‹ Les odeurs de ParisChapitre 12 sur 71 · LES ANNONCES DE POLYDOBE. I · texte numérisé non relu

LES ANNONCES DE POLYDOBE. I

Le Médids des petites Lettres qui a créé plus de vingt journaux de toutes formes et que Ton pourrait appeler le Père des Ruisseaux, comme je ne sais quel mont fut appelé le Père des Fleuves, le propre inventeur de Timothée, ruiiiqne Polydore enfin, passe pour être grand rédacteur d'afQches; lui-même s'en vante, et il n'abandonne à aucun de ses gens de lettres ce soin important. 11 dit modestement : Cesi par là que je vaux, si fe vaux quelque chose.

Il applique à ses afliches tous les perfectionnements que rémulation la plus débordée qui fut jamais ne cesse d'apporter en cet art le plus cultivé qu'il y ait au monde. Il emprunte aux Anglais, aux Américains, aux entrepreneurs de théâtre, à tous les charlatans de

Paris et de la terre; mais il doit plus encore à soa génie.'

Il fait des affiches de toutçs dimensions et de toutes ccnleurs. Il les pose xen double, en triple, en biais, en travers, à l'envers. Il y parle, comme il s'y elrtend, des œuvres de ses gens de lettres et de ses gens de lettres eux-mêmes, ill les peint sous toutes les formes de la biographie, de la lithographie, de la photographie et de l'autographie, en figure naturelle; en charge, en allégorie; nul ne doute qu'il ne Vienne bientôt à les exhiber corporellement en cavalcade bistoriée sur le boulevard. Ils y consentiront par amour de la gloire. D'ailleurs Polydore est maître de sa troupe, elle n'a rien à lui refuser.

J'ai sous les yeux la dernière production le Polydore; une affichette de rien, qui n'a dû lui coûter aucune peine. Et pourtant quel art, et que cette babiole en dit long I

Le titre seul est d^à sublime : Crimes et Châtiment f en grosses lettres. Voilà déjà le lecteur a, empoigné. »>

Suit une nomenclature de quinze gravures, ce dessinées avec une efirayante vérité , d par im artiste nommé aussi en grosses lettres, afin de persuader qu'il est homme de grand mérite : le Guet-à-pens, l'Assassinat, le Fouille, le Forçat de retour, le Cachot, la Toilette, TÉchafaud, etc.

L'affiche termine par le cortège des gens de lettres attachés au journal qui publiera ces dessins alléchants. Ici les gens de lettres ne viennent qu'au second plan,

comme les clowns, sur l'affiche du Cirque, ne sont mentionnés qvL'k la suite des premiers sujets de la corde roide et du grand écart :

a On sait que le Nouvel illustré donne tous les jours une Chronique de cet esprit si fin et si ravissant qui signe Charles Monselet, des Nouvelles, des Faits, Hisriettes, etc.

a De plus, un roman des plus dramatiques de MM , dont les événements précipités, les péripéties émouvantes, sont tout ce qu'on peut imagmer de plus attachant, va y paraître en feuilleton.

« Le seul moyen d'être assuré d'avoir les 15 magnifiques planches de Crimes et Châtiments est de s'abonner tout de suite, car souvent les marchands pourront épuiser leurs provisions de vente au numéro. »

Voilà toute cette presse photographiée avec une ingénuité de Cafrerie. Qui plus qui moins, c'est toujours la même chose : la guillotine et des tartelettes, du sang et du coco.

Pour a cet esprit si fin et si ravissant qui signe Charles Monselet, » je suis fâché de la figure qu'il fait là. 11 est un des décorés de la dernière Assomption» côte-à-côte avec l'auteur de Madame Bovary et de Saiambô, Madame Bovary est ime histoire d« Cour d'assises, et dans Saiambô il y a non-seulement du sang, mais de la sanie. C'est plus que le Nouvel illustré ne donne encore , du moins plus qu'il n'annonce. Et voilà comment le régal de guillotine et de tartelettes est apprécié plus haut qu'on ne croirait.

