VE
Î ni: | 4: 27!
Lt Le à { É &
Sp pa Î bai pi {
bris
eut soin de rejoindre les soldats, qui divisés en pelotons, gardaient toutes les issues des montagnes, Arrêté par les avant-postes, il demanda à être conduit devant le comte, On le fit monter à cheval, et on le présenta à Schroffeneck.
‘6 Jo viens, lui dit-il, vous apportèr des nouvelles qui pourront peut-être vous mettre sur les traces de la personne que vous cherchez.
On m'a assuré qu’une dame avec deux enfans et un vieux domestique a paru dans ces montagnes, il y a quelques temps, mais qu'ayant trouvé la contrée trop pauvre et la vallée où logent les charbonniers trop sauvage, elle n’a pas cru pouvoir s’y fixer pour toujours. Et il est certain que cette vallée n'offre point de ressources à une dame née dans l’opulence ; les gens d’ailleurs n’y sont pas heureux et ont à peine de la place pour se loger dans leurs chaumières avec leurs enfans. Vous avez sacs doute entendu parler du dernier malheur qui a frappé ce pays déjà si misérable. Un orage épouvantable a ravagé, l’été deruier, ce vallon dont plusieurs habitans furent réduits à la dernière misère. Je crois donc qu'il serait inutile de continuer des poursuites dans ces montagnes, où rien n’annonce la présence de celle que vous cherchez à découvrir, et que vous devriez tendre vos filets dans la plaine, où vous
trouverez
chez.
ufans monayant ée où le n’a Et il int de ence ; et ont leurs Z SAGS qui a orage vallon a derinutile nonta- » celle us devous verez
trouverez plutôt la comtesse chez quelque
riche fermier.”
Schroffeneck, ébloui par les raisons que l’inconnu venait de lui donner, n’eut point de peine à s’y rendre, et après avoir réfléchi quelques heures, il ordonna à sa troupe de partir, et alla fondre sur la plaine coinme un vautour cruel. Ce départ subit fit murmurer quelques officiers attachés à sa suite ; imais comme on espérait s'emparer de la victime, on se soumit.
Cette bande de forcenés se répandit dans tout le pays situé le long des montagnes ran. çonnant impitoyablement les fermiers, moltraitant les paysans, et les vexant d’une manière horrible. Sous prétexte de chercher une dame quis’était cachée, ils bouleversèrent tout le pays, mais ce fut en pure perte; c’est ce qui les irrita encore davantage, et mit le comble à leur fureur.
Lorsque le meunier apprit que son stratagème avait réussi, il alla trouver Rosalinde, et lui dit de reprendre courage, que toute cette affaire n’aurait aucune suite fâcheuse pour elle et que tout, au contraire, concourait à lui prouver qu'avant peu la contrée, serait purgée des soldats de l’impitoyable Schroffeneck, Rosa- Jinde se tranquillisa uv peu, et remit de plus en plus à Dieu le soin d’amener tout cela à une heureuse fin.
Le
} Ë & Le à —
Le meunier, qui n’avait entendu que le commencement de l’histoire de la comtesse, la pria d'achever de la lui raconter : la dame y consentit, et elle allait se recueillir, lorsqu'elle reçut un message de l'abbé du monastère, qui lui écrivait :
NoBLE COMTESSE,
‘6 Je viens d’apprendre d'une source cer- € taine que Hannon de Schroffeneck, n’agant ‘ puencore, malgré tousles soins, découvrir ‘ Le lieu de votre retraite, se propose de faire ‘ une nouvelle battue dans ces montagnes.
