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de jambes et qu'on on voit trop long, et qu'il.&ndsait pourtant se souvenir un peu de cette pauvre pudeur» Oh I les bons compères, et quel truc que celui des journaux ! La foule accourt, elle veut voir cet or, et ces jambes, et ce. scandale; la photographie vient à la res* cousse; les journaux continuent.de pousser; on en rêve en Bretagne et en Languedoc ; quatre cents représentations sont assurées.
Au fond, nos chasseurs d'idéal ne trouvent pas que tout le programme soit bien rempli. On a déjà un peu vu cela. Il n'y a pas le compte de jambes, il s'en faut de quelque centaine; et ces essaims déjeunes beautés ne sont que ce que l'on a pu se procurer de mieux dans le quartier à raison de dix sous par figure ; et enfin il semble que l'audace manque aussi. Mais qu'importent cmquante ou cent cagneuses de moins» et quand celles que nous exhibons seraient absolument sans linge, que verrait-on de plus ? Hélas I ce qui reste d'idéal, c'est ce que nous bdssoiis d'étoffe, et plus on rogne les jupes, plus le harem tourne à la maladrerie* Il y a bien des mystères dans le monde, Monsieur I L'oiseau bleu n'est bleu que de loin; il perd sa couleur lorsqu'on l'approche, et ceux qui parviennent à. le saisir ne tiennent qu'un vulgaire pierrot ou même une chauve-souris. L'idéal, imbéciles bourgeois, on vous le donnerait, si vous aviez l'esprit de ne pas prendre de lorgnettes ! Mais heureusement ropinion fait tout, et il y a moyen de faire l'opinioa. Les journaux sont là» criant toujours merveille, réclamant toiyours pour
LES DIYB1t1t8S9MENTS. 139
cette pauvre pudé^^ entroteimai le succès. Le aQocé» se prolonge, il devient, habitude et tout est gagné* Vous demandez qui peut/revenin? Vous, ne oonnaisse& pas la puissance de l'annonee et l'empire de rbabi-> tudel II y en a qui. s'attachent à une paire ou à un groupe de jambes, à un déeor, à un kzzi ; il y a dee récalcitrants que roUiramène pal^ Tannonce d'un truc modifié... Ahl la bêtise humaine est sans limites, puis^ que les directeurs de théâtre n'en ont pas touché le fond!
Cependant nos spectateurs ne peuvent se dire abso* lument volés. Pour leurs trois ou quatre francs, on leur sert, après tout, un assez joli paradis de Maho^ met. Pensez-vous que les Circassiennes soient beau-r coup mieux plantées que nos piqueuses de bottines, et que dans tous ]e& harems on trouve exclusivement des Titiens, des. Rubans et des Yéronèses? L'insaisissable idéal est entrevu^, il suffit. C'est la gloire de la civilisation, Monsieur ! Avec cent sous d'argent, mignon i dépmiser par jour, vu Parisien est plus diverti* que le Grand-Turo;
— Et ajontGK,. difr-je^ qu'il n'a pas moins de facilité à^s'ahrutir..
— Mais onit reprit mon interlocuteur. Je perdais de vue la question de Tabrutissanent, question vitale pfiHcla emiisé moderne. Cette somnolence de votre voisin de stalle n'est plus rennuiaéiifiox. qui le tour-^
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mentait jadis, n'est plus du tout Tennui. C'est une agréable torpeur, quelque chose comme le kief asiatique. C'est l'abrutissement qui se fiedt et qui triomphe. Cet homme n'est plus sollicité à penser, n'a plus besoin de comprendre. On lui apporte des spectacles merveilleux, on le berce dans l'impossible sous toutes les formes, on Tenlèye à cent mille lieues des préoccupations de l'existence, et enfin, par la multiplicité et l'accumulation des délices, on le place de telle sorte que le désir même doit mourir en lui. Et l'on dira que nos spectacles sont immoraux et funestes ! Mais ditesmoi ce que peut désirer un homme sensé en ce monde? D'être le Grand-Turc, n'est-ce pas? Voilà l'idéal de la puissance, de la magnificence et de l'oisiveté. Le visir gouverne, le Grand-Turc n'a d'autre affaire que de se divertir, ou plutôt que de se laisser divertir, et c'est à quoi pensent sans relâche tout ce qu'il y a de gens d'esprit dans Stamboul, car autrement ils sont étrapglés par la faim. Eh I bien, notre bourgeois est Grand-Turc trois ou quatre heures par jour I Et comme l'expérience lui démontre qu'en somme ce n'est pas enivrant, il demeure tranquille en sa condition, désabusé de tout changement et de toute recherche de grandeur. Le voilà donc totalement abruti, endormi dans l'idéal, incapable de conspirer, de penser, de désirer. Il remplit ses petits devoirs sociaux, il paie sa cote mobilière et personnelle, il fait son quart de Grand-Turc, et il va se coucher, soumis à son commissaire, fidèle à son gouvernement
Je fis un signe d'adhésion. Mon interlocuteur s'interrompit.
