DE QUINTILIEN
Sur U valeur harmonique des Lettres.
\jP UINTIlijen, dans son institution de l'Oraicih, ne te contente pas de xechexcher l'origine et la propriété des lettres de l'alphabet , leurs rapports mutuels , et l'affinité qu'elles ont «ntr'ellcs. 11 fait glus: U ne voûtait, pas seulement former un grammairien , il Youloit encore former un orateur i il examine leur valeur harmoniques. Qu'eût -il fait de plus s'il eût voulu former un poëte r Suivons-le «tans l'examen àc$ lettres , qu'il tait passer successivement en rcvuc,pour nous instruire, dans son excellent ouvrage.
« L'F, dit-il» liv. ii , ch. 10, rend un son qui n'est presque pas d'une voix humaine * ou , pour mieufc dire ; qui n'en est point du tout , puisqu'il se forme uniquement par le moyen de l'air que nous poussons avec violence entre nos dents. Outre que cette lettre , suivie d'une voyelle, perd toute sa force; si elle est suivie d'une consonne,en même-tems qu'elle en rompt le son , elle devient encore plus rude et plus désagréable , comme dans Frangit. »
« L'H est plutôt une aspiration qu'âne lettre. Les L ; v . , , ;
anciens latins ne s'en servoient que très- rarement. c **• *' j
Mais tout- à- coup l'usage *n fut porté à l'excès. » j
La plupart de nos mots se terminent par une M, dont lit. it , ;
« r . . • ch »P. l0 » !
le son fait une espèce de mugissement , qui ne se
trouve point dans la langue grecque , parce qu'elle n'a aucun mot qui finisse par cette lettre^ Au contraire , elle en emploie une (N) , qui a beaucoup d'agrément , et dont le son est fort perçait , sur-tout à la fin , où elle est peu d'usage en latin.
« Que dirois je de nos syllabes qui appuient sur le n>id. B et sur le D , d'une manière si rude , que la plupart des anciens latins , je ne dis pas des plus anciens , mais v des anciens , ont essayé de les adoucir , non-seulement en disant avers* pour adverse , mais , en ajoutant une S à la préposition ab , quoique l'S soit fort dissonnante elle-même.
ce L'X est une des lettres superflues , dont nous uv. r , nous passerions bien si nous ne l'avions été chercher. » p * ** Quintilien ne parle ainsi de l'X qu'à cause de la du* zeté de cette lettre , qui , dit il , demande une aspira* tion qui rend sa prononciation difficile et désagréable.
« L'Y et le X sont deux lettres fort agréables , qui tir. it, surpassent toutes les autres en douceur , et que nous avons coutume d'emprunter d'eux (des Grecs) , toutes les fois que nous nous servons de leurs propres mots. Alors, Je ne sais quelle aménité se répand tout-à-coup
d'il
surnotre discours , comme il paroît dans* les mots de {éphyrs et de \opyrs , qui , écrits en caractères latins , ont une prononciation sourde et barbare j ensorte qu'à la place de ces aimables lettres , il en succède d'autres toutes contraires , que la .langue grecque ne confloit point. »
Cul
EXTRAIT