A Rome, sous les arcades extérieures du Cirque, la

spéculation avait établi des tavernes et des lieux de débauche et le tout faisait une institution publique; mais je n'ai lu nulle part que Ton décernât la couronne murale aux gladiateurs et la couronne civique aux tavemiers.

Ge pauvre gros Monselet! un si joyeux compère, qui s'entend si bien en cuisine et même en littérature, et qui a si galamment torché le si Joli sonnet de l'asperge !

0 Polydore, génie sans scrupule et sans pitié I

Le même jour que je lis cette polydorée, je trouve V Événement en humeur de vertu, et il fait de bonnes réflexions, — bien qu'en termes parfois un peu gonflés, — sur les prospectus de restaurateurs d'esprit à un sou :

a La vénahté des productions de l'intelligence est déjà une nécessité bien assez fâcheuse par elle-même, sans qu'on emploie encore pour la traite de la pensée humaine les vulgaires moyens usités pour les plus vils trafics. Pourquoi initier le public à ces mystères d'officine ? En quelle estime tiendra-t-il un auteur dont la prose est vantée sur le même ton et dans la même forme que l'huile de marrons d'inde et la Revalescière Du Barry ? Et partant de là, ne sera-t-il pas autorisé à croire que tous les Uttérateurs ne sont que des charlatans, des débitants de sornettes au rabais, auxquels on fait encore trop d'honneur en payant un sou leurs fadaises?

a II est toute une classe de lecteurs qui sont tout

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prêts à considéreir comme un grand homme le dernier grimaud, si ce grimaud étale son nom sur beaucoup d'affiches et passe ponr gagner beaucoup d'argent. Et n'est-ce pas tout simple? Pïiîsqae Vûxl aTapetissé l'art d'éorire aux proportions d'une industrie, les plus prisés parmi ceux qui s'y adonnent seront nécessairement les plus riches.

a Naguère encore l'imagination populaire entourait d'un nimbe lumineux le iront des poètes, des romanciers, des historiens ; cette auréole est bien efTacéc aujourd'hui, et, bientôt, qu'on y prenne garde, il n'en restera nul vestige, si Von s'habitue à ne voir dans l'écrivain que le vendenr, à prix débattu, d'un prodnit analogue à tout autre.

a II arrivera, grâce aux progrès d'une égalité aussi odieuse qu'absurde, que les passants coudoieront avec plus de aédain que de curiosité un homme de génie qui aura doté son pays de plusieurs chefs-d'œuvre.

« Triste temps que celui où les rois de l'esprit sont dépossédés de leur légitime autorité parce que euxmêmes n'ont pas su forcer l'estime d'une population dont ils étaient chargés d'élever les instincts.

« Il ne s'agit point ici de chose légère et de peu de portée; une nation où serait absolument obUtéré le sentiment de la dignité des lettres serait une nation corrompue et abêtie.

a Nous n'en sommes pas encore là, je le sais bien; mais il est urgent d'aviser. »

Je veux bien qu'on avise ; je ne demande pas mieux. Mais je crois qu'il est un peu tard.

Et que l'honnête esprit lui-même que Ton vient d'entendre, — oui, lui-même, — qu'il se tieime bien!

LES ROMAnfS DE COUTUBE.

J'ignore quel peintre est M. Couture. Je crois qu'un grand succès l'a mis au rang des contestés. Pour moi, je le compte du petit nombre de ceux qui ont eu ou qui ont rencontré une pensée. Des artistes qui r^contrent la pensée, nous n'en rencontrons pas à toutes les expositions! La pensée dont je loue M. Couture est exprimée par le groupe de deux jeunes hommes qu'il a placés debout dans son tableau de YOrgie romaine. Ils ne sont pas ivres, ils regardent avec une noble tristesse l'ignominie des convives et la gloire du festin.