— Vous croyez reprit-il que je plaisante?... Ma parole d'honneur, je n'en sais rien ! Je sens beaucoup de vrai dans tout ce que je vous dis, malgré quelque physionomie paradoxale.
— Vous parlez, répondis-jc, sans paradoxe et en véritable homme d'État. Et comme c'est un fait reconnu qu'il n'y a plus de distances, je vous annonce que votre profession, jadis si éloignée des affaires politiques, ne tardera pas à leur fournir des personnages très-importants. L'État se trouve trop bien de vos services pour ne pas vous demander prochainement des conseils. Il apprendra de vous à tenir les peuples, à former et à diriger l'opinion. Ce ne sera pas un petit objet d'organiser les spectacles! Longtemps dans le monde, la politique reposa là-dessus, et César fut essentiellement un directeur de spectacles. Seulement vos abrutis ne cesseront pas de demander du nouveau, il ne suffira pas toujours de charlataner : il faudra tailler dans le grand, et qu'un peu de vrai sang coule pour réveiller l'attention.
— Toujours ce diable d'idéal I reprit mon interlocuteur. Le cirque, cent mille spectateurs, des masses énormes... Je me dis parfois que les combats de taureaux sont dans l'air, et qu'il y faut penser.
— Oui, les combats de taïu^caux, et les combats
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de lions, et lea combats de chiens, et les combats d'hommes I...
▲U CAFÉ-CHAHTANT.
A travers la fumée, nous aperçûmes deux ou troi5 places vides où nous n'arrivâmes point sans difficulté. Quelle atmosphère ! Quelle odeur mélangée de tabac, de spiritueux, de bière et de gaz I C'était la première fois que j'entrais dans ce lieu, la première fois que je voyais des femmes dans un café fumant. Nous avions autour de nous non-seulement des femmes, mais des Dames,
Il y a vingt ans, on eût inutilement cherché ce spectacle dans tout Paris. Visiblement, ces dames avaient traîné là leurs maris vaincus; Tair dépité et empêtré de ces malheureux le proclamait assez haut. Mais , pour elles , à peine semblaient-elles dépays(>cs. Il avait raison, ce vieux et honnête valet de chambre qui me disait un jour, parlant de sa marquise, tout-âfeit dévoyée : — a Monsieur, on ne sait pas ce qu'un maladi'oit peut faire d'une femme comme il fauti p Et qu'est-ce que la femme « comme il faut d ne peut pas fiodrt aussi d'un maladroit ! La présence de ces femmes a comme il faut » donnait à Tauditoii-c uu
cachet tout particulier de débraillement : le débraillement social I
Nous avions encore tine demi-heure à attendre, toutes les places étaient prises. Il passa quelques sujets inférieurs, des petites voix glapissantes, des miaulements, rien qui justifiât la surtaxe du verre de bière. Un ténor chanta je ne sais quoi; une demoiselle, deux demoiselles chantèrent je ne sais quoi. On me dit que c*étaient des demoiselles de trois ou quatre mille francs tout au plus ; elles étaient vêtues sans aucune rônplicité. Un baryton se fit applaudir. Il avait une folie voix et la mise la plus funèbre du monde. On eût dit un ancien représentant du peuple, de ceux de la Montagne, qui a pensaient » et qui se piquaient de tenue ; M. de Flotte, par exemple. Ce baryton ferait figure dans nos troubles à venir que je n'en serais pas étonné. Il chantait :
Un nid, e'est un t«ndre mystère, Un oiel que le printemps béniU A l'homme, à l'oiseau sur la terre, Dieu dit tout bas : Faites un nid I
Ces culoteurs de pipe, tous fort loin de leur nid pour le moment, et peu pressés d'y rentrer, écoutaient rela d'un œil attendri; les a petites dames » retenaient à peine leurs'lannes;«les dames a comme il faut » faisaient (rès-bien du bout des doigts. Le baryton, froid comme glace, en habit noir, en gants blancs, en batbe de quadragénaire, sucrait le dernier couplet
144 UYRE in.
sans perdre sa figure d'homme qui vient consulter les lois de Minos. Enfin il fit un profond salut, se retira, fut rappelé, ressalua, se retira à reculons, et la salle tout entière frémit... Elle allait paraître, un tonnerre d'applaudissements l'annonça.