‘$ Pour ne pas vous exposer à être prise, js vous conseille et au besoin vous ordonne de ‘ ne point sortir de votre vallée, jusqu’à ce ‘6 qu'une nouvelle lettre de ma part vous ‘ en instruise, Je crois qu’il serait même ‘6 prudent de ne point vous montrer du ‘ tout dans Ja vallée, ni autour de la mai- “ son que vous habitez. Vous pourriez ‘6 facilement être découverte par quelque ‘ soldat errant sur les hauteurs qui cou- ‘ ronnent la contrée, et le moindre soupçon ‘< pourrait amener une catastrophe. Employons ‘€ tous les moyens que la prudence humaine ‘* peut nous suggérer, et confions-nous ensuite “ dans
om pria "Oti= je i lui
cerayant uvrir faire \gNeSe 5e, }° e de ’à ce vous même er du maiburrieZ uelque i coUpupçon loyons umaine ensuite “ dans
dans la Providence, qui ne nous manquera ‘4 pas. Jamais les secours du Très-Haut ne sont plus près de nous, que quand tout paraît désespéré du côté des hommes : c’est que Dieu veut nous prouver que lui seul peut “ nous sauver, en vérifiant ce qu'a dit le Roi-
# Prophète dans le psaume 126: Sile Sei-
gneur ne garde la cité, c’est en vain que songe à la défendre celui qui est préposé à la garder.” Encore quelques jours d'épreuves, et le calme reparaîtra. ‘Toute ma famille prie pour votre conservation, et celui qui a déjà fait tout pour vous se laissera fléchir Adieu, noble comtesse ; du courage, de la “6 résignation et de la patience.
‘ Le frère HiLAIRE.”
Au monastère du Saint-Sauveur.
Cette lettre arracha des larmes à Rosalinde : Ja pauvre dame s’imaginait déjà voir les soldats de Schroffeneck envahir la vallée pour fouiller les habitations, et en arracher les paisibles charbonniers, les forçant à déclarer le lieu de sa retraite. Le meunier chercha à la tranquilliser, et fut puissamment secondé par Île vieux Cunon, qui était survenu. Ce digne serviteur la rassura pleinement, et lui dit qu’elle
qu'elle avait tort de ‘’ilarmer ainai, puisque rien ne prouvait qu'elle serait découverte. 11 ajouta qu'il avait un secret pressentiment que {| tout cela finirait au contraire bientôt à son Hu avantage, ET 1e Rosalinde, un peu rassurée, se remit de sa 1, frayeur, et appela ses enfans qui furent la dis : traire de sa mélancolie par leurs caresses. Le meunier revint à la charse, et la pressa de nouveau de lui raconter la suite de son histoire. Rosaliade renvoya ses enfans, et, reprenant le fil de son histoire, elle dit : |
RE CHAPITRE VIiIlL.
Un œuf qui est enchàssé dans l'or et les perles,
‘6 La préference que j'avais accordée à Ar no Hannon alluma dans l’âme du dernier une haine mortelle contre moi et contre mon époux. Cependant il dissimula son ressentiment ; il craignit d’éclater ouvertement. Une guerre s’alluma, et mon Arno fut obligé de prendre les armes et de suivre l’empereur. Hanuon lui même devait faire la campagne, mais il trouva des prétextes, ne hâta point ses préparatifs, resta dans son château en promettant de rejoinüre l’armée dès qu’il le pourrait. Pendant
Pendant que mon époux avec ses gens exposait ses jours en combattant contre l’ennemni aox frontières de la patrie, le perfide Hannon fit une irruption sur les terres de nos domaines. Personnes n’était là pour s’opposer à ses ravages. Il porta la désolation dans toute la’ contrée, prit et ravagea tous les châteaux l'un après l’autre. Il ne me restait d’autre moyen de salut qu’une prompte fuite avec mes deux enfans. Mon bon vieux Cunon ne m’abondonna point dans cette triste situation ; il devint mon auge gardien dans cette fuite périlleuse où J'étais exposée à tout moment à tomber entre les mains de mon cruel ennemi ou de ses satellites. C’est à lui que je dois le bonheur
d'être venue dans cette vallée, où j'ai passé des
jours si heureux au sein de la solitude : c’est à vos soins et à votre générosité, cher Oswald, que Je suis redavable du reste. J’espérais y rester jusqu’au retour de mon époux, qui saura reprendre nos biens à leur détenteur inique.