Ces jeunes Romains voient la décadence de Rome, leur àme en porte le poids. Le poids de la patrie qui croule, déshonorée par elle-même 1

C'était alors l'amère et suprême douleur; car rien alors, pour une àme romaine, ne pouvait être plus grand, plus saint, plus cher que la patrie. Le Christianisme a conservé ce sentiment si surnaturel et n'a voulu que l'amplifier. Le ciel nous a été ouvert et nous avons dit que le ciel est la patrie. Les langues humaines, illuminées de Fèsprit de Dieu, n'ont pas

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cherché de nom plus doux pour la demeure étemelle, le royaume de tout bien.

Les Romains de la décadence, ceux du moins qui n'avaient pas encore entendu parler du Christ, ou qui n'osaient pas encore a^cf à Lui dans les Catacombes, ne connaissaient pas la patrie céleste, n'y aspiraient pas. La patrie terrestre, leur auguste Rome, leur dieu véritable, ils la voyaient mourir, et de quelle mort I C'était ce corps souillé qu'ils considéraient là, vautré devant eux, crevant de l'excès de la viande et du vin.

Et point de remède!

Que faire de ces Romains dégénérés, de ces derniers patriciens, plus vils que les histrions et les courtisanes .avec qui ils vivaient, plus vils que les esclaves qui les servaient I De tels hommes ne pouvaient plus qu'obéir ignoblement à César, vivre ou mourir comme César le voudrait. Mais dans l'exil, sur les champs de bataille ou dans une baignoire, partout l'ignominie accompagnait également et la vie et la mort; on ne vivait que par César, on ne mourait que pour lui. Un temps vient où les hommes ont perdu le droit d'ofifrir leur sang à la cause publique : ce sang n'est plus assez pur. La patrie, comme le ciel, choisit ses martyrs. Il faut être digne. La primitive Église y regardait de près, et plus d'un qui semblait avoir reçu la mort pour le Christ fut pourtant rayé des dyptiques, parce que l'on n'était pas certain qu'il eût mérité de mourir.

Et puis une heure sonne, une heure néfaste entre

toutes, l'heure dernière des patries, où la cause publique n'existe plus, où il n'y a plus à défendre ni lois, ni liberté, ni justice, ni foyers, ni souvenirs, ni avenir. Désormais il ne reste qu'un maître; on ne Ta pas choisi, et la patrie est son butin.

Telle est l'heure que ces jeunes Romains sentent approcher ; elle commence, ils verront la patrie mourir; mourir dans la fange, dans le vomissement des orgies; mourir sous les pieds d'im Dace, d'un affranchi, d'un histrion peut-être, d'un soldat révolté qui sera César parce qu'il aura assassiné son prédécesseur et que d'anciennes rapines l'auront fait assez riche pour acheter les prétoriens. Voilà ce que ces Romains prévoient, ce qui ne saurait tarder, ce qui est déjà fait et irréparable. L'un a oublié sur son front la couronne de convive, l'autre l'a arrachée et la froisse avec dégoût. Ils quittent le théâtre magnifique de l'orgie, la salle tendue d'étoffes précieuses, ornée de statues, de vases grecs et de fleurs. Ces splendeurs sont le poison qui tue Rome et la liberté. Depuis que la main souple d'Auguste a jeté sur Rome ce fflet de soie, les mailles en sont devenues plus étroites de règne en règne, de jour en jour, et les âmes captivées ont paru de plus en plus avihes. Tout est dit, tout obstacle serait impuissant, toute espérance vaine. Que tirer de Trimalcion et de ses hôtes? Mieux vaut ne pas entreprendre de les faire rougir. Tel de ces ivrognes, qui n'est encore que lâche, tremblant d'avoir été jugé digne d'entendre une parole virile, se ferait délateur.