Je ne la trouvai point si liideuse que Ton m'avait dit. C'est une fille assez grande, assez découplée, sans nul charme que sa gloire, qui en est un, il est vrai, du premier ordre. EUe a, je crois, quelques cheveux; sa bouche semble faire le tour de la tête ; pour lèvres, des bourrelets comme un nègre ; des dents de requin. Une femme auprès de moi l'appelait a un beau brun, b En somme, — mais j'ai peut-être aussi un rayon de gloire dans l'œil, — ce n'est pas la première venue.
Elle sait chanter. Quant à son chant, il est indescriptible, comme ce qu'elle chante. Il faut être Parisien pour en saisir l'attrait, Français raffiné pour en savourer la profonde et parfaite ineptie. Cela n'est d'aucime langue, d'aucun art, d'aucune vérité. Gela se ramasse dans le ruisseau ; mais il y a le goût du ruisseau, et il faut trouver dans le ruisseau le produit qui a bien le goût du ruisseau. Les Parisiens euxmêmes ne sont pas tous pourvus du flair qui mène à cette trufîe. Lorsqu'elle est assaisonnée, ils la goûtent. Notre chanteuse a ses trouvères attitrés qui lui proposent l'objet, et elle y met supériqurement la sauce.
Elle joue sa chanson autant qu'elle la chante. Elle joue des yeux, des bras, des épaules, des hanches, hardiment. Rien de gracieux; elle s'exerce plutôt à
perdre la grâce féminine ; mais c'est là peut-être le . piquant, la pointe suprême du ragoût. Des frémissements couraient l'auditoire, des murmures d'admiration crépitaient dans la fumée des pipes , à certains endroits dont Tefifet, cependant assuré , défie toute analyse. Dites pourquoi TAlsacien s'épanouif à l'odeur de la choucroute ?
La musique a le même caractère que les paroles ; un caractère de charge corrompue et canaille, et d'ailleurs morne comme la face narquoise du voyou. Le voyou, le Parisien naturel, ne pleure pas, il pleurniche; il ne rit pas, il ricane; il ne plaisante pas, il blague; il ne danse pas, il chahute; il n'est pas amoureux, il est Uhertin. L'art consiste à ramasser ces ingrédients dans ime chanson, et les auteurs y arrivent neuf fois sur dix, la chanteuse aidant. Le succès est en rapport avec la dose.
Tout cela sent la vieille pipe, la fuite de gaz, la vapeur de boisson fermentée; et la tristesse réside au fond, cette tristesse diserte et plate qu'on appelle l'ennui. La physionomie générale de l'auditoire est une sorte de torpeur troublée. Ces gens-là ne vivent plus que de secousses; et la grande raison du succès de certains a artistes, » c'est qu'ils donnent la secousse plus forte. Elle passe vite, l'habitué retombe dans sa torpeur. Le spectateur d'occasion se hâte de sortir et d'aller respirer l'air pur de la rue.
Pour être juste, ces représentations sont bien organisées, et j'ai pleinement admiré l'art du programme.
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La graade chantaiige ett entourée de «atpHitiw trè&inférieim. Son morcean est précédé d'une avants garde de romances nigaudes, Tom place an pins près tout ee qn'il y a de douceMre : Faiia am mil Et, après ce fromage blanc, tout de soifee, l'ail et l'eande-vie supoivxée, la toid-boyanx tout pur de la demoiselle. Le heurt est yiolent, et comme on dit dans la longue dn lieu : Ça emporte la gaeiÊkm
liais cette gueule, puisque gueule il y a, cette gueule animais ne savourera plus le pain, ni l'eau, ni le vin, ni les fruits, et il faut lui oflEdr désormais une cbair corrompue.
BAZ4CiJUI.