Vous savez que Cunon s’éloignait de temps en temps de cette vallée pour aller s’informer dans les villes de la situation des choses, et surtout du theâtre de la guerre : mais il est sans cesse revenu avec des nouvelles désolantes ; car Hsunon continuait à usurper notre autorité et à fouler aux pieds nos droits, à disposer de nos biens, et à les aliéner l’un après l’autre ; la
guerre
guerre était toujours fort animée aux frontières, et la victoire penchait tantôt d'un côté, tantôt de l’autre, Voici bien long-temps que Cunon ne va plus à la ville pour savoir des nouvelles, car il y a près d’un an qu’il est malade, et depuis cette époque je n’ai plus rien appris de ma patrie ni de mou époux bien aimé. Ah! peutêtre a-t-il depuis long-temps été moissonné par le fer de l'ennemi ! Peut-être Hannon, qui est si près de nous avec ses gens, a-t-il découvert ma retraite! Et alors quel sera mon sort ? quel sera le sort de mes enfans ? La mort devrait briser les liens qui n’attachent à cette vie ; oui, je préférerais mille fois mourir que de devenir la proie de cet homme-là.
‘+ Oh ! s’écria-t-elle en poussant un profond soupir, mon cher Oswald, ne m’abandonnez pas ; parlez aux charbonniers afin qu’ils ne me trahissent pas, si toutefois les soldats de Schroffeneck revenaient ici.—Comment malame, dit le meunier avec vivacité, vous trahir ! Je vous réponds de tous les habitans de la vallée ; chacun d’entre eux est disposé à donner sa vie pour vous; et, avant que le vil Schroffeneck touche à un cheveu de votre tête, il aura affaire à nous tous ; nous lui ferons voir qu’on ne nous insulte pas impunément. Ainsi, n’ayez aucune inquiétude, madame.??
Le meunier fit la commission auprès des charbonniers
charbouniers : ils protestèrent unanimement dé
rh leur dévoñment à la noble dame. * Qu'il se
ot présente, s'écrièrent-ils, ce brigand, nousleree
4 cévrons comme il faut ! Nos pelles vaudront | 8 bien les épées de ses soldats: vous l'éconduis |: le- rons de la vallée avec tous Les houneurs qui lui l sont dus.” 3 2 j:
ut- Depuis ce moment la bonne dame n’eut plus ml fs un.instant de tranquillité : son existence était + est empoisonnée par une inquiétude; continuélle, { ert Elle osuit à peine sortir de la maison, et ne per- À uel mettait plus à ses enfaus d'aller jouer sur le ga+ (1 | rate zou vert. ;, Ses jours se passaient dans. les an- fil | dé goisses.. Cependant tout redevenait tranquille | La dans les montagnes, et on n’enteudait.plus pare Kb
ler d'hommes armé: : le meunier apprit mème que Schroffeneck s'était éloigné et avait quitté le pays., Cette nouvelle redouna du courage à la dame, qui sortit de chez elle pour'faire un jour une petite promenade. Des pluies continueltes étaient tombées pendant plusieurs. .semaines, lorsque tout.à-coup le soleil se montra ét rauima tout. A une :pétite distance de.sa maison, les habitans de la vallée avaient constroit uné chapelle, devant laquelle ilsi, asseinblaieut quelquefois pour prier Diem Cette chapelle v'était pas bien. élégante : quelques planches de sapin, peintes d'un manière fort simple, et un tableau représentant là fuite de
la
là sainte Famille en Egypte, en faisaient tout lornermeut. Ce tableau avait été acheté autrefois par Cunon ét placé dans le petit édifice par Rosalinde, qui trouvait quelques consolntions en se rappelant la fuite de la sainte Vierge avec l’enfant Jésus. Derrière la chapelle s’é: levait un groupe de rochers taillé comme un mur, quelques sapins croissaient sur le petit plateau à l’entrée du petit bâtiment + tout das ect en: droit respirait quelque chose de mélancolique et de religieux, et provoauait dans l’âme des sentimens indefinissables. On s’y rendait avec un plaisir secret, et on ne le quittait qu’à regret. On y goûtait le charme de cette vraie piété, source de tant de consolations pour l’homme qui succombe sous le poids de l’adversité. Le chemin qui y conduisait préparait l'âme à recevoir de douces impressions ; il longeait une chaîne de rochers couverts d'arbustes, et très: pittoresque. C'était la promenade favorite de Rosälinde, En sy rendant élle n’était pas gans inquiétude.
