‹ Les odeurs de ParisChapitre 34 sur 71 · LE COMBLE DB LA GLOIBB · texte numérisé non relu

LE COMBLE DB LA GLOIBB

Le coml)le de la gloire, à Paris, c'est l'état où H. Renan était parvenu au commencement de Tan 1866, lorsque l'on attendait son livre sur les Apdtres. n figurait en éventail à l'étalage des photographes, et les journaux le biographiaient perpétueUement, sans rien omettre de sa personne ni de son pot.

Quand les journaux flairent que le public Teut savoir comment un homme a le nez fidt et comment il dîne, cet homme est au comble de la gloire. H pent se dire que personne, — à l'exception des condamnés à moit, — n'est en aussi belle passe de popularité.

Durant plus d'une année, H. Renan a occupé cette situation enviable, mais surtout lorsque son libndre annonçait pour tout à l'heure le fameux Uvre sur les Apôtres. Depuis que le livre a paru, c'est diffiirent Les marchands de photographies ont replié l'éventail, les biographes ont enrayé.

J'espère pourtant que je n'ennuierai pas en reproduisant quelques traits d'une de ces biographies in«

QUELQUB Tisonrs. 37ft

ttee», <qiii m'a para être le chef-d'osurre du gnra et qnelqne chose de tont-à-fait propre à donner une idée du comble de la gloire.

L'auteur est bien renseigné : < J'ai accompagné H. Renan, logeant dans sa maison, mangeant à sa table; je professe la plus vive admiration pour son talent, j'éprouve la plus vive admiration pour sa personne. » Écoutons ce bon témoin^ et secondons ses efibrts pour laisser aux races âitures la vraie figure du grand homme qu'il a aimé.

n nous apprend d'abord que M. Renan, c né en Bretagne est resté Breton; » c'est-à-dire qu'il a tous les traits distinctifs de sa race, a surtout Tentète- 'ment-B :

a Cet entêtement des Bretons est proverbial. Quand .ils adoptent une idée ou une opinion, c'est avec rage. Ils s'y attachent comme un chien de garde aux jambes (tun filou; rien ne peut les en faire démordre. Leur persévérance et leur force de volonté se retrouvent en M. Renan. »

H. Renan est mauvais cavalier, et c'est ce qui pronve la force de son earactère:

c En Syrie je le voyais partir, pionté sur une mule très-vive, pour visiter quelque ruine grecque ou romaine. La bète s'en allait an grand trot, à travers les rochers et les fondrières, par les chemins perdus et les chemins frayés, — tout d un trait. Lui, cependant, qui ne connaît guère Técjuitation, roulait à droite et à çauohe sur k selle, pilait, — comme «n dit, — du potvre.

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frq)pait un peu à tort et à travers, tantôt la croape et tantôt les oreilles; — mais il ne tirait point snr la bride et ne s'arrêtait jamais qu'arrivé. »

Encore qu'il ait dit de si jolies choses sur la terre d'Adonis, M. Renan ne semble pas eu être issu : il a le nez ordinairement rouge, et de temps en temps fleuri:

a M. Renan est petit, un peu^gros, un peu court, et rien dans sa personne, sinon les yeux et la bouche, n'annonce l'exquise distinction de son style. Il a les cheveux longs, collés aux tempes; ses joues et son nez sont ordinairement rouges : cela, je crois, à cause de petits boutons qui y font irruption de temps en temps. 9

De la mise de M. Renan et de ce que vous diriez, le voyant passer :

a Sa mise est simple toujoiurs. M. Renan porte ordinairement une redingote un peu longue, un çilet fermé, une cravate noire, im pantalon de couleur sombre, — et de gros souliers. En le voyant passer dans la rue sans le connaître , vous vous diriez : c Ypilà im homme ordinaire, qui doit être, en outre, un excellent homme. » Et vous ne vous tromperiez que de moitié. »

Le logement de M. Renan est une nouvelle preuve de l'énergie de son àme :