Le caSé Baladan est situé sur le boulevard du Prince-Ettgène. D y a quelques années que vous n'avez vu Paris, vous êtes jeuLO; vous demandez où est le boulevard du Prince-Eugène, et peut-être ce que c'est que le prince Eugène? Le prince Eugène est un des Mille de l'épopée impériale, où nous fûmes délivrés, dit Galapias, a des ténèbres du mojcn-àge. » n y a aussi la caserne du Prince-Eugène , qui est une belle caserne ; et le boulevard met la caserne en communication large et directe avec le château de Yincennes, qui n'est pas unpetit château* Yincennes est
LES DIYSRTISBEIIENTS. 147
à fin Jaout, ia caserne à l'autre, langeant par 'ime notre Jhee le boulevard qui mène à la ^laAe 4e l'aiH cienne Bastille. Car c'est une caaeroe carrée, fmajwd contenir quelques milliers d'hommes qui peuvent faire feu sur quatre voies; des feux croisés. Ce serait un coin dangereox pour les idées subversives qui voudraient passer par làl Mais il n'y a plus d'idées shIh veraives, ou 4ii moins Léonor et Adolpbe leur adonci»sent les masuis ei dirigent leurs promenades d'un antre côté. Os ont d'ailleurs toujours un laissez-passer en poche pour le cas où ils reneontreradent une caserne sur le chemin ; et lorsqfu'ik traversent le r ajon du Prinee- Eugène, c'est qu'ils vont à Batedan. Léonor et Adolphe sont de grands dompteurs des idées subversives ! Ils les font rugir, ils les font sauter et prendre des poses;, — et rester dans leur cage. £t ce qu'il y a de merveilleux, c'est que si Léonor et Adolphe sexe* tirent, Poivreux et Galapias les remplaceront trèsbien. A présent, les idées subversives ne sont pas plus difficiles à manier que les lions. Un a dompteur » va jouir de ses Tentes, un garçon de service prend la oravache et le voilà dompteur. Il entre dans la cage, il donne de la viande, il distribue les coups de trique, cela va parfaitement : les lions rugissent, sautent, prennent des poses et observent toutes les lois. En avons-nous dit sur la Bastille et sur le peuple immortel qui l'aen^portée d'assaut le 14 juillet 17891 Ces jeux-là sont finis. Les bons n'ont plus envie de rien emporter. Ils sont toujours lions, ils détestent tou-
jours les bastilles ; mais ils savent bien (jue les casernes ne sont pas des bastilles, — puisqu'elles ne sont pas gardées par des Invalides.
Ce quartier était joli autrefois, très-vivant, trèspittoresque , le soir surtout, quand une population grouillante et mille feux ranimaient. Hier, entre neuf et dix heures de nuit, c'était un désert des plus lugubres. On y nageait dans le macadam et il exhalait tout entier l'odeur des mauvaises affaires. Ces grandes maisons neuves sont sans habitants comme sans histoire. Point de fenêtres éclairées , point de boutiques , sauf quelques cafés étincelants et vides ; le royaume de la faUhte I
Bataclan est un café chinois, mais digne de la civilisation moderne. La façade est toute peinte et dorée, et ornée de grotesques. La salle occupe l'emplacement d'une vaste maison ; des guirlandes de gaz l'éclairent d'une façon originale. L'architecte a été si content de son œuvre qu'il l'a signée. Une centaine de personnes s'éparpillaient devant une scène où s'exerçait un médiocre jongleur. Des galeries vides, des tables inoccupées, des garçons qui se croisaient les bras. La faillite est venue s'installer dans cette pompeuse faribole. C'était noir.
Bataclan a sa grande chanteuse qu'on applaudit lorsqu'elle parait, comme les autres grandes chanteuses des autres endroits ; elle les imite et elle chante
leurs ehansons. Il faut partout, m'a-ton dit, une chanteuse genre Thérésa. Le Pansieu ne se croirait pas dans un café-chantant s'il n'avait sa Thérésa et sa chanson Thérésale, Or, la vraie Thérésa gagne cent mille francs. Vous jugez ce que peut être la Thérésa d'un café en faillite. Celle-ci avait l'air d'un enfant de chœur. Elle faisait la délurée, mais il me parut que c'était contre nature et sans pouvoir se débarrasser d'un reste d'innocence ou de décence. Cette fausse grossièreté, cette pauvre chétive personne qui se démenait dans ce lieu visité. par la mort commerciale, sous ce gaz qui semblait ne brûler qu'à regret, comme trem* blant de n'être pas payé, c'était ce que l'on peut imaginer de plus sinistre. Je m'attendais à voir entrer le croque-mort.
