‹ Les odeurs de ParisChapitre 21 sur 71 · L'AMANTE · texte numérisé non relu

L'AMANTE

Un jour, au temps plus vert de la prime saison, Nous menions parles chan^ son grand-papa, notaire. J'arrêtai le vieillard près de la source claire Où l'on ponvait cueillir la fleur bleue à foison.

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Que cette eau coulait doux emmy le vert gazon» Mais j'avais en esprit une bien autre afiCedre : Je voulais épouser. Or, l'aïeul exemplaire Trouvait peu que mes plans crevassent de raison*

J'argumentais très-chaud. A quelques pas, Flavie, Toute aux myosotis, n'avait rien écouté. Pourtant, d'un feu plus vif éclatait sa beauté.

Je fus par le bonhomme, à deux ans appointé, J'obtins d'elle un regard qui me rendit la vie... Mais, ma foi, ces deux ans furent l'éternité!

VÈPOUSB.

La nuit a trop duré, quoique pleine d'étoiles : 0 beau ciel assombri, laisse naître le jour! Et vous, ô ma beauté, quittez enfin ces voiles. Laissez naître l'amour!

Pourquoi tarder encor, de toi-même ennemie? Je f aime, tu le sais, l'amour sera vainqueur. Mets ta main dans ma main, que ton cœur, Euphémie, Palpite avec mon cœur!

BEAUX-ARTS ET BEXXBS-LBTTRES. 249

Reprends, reprends la vie, ô rose, ô fleur divine I Et que mon noir destin, sous ton ombre abrité, Commence son été.

Et nous irons tous deux rêver sur la colline; Et nos cœurs enivrés diront plus de concerts Que n'en ont les bois verts!

Vous m'appelez enfant; vous dites Que vous seriez ma mère. Hélas I Nou, je suis vieux et je suis las, Traînant des faiblesses maudites.

Vous, ma mèrel... Sonnez mon glasl Mes espérances interdites Gonmie mes œuvres inédites, Vous les tuez sans coutelas.

Mais oui, je suis encore à naître.

Ma mère, vous la pourriez être; Vous pourriez me donner le jour :

Je serais beau, j'aurais ta flamme; Je serais grand, j'aurais ton àme.

Fais ce prodige, mon amour 1

XK) UTBB 17.

Quand Louis-Philippe, sans pompe, De son faux trône détala, Elle avait bien, en ce temps-là Vingt printemps, si je ne me trompe*

Alors à Durand (Théopompe).

Le sacrement la ficela; Et quinze ans ce ménage alla Plus que mal, si je ne me trompe.

Il s'est passé trois ans depuis I...

Elle est humide comme im puits, Très-crevassée et ravagée.

Je l'épouse gaillardement :

Et des fleurs de son testament, Je rafraîchirai Lalagée.

Je suis à mon gré chez la vieille.

Elle a des airs fort saugrenus Et tient mille propos cornus; Mais sa cuisine est sans pareille.

— Trouvez-vous ces vers bien venus?

Vieille irait-il avec bouteille ? — Sa cave est une autre merveille, Un Institut de noms connus!

Je lui barbouille en couleur bleue Des sonnets sans tète ni queue, Et classiques afireusement.

Elle en raffole. Pour ma gloire, Gela ne vient pas aisément; Mais j'attrape de bons pour-boire.

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