« Si la tenue, le physique, les allures de quelqu'un

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nous peuvent renseigner sur ses mceturs, à phn forte raison la maison qu'il habite et le quartier où elle est située. M. Renan demeure au faubourg Saînt-Ger* main, dans une rue peu fréquentée, presque continuellement vide. On pourrait presque dire de la rue Tanneau, tant elle est triste et morne, ce*que M. Renan lui-même a dit du désert : cette rue est ' monothéiste. Son appartement se trouve au troisième étage d'une bâtisse assez proprette, mais de simple apparence. Tout à l'entour sont de beaux hôtels, dont les propriétaires ont probablement brûlé la Vie de Jésus, comme c'était la mode il y a deux ans. M. Renan est allé se mettre juste au milieu du bûcher qu'on a fait de ses œuvres. »

Une rue monothéiste! En Belgique, on dit : numo^ Mme. Combien monothéiste est mieux I Tie et bonnes mœurs de M. Renan :

c M. Renan a une vie très-régulière. Il se couche de bonne heure habituellement, se lève tôt, — ne fume pas, — et je crois qu'on ne Ta jamais vu au spectacle. Le travail l'absorbe et lui prend tout son temps; aussi ne se promène-t-il guère, et seulement quand il va à l'Institut, les jours de séance, ou chez son éditeur, M. Lévy, ou encore quelquefois dans le monde. L'égalité de son humeur ne se dément jamais. 11 est affable, gai et souriant. »

M* Renan mange bien :

c M. Renan n'est cependant point un homiae qui se nourrisse de l'air du temps, rf pense beaucoup, vit beaucoup et mange beaucoup. Peu lui imj^orte, d'ailleursy ce qu'on Im sert; il n'a que des besoins qu'il sar

918 uvu Ti.

tifftât eoBune il peut, ou nlutàt oon^e m ¥«nL S'il B'a^aît pu ea le boidienr d'AV#ir toojoara près deki qaeiqa'nn pour veiller sur w saoté, il est Inen y»bible que cette fagoD d'«gir lui eût joué qittlqne'vîleiu Wur. n poussait à ce point la négligence, me racontait un jour M. Léi^, fu'on était obligé de coimr après lui, dans la rue, pour reSùre son nœud decia* Taie ou nouer les cordons de ses souliers.»

M. Renan n'ignore jpànA ce qull vaut : *

c Le dédain que lui inspire ce qu'on ^ipelle Tulgaî» rement esprit pratique, éclate dans chacune de ses actions^ et dans enacune de ses paroles. Il se sent séparé de rhomme d'aifiedres, de* l'homme utile, en un mot; de rhomme d'action, par toute la distaince qui existe entre l'idée pure et le mit matériel.

« La conscience de cette supériorité— d'ailleurs évidente — se traduit au dehors par une ironie presque constante, non point insultante et hautaine, mais fine, perçante et corrosîve. »

La conversation de M. Renan est charmante; seule» ment Bridoison ne saurait pas bien dire œ qu'A es pense:

a II est peu de personnes qui causent plus agréablement^ avec plus d'abondance et en meilleur style que M. Renan, et il en est peu, aussi, avec lesquels il soit çlus difficile de causer. Sa pensée ne vons apparaît jamais tout entière et elle semble laisser tovgours, comme derière un voile, quelque vague sous-entendU' U parle doucement, assez lentement, mielleusement, avec un accent qui rappelle, à s'y méprendre, cet organe à part que Je me permettrai dappeler dèrkoL

QUELOUBS TÈHOIHS.

Sa phrase est pleine de réticences^ tt bim 8aa¥ent^

rind il a Toir de traiter nn sujet le plus sé^usonei^ * monde, le sourire qm plisse légèrement ses lè?m vous avertit qu'il pourrait bien se moquer de vous.

c On ne sait trop alors conunent on doit prendre ce qu'il a dit, ni si l'on doit te croire, ni si Ton doit rire. Sa voix ne varie jamais, ne descend point aux notes graves, n'atteint point les iiGt43S aiguAs, maïs veste dans un denû-ton un peu égal, quoique saas nMBOtanie» Rarement, en causant, il rencontre de ces cfiqnetia d'expressions qu'on ap^Ue aujourd'hui des moli. Toujours cqpNendant il est udsîf, malicieux, railleur, et je ne connais guère d'iAonune qui dépense autant d'cspnt dans sa journée. Cet e^rit seutement, an lieti d'éclater en fusée de temps en temps, se répand, emnme une tacbe d'buite, sur toute la oonvenation.»*

Si M. Renan no fiait pas la toilette de sa personne, ilfait du moins avec application celle de ses phrases^ Il conçoit bien ce qu'il veut dire, mais les mots n'arrivent pas aisément :

« n efface, revient, retranche^ remplace des mots, retouche des phrases, les arrondit, recommence- de» pages entières. Je le vis aussi, toujours, corriger le» éjpn'^vtiy de &Qon à foire perdre la tète aux imprimeurs. Il ajoute an moins autant qu'il retranche, et les mots, toujours, lui semblent ne rendre qu'imparfaitement toutes les délicatesses de sa pensée.