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Laissez-leB- à la honte de leurs plaisin, hoi meilleurs et plus heureux I Emportez votre colère , gardez et nourrissez votre douleur. Quand le mal triomphe, heureux qui peut s'honorer de le hair; quand la patrie succomhe, heureux qui Taime encore et sait la pleurer I Cette douleur vaut mieux que le sourhre des courtisanes, eUe vaut mieux que Famitié de César et que la faveur même des prétoriens. Sortez du banquet et de la ville, allez sur les voies où dorment les ancêtres dans Tair libre des champs ; les ardeurs du soleil vous accableront moins que les couronnes de roses, et le spectacle des tombeaux vous sera plus doux que le son lascif des flûtes. Passant devant ces grands restes de ceux qui ont été la force et la gloire de Rome, vous leur direz comme le dernier consul : Voyez de quelle mort ignoble nous périssons I

Cependant ne vous y trompez pas, Romains ! Les lèvres de l'homme n'ont point de paroles qui rompent le sommeil du tombeau, et vos ancêtres ne renaîtront pas. Et prenez garde aux enchantements de César I César tue, mais surtout il aime à corrompre, et ses victimes chères sont celles qu'il peut déshonorer. Or,. nombreux sont ses pièges, nombreux les chemins qui mènent à lui. Il commande aux voluptés comme aux * épouvantes, Forgueil est une de ses amorces eomne la luxure, il donne la gloire comme il donne la mort. L'ennui nkème, Thorrible ennui, est le granii raccotleur de César. Souvent rea&uî de n!ètre nm sut

LA PfiTITB VHBSSE. iOB

abattre des cœnra que n'avaient pn amollir ni le phûsir ni la erainla, et que les langues dérisions de la forttune semblaient devcdr laisser debont» Secouerez-vons toujours d'une main indififérente la pondre que font Toler sur tous les chars des afifranchis et des courtÎT sanes? Sontiendrez-vous longtemps leurs satires quand Gésar voudra livrer aux risées da théâtre votre impor^ tune vertu? Porterez-vous sans fiedhlir l'épreuve per-* manente de la gloire des hiatiions de Gésar, dieux après lui du peuple, de l'empire et du monde ?

Si vous n'acceptez pas d'observée un lâche silence, si vous ne voulez point de cette fuite encore plus lèche qui consiste à se donner la mort, vainemoat vous vauff enfermerez dans le tombeau des ancêtres: vous n'y trouverez pas la paix, et vos âmes fières n'y seront pas en sûreté. L'ennui von» chassera de ces retraitea oisives,, et le filet de César tomlwra sur vous.

Rome et le monde n'ont plus qu'une retraite, mr unique asile où Tàme soit en. assurance contre Gésar^ contre l'ennui et contre la stérile mort. Cette retraite est soos terre, dans ces fo^s profondes, mais éclairées d'une lumière divine, oà les chrétiens ensevelissent leurs martyrs pour être les assises immuable?» d'une nouvelle Rome, une Rome vraiment univer* selle, dont les édifioes monteront, aux. cîeux; et dont l'en^iitt na finina point.

Siks ft^"*»*»« du peintre Couture aunont le ûou^

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rage et l'esprit d*aller aux Catacombes, je l'ignore, et à vrai dire, j'en doute. Je crois que telle n'a pas été l'intention du peintre, de les envoyer là. 11 leur a donné un je ne sais quoi qui m'incline à penser que ces jeunes gens sont tout au plus des stoïciens, de ceux qui parlent de s'ouvrir les veines, mais au dernier moment, quand César serait sur le point de l'ordonner, ou quand on ne digère plus ; d'honnêtes garçons qui ont lu Tite-Live, Cicéron, Sénèque et Perse, et qui s'estiment républicains, a A vingt ans, dit un auteur, on est républicain; c'est l'âge de la vertu. » Quelques uns se prolongent jusqu'à la trentaine; ensuite, ils s'arrangent. Beaucoup de raisons conseillent de n'être pas toujours vertueux. 11 y en a de bonnes : vertueux, on ressemble à tant de sots et à tant de pleutres, et surtout à tant de drôles I II y en a de plausibles : doit-on crever de faim ? doit-on priver le pays des lumières qu'on serait en état de répandre? Cela est très-captieux. Et puis les exemples ne manquent pas! Et puis, s'il y a les élans de la vertu, il y a les pentes de la nature I Sous Auguste^ combien de républicains qui, du temps de Cicéron, eussent été du parti de CatUina I La nature reprend ses droits.