Arrivée dans ce lieu solitaire, elle's’agenouilla avec ses deux enfans sur un bloc de ‘chêne qui servait de prie-dien à entrée de la chapelle. Ælle fut touchiée jusqu'aux lârmes, eu portant ses regards sur ce tableau, ét en comparanit ‘son 'sort avec celui de l'auguste mère de Jésus-Christ, reduité antrefois à érrer sur le
out auifice sotaerge s’é< nur, iteau t etie tte et s sen ec un egret.
omme Le réceune trèste de it pas
nouil- ‘chêne a char es, eù Coinmère er sur le
le sol étranger, et obligée de se cacher pour échapper aux poursuites de l’infâme Hérode, qui eu voulait aux jours du Fils de Dieu. Elle pria quelque temps, et s’assit ensuite, lizrée à
de pénibles réflexions.
Ses enfans étaient sor-
tis, et s’amusaient à cueillir des mûies sauvages le long des buissons, s’extasiant à tout moment de voir que chaque mûre formait comme une petite grappe de raisin noir et brillant. Cette occupation enfantine les éloisna peu à peu de la chapell+, K Là, assise à l'entrée de ce petit sanctuaire, Rosalinde éleva son âme vers le Dieu de toute miséricorde. Coinme autrefois la pieuse Mo nique, témoin des désordres de son fils Auguse tin, fatiguait le ciel par ses gémissemens etses prières, en le conjurant de Jui rendre ce fils chéri, de même la tendre épouse d’Arno priait le Seigneur de lui rendre son époux. La douleur qu’elle ressentait dans ce moment, l’abattement joint au chagrin qu’elle éprouvait, provoqua le sommeil: Rosalinde s’endorinit, et
eut un songe délicieux.
Îl iui seinblait voir à ses pieds un chevalier revêtu d’armes brillantes qui iui remit, de la part de son époux, un auneau magaifique avec une lettre dans laquelle le chevalier lui exposait ses aventures à la guerre et les dan-
gers qu’il avait courus.
Ïl sollicitait ses bontés
LA
Zoo
Æ le
ur
> 0 — Lu Œ
+ a su
tés pour pelui qui lui-présenterait cette. missive, et Jui annonçait que sous peu il serait | dans ses bras. Pendant que J'imsgination de Rosalinde se berçait de ces douces illusions, elle crut voir le ciel entr ouvert, et un vénérablé vieillard s’avancer vers elle et la saluer de Ja manière la plus-amicale, Ce vieillard était vêtu d’une magnifique tunique de pourpre pérsemée de fleurs d’or. Sa tête était ceinte de l’auréole des saints; sa figure grave, majestueüse et douce à la fois, charmait tous ceux qui la voyaient ; ses yeux brillaient pe des rubis, et ses regards pleins de bonté, voquaient dans | ‘âme des sentimens indicibles. D’ une main il tenait une couronne, et de l’autre üné palme qu'il présenta à Rosalinde en.
lui disant : ‘ Honneur à la femme forte ! honneur à l’héroine de la patience, qui a snpporté yec tant de résignation les épreuves que l’arbitre suprême des destinées des mortels lui a envoyées ! maintenant ses ennemis sont con< fondué ; l'adrérsité ne Venteloppera plos de son voile funébre ; le génie des perséculiôns est enchaîué, la patience a triomphé. Honneur el gloire à la femme forte !” | Pendant que les anges sépétaient sur des je d'or ce que le vieillard Venait. de dire, asalinde, tout éblouie du ma pi ique spectade La se développait devant elle, vit un jeune éras
‘0. D : Gif Ter dc ÿel