Ce fut un violoniste qui parut. Il avait du talent. Il y a dans ce Paris des centaines de violonistes et d'«xécutanis de toutes sortes, pianistes des deux sexes, harpistes, guitaristes, guimbardistes, mirlitouistes et tambours qui se jouent de toutes les difficultés, sauf de la difficulté de gagner trois francs. Gelui-d donna un beau grand morceau de haute musique, d'une façon vraiment relevée. Nous ne fûmes que deux à l'applaudir. Il donna ensuite une petite chanson gentille et distinguée qui réussit un peu plus, et se retira, à reculons, suivant l'étiquette, la tète plus près des genoux que du dos. Car ce public en veste, en casquette et en pipe, exige aussi que l'acteur en habit noir c courbe son échine ; d et l'acteur n'a garde d'y
ffM tnm m.
■mn<|aer. Mhrrcwx laMBème, le auurtMNi dfea tocratin, et Galvanln, Tafém de* la ékgÊiÊè de IffaMom, se IkchmâÊtA tontw le* naaiéileft oa kt
Itadaxl qmt te vîtiMiMltv frituÉt^ qa*iy\m crte èà/ ■ M immt «n postale, BCprit ètutx cm, tMis me^ flores 4e n ehaoBOA, et MteadaBsueflénede^sm** tioQB et de tmas de force qui excitèreiit l'enâlon» fliasme. H imita ladoehette, le* ehaat des oiseaux, lie toonems, et enfin le eri de Fftiie. Ici les applaudisse^ m^ats furent ardients et uaniines. Ifêlas ! Tidon da eonseilter Grespel î
Je vous «muerai qifuie de mes désobitions èa» 'Paris est de voir eomme on y Bacide cette pnvre musique, et tous les vils otBces que Mt œtte ehose ai noble, si tcRKAanote et quasi soerée*
J'en avais assez; Q mm restât à payer ma s eonsommatfon. » Cétut im faidenx vem de via ckaud. On me demanda M soas. Avec te pour-baire éa garçon, 0^ ftdt à peu près deux Ma ee que peot gagner en dottxe beàres une ewrière q«i vent zestor Iiomièti» fiUe.
LES KVnanSElIBRTS* 13 i
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QfTATBS BV9rBS«
Apiopo» d'une chandCHkc qui rient de peraitre, » les diroiik{ueiiis installent anx mors du Pmth£on foate^ liuste» oMurannés de laurier : œhn dn melckmj eelni da poète, celui de la chanleuse^ edui de l'enlvq^renevr qui a oommandé, revu, œrrîgé, approuvé rcBimeeftqaila&itezéeater dans sosi eaféchantant.
J'appread» «ree pkisir <pie ces quatre pttsoiuiages mA pkins ^îanwnAion, de génie, de bonne InsKiir, d'amanr dn iraffail, de Tertns fortes et nwdestes; qn'Ss sent bons ania, bons fils, bonne fiHe, et qu'ils ponnaieiii fedre autre chose. Haïs ils aimeni mieux faire eela.
Le mnsicien est excellent pour les dtroniqnemei^ Il a un large cœnr, un large rire. Il est trës-aarant,. et les maîtres reconnaî&peBi une inspiration sopéckwre dans ces ^snvres en appareitee frlTdes, devenaes si populaires : la Puu gui peme, le iVoref pÊrtagi^ la Zyrr à Pmgmm, ete. Et tous inerrez qu'il tem un opén en (saq actes.
Le poète est excellent pour fes èhroniqaeiirs. GTast «ne âme d'or, un baehelâer éiaûient. An oom-
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mencement il a donné des cantates qui furent imprimées aux frais de l'État. Vous ne nierez pas que l'État se connaisse en poésie I Sa verve ayant pris un autre cours, il a écrit les poèmes populaires ci-dessus nom- mes et vingt autres, où il égale l'auteur du Baptême i du ptit Ébénisse, Ces compositions légères ne l'em- > pèchent pas de se livrer aux grandes études. On a de lui trois tiers de vaudevilles: la Queue de la poêle, les Martyrs de la Brasserie, et Cognons d'ssusf Tout le monde croit que son grand drame Les Chapardeurs, en société avec les frères Chose (ces jeunes et infatigables lutteurs), attirera la foule au théâtre Beaumarchais. On donne la date de sa naissance, il n'a que quarante-sept ans.