Je crois donc que les Romains de M. Couture n'iront pas aux Catacombes. Tout en invoquant la vertu des ancêtres, ils se résoudront de ne pas mourir de faim s'ils sont pauvres, ni de vertu s'ils ont du bien, ni d'ennui dans leur richesse et dans leur vertu.

Le dégoût de l'orgie leur a laissé libres les jambes et la langue : ils se serviront de leurs jambes pour aller au Palatin et de leur langue pour demander une province. 0 province heureuse , tu t'apercevras qu'avec la raison, les jambes et la langue, ces stoïciens ont aussi conservé les dents I Et vous, chrétiens de ce pays-là, tenez-vous prêts ; l'on va vous demander l'eocens et le sel !

Ce qui affermit en moi cette opinion sur les vertueux Romains du peintre Couture, c'est qu'ils ont fait école. Par-ci par-là, dans les Arts, dans les Assemblées, dans le Barreau, dans les Lettres, je vois divers échantillons d'austères qui se lèvent, qui protestent contre l'orgie, qui invoquent les ancêtres, qui disent que l'on boit trop, que l'on mange trop, que l'on chante trop, que l'on paie trop cher le gouvernement et les chanteuses, que l'on donne trop de large à l'Administration et aux passions. Voilà des Romains, il en est donc encore I Mais lorsqu'ils ont débité leur harangue jusqu'à dixi^ rarement on les voit quitter la table, et c'est la chose du monde la plus aisée de les décider à tendre leur verre et à mettre la main au plat.

Plusieurs même se contentent d'un rogaton.

Les Romains de Couture se manifestent surtout

dans les journaux du boulevard. C'est là qu'ils étalent bien leur vertu. Elle est vraiment très-àpre quelquefois. Ils ne font nulle difficulté d'appeler a drôlesses » les demoiselles présidentes de l'orgie, et ils les nomment par leur nom en même temps que par leur qualité. Ils n'épargnent pas même celles qui sont munies de plusieurs chevaux et de plusieurs gentilshommes. Us disent qu'elles ont de faux cheveux, les dents consolidées, l'haleine hostile, celle-ci la main sèche, celle-là le pied plat. Us raillent amèrement les sots de tout pelage qui jettent dans cette fange leur nom, leur fortune, ce qu'ils ont reçu de cervelle ou ce qui leur en est resté, La haine du gandin remporte sur le mépris qu'ils témoignent à la fille ; ils font de piquantes et lugubres peintures de son imbéciUité, de sa bassesse et de ses malheurs ; ib deviennent éloquents contre les scandales que donnent ces faquins indécents et stériles, et si la circonstance en met un en lumière, ils ne le manquent pas, les oreilles du jeune sire sont tirées conmie il faut. Ils ont aussi de très-beaux anathèmes contre les effi^nteries du théâtre: ils vont jusqu'à requérir des feuilles de vigne, jusqu'à présenter leur mouchoir... Maison apprend des choses tristes.

Le sévère Guignol était auteur de billets protestés, et cette circonstance ne parut pas étrangère à cert£dne exécution qu'il avait faite avec un grand feu de vertu. Le sévère Larifla et le sévère Matagru protègent de candides figurantes, et Laïs, qui tient les premier?

emplois, impute à de secrets intérêts de leur cœur les réclamations pudibondes qu'ils ne cessent d'élever contre les gestes dont elle accompagne chaque soir ses plaidoyers devant l'Aréopage. D'autre sévères, qui paient leurs billets et qui n'ont point d'ingénues à mettre en montre, se révèlent, un beau soir, pères de vaudevilles aussi retroussés que décolletés. Sitôt qu'il leur est donné d'emplir la scène, ils ne demandent plus qu'on allonge les jupes et laissent Lais plaider comme elle l'entend.

Ainsi finissent les Romains de Couture. Mordus à leur tour soit par d'anciens confrères, soit par les nouveaux-venus, ils disent que les anciens sont des jaloux irrités de n'avoir pu arriver, et les nouveaux, des enfants perdus de Bohème qui les veulent faire chanter.

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