€ n aime à considérer tes questions sous toutes leur» faces et sous tous leurs aspects, et il ne les quitte, si je puis m'exprimer ainsi, que lorsqu'il est parv^u à tourner tout autour. Il en voit égatemoit les eâftéa

opposés, et il veut aussi tes montrer au leeteur n

hésite, voit te pour, voit le contre, et flotte «nelque temps irrésolu du contre au pour. La vérité-** û l'a dit

3S0 uviB Ti.

dans ses liyîes — ^lui parait être toiqours dans les nuances; la sagesse consiste à louvoyer entre deux courants contraires. 9

Ne nous en plaignons pas ! — Car :

a Peut-être est-ce là ce qui lui fait trouver tant et de si heureuses expressions. Il est, pour ainsi parler, obligé de fouiller la langue dans tous ses recoins pour y découvrir le mot qui s'applique juste à sa nensée, et de cette recherche incessante naissent mille nnesses de langage, mille tours de phrases ingénieux ou frappants qui donnent à tous ses ouvrages ce charme profond,, cette saveur particulière, cette fluidité, et je dirais presque ce vaporeux qui font que, bon gré mal gré, ^uand on les a une fois ouverts, on est obligé d'suler jusqu'au bout. »

M. Renan est peut-être l'honneur de Saint-Sulpice (ced semble tiré) :

a II parle l'anglais et l'allemand; il possède comme sa langue matemeUe, le grec, le latin et enfin l'hébreu — bien que plusieurs personnes l'aient nié. Au moins dois-je croire qu'il le comprend, l'ayant vu souvent en traduire. Je ne puis m'empècher de remarquer, à ce propos, que ses adversaires ont bien mauvaise grâce à lui contester toute autorité en cette matière. Ce sont eux qui, autrefois, au séminaire, l'ont élevé et enseigné. S'il explique la Bible de travers aujourd'hui, cela prouve tout simplement que ses maîtres l'entendaient eux-mi^mes assez mal. Ils devraient — ne fût-ce que par amour-propre — se féliciter en voyant la supériorité de leur élevé siur les élèves de l'Université. Les livres de M. Renan font, ce me semble, le plus grand honneur à Saint-Sulpice. v

QUBLQUB8 TiMOIKS. .381

M. R«iiaii 96 tient bien dans les églises :

a On se tromperait étrangement aussi, je crois, si l'on supposait M. Renan athée, comme q^udques-uns l!ont dit. L'attitude respectueuse (jue je Im ai vu prendre dans les églises où il entrait m'a toujours fait penser qu'il n'avait point rompu entièrement avec les idées chrétiennes. U m'a paru, d'ailleurs, que ses livres respiraient un sentiment trop vif de l'idéal, pour ju'on pût le regarder comme un matérialiste ou un incrédule. A chaque ligne, ce me semble, y perce la foi à un être supérieur et immatériel, esprit pur et dégagé de toutes choses. Je ne suis pas très-sûr, par exemple, que M. Renan se soit fait ou veuille se faire de cet être une idée bien exacte. R se plait, au contraire, à la conserver un peu confuse, et elle est pour lui comme une suprême et dernière nuance. »

Supériorité de M. Renan sur ses adversaires et divertissement qu'il en tire :

< J'ai eu souvent l'occasion d'entendre M. Renan s'expliquer sur ses adversaires, et fi est impossible de le iiure avec une plus profonde indifférence, une plus grande politesse et un plus hautain mépris. Ce n'est

J>oint qu'il nie leurs qualités ou fasse fi de leur taent, mais il pousse le dédain jusqu'à les louer de leur style — quand ils en ont — ou à rire de leurs