La chanteuse est ce qu'il y a de meilleur au monde comme chanteuse et comme personne : une bonne fille, ou plutôt tm bon garçon, aussi supérieure à son genre que supérieure en son genre. Piocheuse, simple, aimant les parties d'àne. Très-bonne aussi pour les chroniqueurs. Très-fidèle à son café. On ne peut pas souhaiter des événements qui nous sortiraient de l'état heureux où nous vivons, mais imaginez cette femme-là sur ime barricade, chantant la Marseillaise, et dites comment vous sauriez vous représenter mieux la Muse de la liberté et de la patrie I...
Quant au maître du café, il est de cette espèce rare et forte des hommes qui se font eux-mêmes. Parti de rien, et s' étant fait, il a plus que personne fait le caféchantant. C'est à lui que le peuple doit celle source
de distractions élevées. Nul n'a su avant lui, nul ne sait comme lui vendre dix sous un pot de bière qui en vaut trois, en y ajoutant une chanson qui ne vaut rien. Homme de travail, il est à Fœuvre, de six heures du matin à minuit; homme de devoir, plein de piété filiale, il a écume sur sa bière un très-beau pâturage où ses vieux parents goûtent les joies d'une vie pure... Qui doutera qu'un ^1 homme ne soit très-bon pour les chroniqueurs ?
Ces notes d'un chroniqueur ami, et certainement bien renseigné, m'ont rappelé un mot ancien, aussi célèbre que profond. L'on pourra s'étonner de le trouver ici; il n'y sera pas moins vrai d'une certaine manière que dans la circonstance où l'écrivit l'auteur, et il apporte la même preuve que cet auteur voulait donner.
Signalant certaines vérités contreMtes qui roulaient dans le fond fangeux de la sagesse et de la théogonie des païens, Tertullien s'écriait : a 0 témoignages d'une âme naturellement chrétienne! » C'est cela précisément que je sens et que je reconnais ici.
Un bottlevardier observait dernièrement que tes acteurs, hors du théâtre, font tous les eflorts possibles, jusqu'à l'inimaginable, pour ressembler à des notaires. Ils mettent une cravate blanche, un habit noir, et ils
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dnent posément des dioses justes. Ce sont eos qm ctmnaissent bim les desseins dfe M. de Bisnwi:, qm débattent le pour et le contre Icpiiehsat TexpéAtion du Hexîqaef et qui ^^expriment en hsgage sérèfe sur te I^ndîee que la petite presse ne flM&quera pas de fiôre aazmeevffB.
Os n'iaiment point leur profesnon, surtout les eomiques ; ils tiennent à montrer qu'elle ne déteint pas snr eux et qu'ils ne sont pas farceurs de nature. IMîére a tenté l'impossible pour jouer la tragédie.
Ils sont bucoliques, amis des champs et des joies bocagères, et ils rêvent de larmes atten<Srîes on terribles. Quelque applaudissement qu'ils sachent obtenir en faisant ime grimace ou en recerant un coup de pied, ils aimeraient mieux être moins applaudis et se plonger un poignard de carton dscns la pcitrine. Je m'étonne que l'aeteur Boofh, rassassis de ee pauvre diable de président Ldncohi , n'ait pas été un acteur comique. Brandir un vrù poi^ard après aTnîr tué un rraî homme d'un coup de pistolet (fimeste néoessHé « réaliste !) et déclamer sic semper tymnnù^ c'est un rére de Scapin.
Les petites dâices de Scapin sont èe suiviie mt convoi respectable, en versant des larmes de famille. S'il a un tombeau, il porte exactement des fleurs. H veut avoir êes vertus privées, û veoi le 1m dans lés^ journaux. La ebroniqiie qoi en donae te mam as public hiî iitt un pfan sensible pteinr que la plus greiide lewaged» son latent.
