhe. »
La myrrhe est une matière gommo-résineuse découlant sous la forme d’un suc épais blanc jaunâtre et prenant par la dessication une couleur rouge brun plus ou moins foncée.
Elle était employée par les Egyptiens, plus tard par les Grecs, puis par les Romains ; elle entrait dans la composition de leurs parfums et de leurs baumes. Ses propriétés antiputrides la faisait employer dans les embaumements. C’était un antiseptique très apprécié, on le retrouve dans une foule de formules dont quelques unes sont encore employées de nos jours : Mithridea, Thériaque, Orviétan, confection d’Hyacinthe, Baume de Fioraventi, Baume du Commandeur, Elixir de Garus, emplâtre diabolanum
La Myrrhe est un balsamique stimulant utile surtout dans les inflammations chroniques des muqueuses. Sa composition moyenne peut se formuler ainsi : Huile essentielle 2,50 grammes, résine 27,80 gr., matière gommeuse 63,70 gr., impuretés et sels 5,90 gr. Elle contient donc 2/3 de matières inertes. Le mot Myrrhe vient de pLvpov, parfum par excellence (*), mais comme l’antique ville de Smyrne faisait
(h « Nous passons dans les parages de la « Montagne de la Myrrhe » » et maintenant tout le désert embaume, de maigres petites plantes •> clairsemées, qui de temps à autre s’écrasant sous les pieds de nos » dromadaires, répandent des arômes exquis et inconnus. » — Pieriie Loti, le Désert.
un grand commerce de cette substance, les grecs donnèrent à ce baume le nom de cette ville, Zfxvpvy.
La Myrrhe était souvent employée par les anciens, ils n’en bornaient pas l’usage, comme on l’a dit, à tort, au pansement des plaies et des ulcères, ils l’employaient dans les maladies internes chroniques qu’ils croyaient dues à des ulcères. Ils l’employaient souvent en fumigations dans l’aménorrhée, la leucorrhée, l’hystérie, contre tous les flux muqueux, les maladies chroniques des poumons, dans les maladies du larynx provoquant l’enrouement, l’extinction de la voix. Ces usages déjà bien connus des anciens, sont à peu près les mêmes aujourd’hui ; comme autrefois les balsamiques s’employent surtout quand les symptômes aigus de la maladie ont fait place aux symptômes de chronicité.
La Myrrhe est reprise maintenant dans le traitement des affections catharralcs simples des bronches, du larynx, de la vessie, sous le nom de Myrrholin.
Les anciens avaient donc reconnu l’action bienfaisante de la Myrrhe sur les muqueuses enflammées chroniquement, puisque sur la plupart des cachets, où son emploi est indiqué, nous voyons qu’on n’applique ce remède qu’au moment où la plus grande acuité de l’inflammation a disparu. C’est son action stimulante qu’ils recherchaient encore quand ils employaient la Myrrhe contre les cicatrices de la cornée et contre les granulations palpébrales.
Nous n’avons sans doute pas besoin de faire remarquer que l’arsenal thérapeutique de notre oculiste G. Firmius Severus ne se bornait pas au médicament diasmyrnes mentionné sur le cachet. Il ne s’appliquait guère qu’au traitement des maladies chroniques et l’oculistique était alors si riche en remèdes appropriés à la cure des maladies aiguës et chroniques que l’on ne peut supposer que le Diasmyrnes lut la seule ressource médicale d’un oculiste pratiquant
dans un centre important comme Reims l’était déjà à cette époque. C’était sans doute un remède de prédilection qui avait donné à G. Firmius de beaux et nombreux succès et celui-ci exploitait commercialement un moyen curatif dont il avait apprécié la valeur au point de vue de ses malades et
au sien.
Les instruments chirurgicaux qui constituent la trousse de G. Firmius Severus, une des plus importantes que nous possédions, ont été moulés avec le plus grand soin par M. Bernard, mouleur en chef du Musée de Si-Germain, et reproduits en bronze par M. Clasen, fabricant d’instruments de chirurgie à Bruxelles. Bien difficile est le moulage de ces objets antiques, dont seize siècles d’enfouissement dans le sol, ont profondément altéré la solidité. M. Bernard a fourni à M. Clasen des moulages réellement artistiques et l’habile fabricant Bruxellois, habitué depuis longtemps à ce travail, les a reproduits avec une exactitude qui m’a permis de les étudier aussi facilement, que si les originaux eussent été sous mes yeux. Je lui devais cette expression de reconnaissance pour la rare sagacité qu’il apporte dans la reproduction des instruments de la chirurgie antique et je suis heureux de trouver l’occasion de lui rendre ce témoignage bien mérité.