Slaisanteries — quand elles sont drôles. Je ne dis rien e leurs injures, qui ne lui arrachent même pas un mouvement d'épaïues. L'orage qui gronde sans cesse sur sa tète l'égayé au dernier point, et je crois que lorsqu'il veut se délasser un peu de ses travaux et prendre quelque divertissement, il s'amuse à lire ce qu'on a écrit contre lui.' b

d'amusé autant de ses apologistes que de ses adTenaires? Pour moi, j'omve que fsi fraimeiit pris plaisir à lire ee procès-verbal de ses diverses beautés, et j'en multiiplierais de bon cœur les copies. Faites lûeii attontion que je n'y contesta rien, mais rien du tout ! fout au plus, si je me permettais à mon tour une appréciation du génie de M. Eenan^ tout au plus poumis*je troow plqs de rs^peit que le biographe n'ea aperçoit entre les fleurs de son style et les fleurs de son visage.

Saves-Toas ane idée affirenst qoi las «iei^t

Ces complaisances pour le génie et pour le visage, ces intimités, ces il me semble A nombreux, ces racher-

ches acharnées de la nuance, tout dans ce petit travail dénonce un peu plus que Tardeur du disciple, et Ton ne m'ètera pas de Tesprit que la main du maître y a passé.

Ab I bel indifBârent, vous donc aussi, avant de poser devant l'objectif, vous vous donnez un coup de peigne, et vous ne laissez courir que des photographies retouchées !

Et voilà ce que c'est que le comble de la gloire I Hais au premier livre qui reste chez le libraire, il y a tout de suite beaucoup de déchet.

u k£te bit lour.

Le loop de La Fontaiiie, Axiataiit ks aùff/m fffofos do diien WBt col pi^,

Se toage une félicité Qai le fliit pleurer de tendresse.

Je Ms parfois ee rêve au kwp»

Je ne dirai pas qae j'éprouve un noir diagrin de me Toir en guerre contre ceux-ei et ceux-là, et que leur colère me fasse maudire le jour où la plume est venue se placer dans ma num sous eetfee ionne qui les déso- Mige tant. Cependant un autre outil et un autre travail ne me déplairaient point Dans le foihd de Ttene, j'aimerais à louer, pour le seul èhanne de la chose. Je m'y suis essayé qudque&ns, diaipie fois j'y ai pris

381 UYBB m.

plaisir. Rendre une justice douce , encourager des efforts honnêtes et heureux, admirer, quand Foccasion se rencontre, ^"aimable vocation 1 Peu de gens s'y adonnent : c'est de quoi je suis étonné. Je ne parle pas de louer toujours, en homme payé pour cela; il doit y avoir du dégoût, et si ceux qui le font n'en ressentent pas, ils en inspirent ; mais louer de coutume, avec un

grain de sel pour l'assaisonnement et Tutihté

Oui ; et je prendrai cette jolie devise que j'ai lue dans un joli livre du P. Bouhours, excellent modèle en ce genre : une abeille et ces mots : Sponte favos, œgrè spicula, Je miel de gré, le dard à regret. Je détournerai mes yeux des œuvres tristes et bêtes, des gros livres brutaux, des petits livres pervers ; j'éviterai le chemin des aspics pour n'être plus saisi de cette soudaine horreur qui me porte à leur mettre le pied sur la tête ; et de leur côté les aspics m'éviteront, et je vivrai en bonne paix avec ces souples et prudente» créatures, et Ton ne m'appellera plus Tartufe, et Ton dira que j'ai du talent et de la probité.

Et les aspics eux-mêmes et les crapauds eux-mêmes, dit Shakespeare, finiront par siffler cette chanson. Je n'aurais pourtant à faire qu'une petite lâcheté.... Mais je n'aime pas assez la gloire.

J'ai dans mes armoires, peut-être dans mes paniers, certains volumes, certaines lettres qui me permettraient de semer et de faire lever promptement une graine de louanges en des lieux où l'on serait étonné ' de me voir cueillir pareille moisson. L'on croit que

COQUBLKr BT COMPAQlflB. 385

cfest on négoce laborieux : au contraiiel cela Ta tout seul, ûotmani, iomumt, marché oonchi. Je loae ce monsieur qui attaque ma foi, mes supérieurs, mes amis, tout ce que je révère et tout ce que j'aime: c'est ime traite à vue et qui sera payée scrupuleusement; ce monsieur me louera. Nous procéderons très-adroitement; nous nous louerons l'un l'autre sans scandale, réservant nos opinions, les combattant même, mais oélébrant réciproquement nos mérites personnels et particuliers, moi sa ballade, lui mon sonnet, et la candeur égale de nos âmes.