Je ne trouve pas que tenir un café-chantant soit le plus fier métier du monde ; et comme moi, l'homme qui excelle en cette profession estime qu'il y a mieux. C'est pourquoi, quand les chroniqueurs auront cessé d'être intègres, il fera volontiers crédit d'une chope et d'tme absinthe au chroniqueur qui trahira le secret de ses vertus filiales. Témoignage d'une àme naturellement chrétienne I
L'àme naturellement chrétienne déteste naturellement les métiers peu fiers. Hélas I le lait que boit làbas cette famille de café-chantant, il est fedt de sang et de pleurs. Que d'honnêtes femmes gémissent et que d'enfants ont faim parce que le chef de la communauté vide sa bourse et sa vie au café-chantant I
Semblablement, le poète de la Puce enflammée sent bien qu'il ne fait pas le meilleur emploi possible de son génie : H veut que l'on sache qu'il a tourné des cantates et qu'il pourrait ficeler un poème héroïque. — Et le musicien de même, embouchant le cornet à bouquins, rêve de chœurs angéliques et de trouver le rlgrthme sur lequel se meuvent et dansent les mondes devant le trône de Dieu. — Et je ne serais pas surpris A cette pauvre jeune fille aussi rêvait d'atteindre ridëal de la beauté en chantant la Marseillaise, une pique à la main, sur im tas de pavés, dans Fodéur de la poudre et du sang.
Quant à la dernière (>^ nnson et à leur dermer trîom-
156 uvRE ni.
phe, qui a donné lieu à l'apothéose, c'est la Trichine embaumée.
TIGRUCnS.
Je bénis mon sort; j*ai vu Tigruche I
11 y a un « homme de lettres » qui est à Paris le second correspondant d'un journal étranger, N imaginez pas quelque chose d'oriental I Ce journal étranger n'est pas anglais ; il paie peu , faisant peu d'affaires. Le premier correspondant, chargé de donner des nouvelles françaises qui doivent renti'er en Franco, reçoit quelque chose de TÉtat pour divulguer SCS secrets ; il peut, ou du moins il pourrait payer F on loyer. Le second correspondant n'est chargé que d'abîmer les rois de l'Europe et leurs ministres, cela ne rapporte guère. Il ne s'y épargne pas pourtant. Mais enfin. ses foudres ne retentissent point, et les rois de l'Hurope et leurs ministres ne tremblent point. Ce second correspondant se nomme Péquet. C'est Tigruche.
Péquet est le fléau des rois, Tigruche est « l'ami dcflS artistes, b
Ceux qui connaissent Péquet ne connaissent pas Tigruche, ceux qui connaissent Tigruche ne connais-
sent pas Péquet. J'avais vu Péquet... comme on peut le voir; j'ai vu Tigruche.
C'était un soir, tout proche du matin. Ma bonne fortune me ât entrer dans un café du boulevard, où Ton soupait. J'appris plus tard que les a artistes x> des théâtres voisins avaient accoutumé de venir là se régaler d'une certaine soupe en vogue et de certains ragoûts.
Ils entrèrent par couples, et bientôt le café fut plein. Dans cette foule, il y avait des renommées, même des gloires. Ils parlaient bruyamment, d'un langage libre, plus gros qu'original, et plus voyant que coloré. Hommes et femmes s'appelaient ma vieille, ma petite vieille, ma petite huile (Tolive. C'est courant, et il y a longtemps que cela dure. On se tutoyait. J'écoutai, sans y prendre autant d'intérêt que je l'aurais cru, si l'on m'avait promis la scène.
Je vis entrer ime grande artiste de petit lieu. Elle était accompagnée de son maître du moment et de son esclave du quart-d'heure. Le maître n'était point encore fatigué, et l'esclave n'était point encore émancipé. Elle avait aussi sa dame suivante, fort « eu panne. Tf> C'est pourtant une personne de grand emploi. E11& est chargée d'éconduire les poètes qui apportent à sa maîtresse les conceptions de leur génie. 11 s'çn présente vingt par jour. Il faut les éconduire poliment , parce qu'enfin quelques uns pourraient se couler dans les petits journaux et « débiner Madame. » Elle le disait, et son chapeau m'étonna.
158 UTRE III.
L'Étoile fiit aussitôt entourée et chaudement fé£* citée de sa dernière création, où elle chante : a Xmis rinciefib qui sera le chant national de la saison. Elle reçut dédaigneusement tous ces hommages, et enfin elle dit : «r Ça m'emhète I Je n'étais pas laile pour ces rocamboles-là et pour amuser des éraintés. J'avais de la poésie dans le cœur... » J^ me rappelai Molière, si ambitieux de jouer la tragédie^ et à qui les coups de bâton dont il faisait assaisonner sa prose sur son do» étaient si durs. Mais le chapeau lustré de la dame suivante éteignit l'étincelle de compassion que ces mots m'avaient jetée. — Si la poésie était dans ton cœur, a ma vieille, o ta dame suivante aurait un autre chapeau!