Quel mal y a-t-il à cela? Je le tiens pour un cuistre ignorant, c'est vrail et de plus, je suis sûr, comme de TÎvre, qu'il se trompe à dessein, et que son ignorance, très-réelle sur certains points, est sur d'autres absolument volontaire ; j'en ai la preuve multipliée ; j'ai la preuve que c'est avec résolution et d'une volonté constante qu'il attaque et calomnie la vérité. Mais, aije besoin de le dire, et ne puis-je laisser croire que je le trouve plein de savoir et de convictiom surtout lorsqu'il m'en doit rendre à peu près autant?

Hélas! que j'entrerais bien dans ces raisons I Que je

serais doux, tranquille, heureux, respecté, membre

de la Société des gens de lettres, porté pour la croix

le 15 août prochain, si je n'avais cette iniBrmité de

sentir mes cheveux se dresser au seul aspect de la

bète d'encre et de vouloir, sans délibération, lui

broyer la dent, de peur qu'elle ne morde l'enfant ou

le pauvre qui va passer pieds nusl

Bt, m» frofOMMft de révtet, j« m'enras lan» mèafi j pover^ * «a Mrtalki rifftMMPt fié

Goqnélet n'est pas Prodhaaane; il tievl va rM|p a»p4ri0«r, U • vefu ww éducation pins soignée. Cest c^fndflt <p« est par «(seelknoe rea&nt de la hanle IJn^TBisité, e'est 4 Ini fa'eUe déesne presque tons ses prix d'iumneur. Prodhonme admire Gequelet, et Ga- •qoalet le dédaigna. Prodàonune fait la pattt oaa»maroe; Coquelet est liomme de lattres, poète, artiste, arocat, employé supérienr, hooune politique. Bans la garde nationale, Prodhomme ne dépasse jamais le gtada de eapitaine; Oaquelat ftit aokmet.^

Néanmoins, il existe entre eux des alliances et das affinités, nos d'un Coquelet s'est remplumé en épousant une Pmdhomme. Les PmdhcMnme réussissent très^bien dans f épicerie, la droguerie, la brosserie et la miroiterie. On y trouve de bonnes dots, de quoi les Coquelet sont Mands par dessus tout. Jamais un Coqudet, même poète, ne s'est marié par amour. Las Frudhomme, an contraire, cèdent au s^itimenl, et plus d'un Prudhomme ausri, a épopsé^ par amour et

COQUBLffr BT CdUPÂGNIE. 387

par gloire, une Goquelette paavre. Presque tous en ont souffert, car les Goquelettes sont rêveuses.

Edgar, l'épique, est Pruâhpmme par sa mère, propre tante du vrai et pur Coquelet, prix d'honneur du grand concours de 182..., avocat distingué, député, membre de l'Institut.

La tribu est immense et hante partout. On ne trouve presque point de petit Coquelet. 98 siègent dans les Assemblées, dans les tribunaux, ib ont beaneoup ^académiciens de cinquième catégorie, ib rédigent pinesqu'eschifiivement la Memtê des Beua^Mméks. H y im a de font religieux, et ce sont presque les seuls (atfioliqaes à qui les dignités dviles ne soient pcÉM fermées. Les dignités ecdériastiqoes ne leur sont point fsrmées non plus.

Deux Coquelet, A éloignés qu'ils soient par Yéltû^ oatfam, par la vocation^ pair la situation, se recon* lUBSsent entre mille, an premier mot, et quelque sympathie se manifeste toujours entre eux. Même un Coquelet ecclésiastique se sent une pente pour rm Coquelet iï*aincHmaqon, et ne s'airéte sur la pente que par la vertu de foi qui bride la nature. Ainsi s'explique rextrème diversité de la Rmme des Deux-Monibm, et paorqnoi oetle extrême diversM n^esl pas mna uoae^ certaine figure d'miité. Le type Coquelet ftit riuor^ monie.

UTIB TU.

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