Je pourrais marquer que la grande artiste demanda la soupe à la mode et trois œufs sur le plat, mais ou trouvera ce détail dans les chroniques du temps.
L'intérêt languissait et je songeais à me tirer du milieu de ces étoiles, lorsqu'un brouhaha de cent cris, qui faisait assez figure de huée, s*éleva de toutes les tables : — Tigruche I uchel uche I Ici, Tigruche I Estu râpé , Grugruche I Es-tu laid ! — Tu te raffales d'heure en heure, mon bijou I — El ce roi de Prusse, il ne veut donc pas se fendre d'un paletot? — Et ce crachat de Norwége, il ne vient donc pas? — T'as pas assez roulé ton Bismai^, Tigruche, recommence-moi çà I Uche t Uche I
Ainsi fit son entrée Péquet, la terreur des Princes 1
A la vérité, Péquet ne paye pas de mine. Je n'ai
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Jamais vu homme ressembler davantage à xm chien moaillé. H allait de table en table, offrant des poignée» de main, reeevant des nasardes. Le dirai-je? moi <iuî lis parfois Péquet et qui ne suis pas son ami poliUque, j'éprouvai quelque chose qui pourrait passer pour un mouvement de pitié. Ce malheureux prenait tout si doucement! fl offrait si affectueusement ses pauvres pattes que personne. ne touchait de bon cœur! Je ne pouvais démêler sur son visage s'ît était humilié ou content de là ternHe familiarité qu'on lui montrait. Une seule personne ne lui insultait pomt, c'était la dame suivante de TËtoile. Mais l'Étoile, en revanche, lorsqu'il vint la saluer, plus prosterné qu'à genoux, le rébuta de telle sorte qu'il demanda grâce. — a Ma petite Nini, lui dit-il, ne sols donc pas si dure pour moi qui te suis si dévoué! & Il y avait des larmes dans le cœm: de Tîgruche ; mais comment une larme pourraitelle sortir de l'œil de Péquet?
Tel était néanmoins son accent que Nini elle-même en fut touchée. — a Allons, dit-elle, Tîgruche, va* voir si mes œufs sont prêts.» TL se précipita vers la cuisine et revint bientôt tout rayonnant. — Mon petit Ange,, tù vas être servie.
Cela devenait triste; un autre incident me parut tragique.
Un garçon se planta devant la dame suivante et lui demanda d'un ton demi-goguenard ce qu'il fiJUaît lui servir. — < Rien, dit-elle stoïquement; je tfd pas faim.» ITn gros homme, de mine asses bonasse, Técou-
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tait. — Tu n'as pas faim! dit-il, et puis tout à l'heure, tu vas piquer dans nos assiettes. — Si je ne pique pas dans la tienne, répliqua la dame suivante, que t'importe?— Fàclie-toi, à présent ! continua le gros homme. Dis donc tout de suite que tu n'as pas le sou. Chacun a eu ses jours de dèche. — Et chacun peut les ravoir, . reprit plus aigrement la suivante. Elle ajouta : — Je ne demande rien. — Non, dit l'autre, mais tu prends sans demander. Allons, va, je payel Commande. J'aime mieux cela que de te voir pignocher à droite et à gauche, comme tu fais toujours.
Mais la malheureuse, 6 cruel honneur ! n'osa point accepter. — « Si je commandais, dit-elle, je payerais. J'ai de l'argent. » Cette femme, je pense, a joué le drame.
Le gros homme perdit patience : — Tu as de l'argent ? toi I Oh là I là I Fais-le donc voir, cet argent. Attention, Mesdames et Messieurs, Dolorès va montrer son argent I
11 se fit une sorte de silence. Dolorès roulait des yeux pleins d'orage. Tigruche arrachait des mains du garçon les œufs de l'Étoile et les plaçait devant cette dame, qui les attaqua aussitôt. De tous côtés on regardait la suivante. Une voix moqueuse s'éleva : — Dolorès, ma mignonne, faisons voir ce petit argent mignon I
Dolorès se mit à pleurer. — Bête, va I dit le gros homme.
On laissa Dolorès tranquille. Quelques minutes après, l'œil sec, elle piquait à droite et à gauche dans les
assiettes voisines, et dans celle du gros homme aussi. Tigniche, TAmi des Artiste, ne se vit rien offrir et ne prit rien; aussi désintéressé et aussi malheureux que Péquet, la Terreur des Princes»