‹ Les œufs de Pâques [microforme]Chapitre 9 sur 17 · CG · texte numérisé non relu

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—Non, disait la petite: sœur de Marthe, la plus Jeune des enfans de la bande joyeuse, ce ne sont pas les poules qui font de si beaux œufs, je crois; moi, que £’est le lièvre que: j'ai vu tout-à-l’heure se sauver à toutes jambes de dessous le. genévrier,: lorsque j’y plaçai mon nid.” Et tousles enfans partirent d'un giand éclat de rire,et dirent en plaisantant : Ce lièvre pond les œufs rouges.” Cétte plaisante rie s’est conservée Jusqu’à-nos jours dans’ certaines contrées de l’Allensagne, oùles enfans' :

répètent encore que c’est le lièvre qui pond les

œufs.le jour de Pâques. . | La dame jouissait en secret du' bonheur de ces bons enfans: ‘ Qu'il est facile, dit-elle, de faire. plaisir aux hommes, puisque l’Ecrituré sainte nous. apprend qu’il est plus doux de donner que de recevoir ! Qu'on aimerait encore être à cet: âge heureux! Mais cettë joie naite et pure ne: peut être le partage que de personnes qui ont conservé leur cœur intact et pur de toute souillures Ce n’est que pour elle qu’existe la véritable juie de l’enfance, cette es+ pèce d’âge d’or, que le pêché fait évanouir.

Ah ! Dieu, couservez en nous la pureté, le plus bel ornement du chrétien !” Mais la dame ne barnait pas encore à cela: ses attections. Tel autre, qui n'en avait que des rouges où des jaunes, aurait voulu en avoir un d’une couleur différente,

différente. La dameleur dit alors d'échanger entre eux les œufs, et de:cette manière chacun obtint ce, qu’il désirait ; le seul, œuf sur lequel était inscrite Ja devise. ne devait pas sortir de leurs mains, . La joie. fut alors à son comble. 6 Eh bien ! mes chers enfans, leur dit-elle,

vous. voilà tous contens ; c’est pour vous ap-

prendre -à vous. entr’aider les uus les autres dans le besoin : ce que vous venez de faire à

l'égard des œufs, vous pourrez le faire plus :

tard daus mille occasions, Dieu a départi à chaque homme des dons qu'il peut communiquer à d'autres, opérer le bien et provoquer par là les cœurs à la reconnaissance et à Pamour. : Plût à Dieu que dans le commerce tous

les échanges fussent comme celui de vos œufs,

que les. deux parties fussent contentes, que chacune y gagnât ! de cette manière il n ?y aurait pas contestatiqns ni surtout d’injustices.”? Le petit Edmonl;lut sa devise devant sa mère.

Un petit charbonnier lut desmême la sienne, et :

la. trouva bien. . Une des devises qui les frappa le plus, fut la suivante :

ends grâces au Seigneur de la nourriture qwilte donne.

La dame demanda aux enfans s'ils avaient toujours fait cela. Ces enfans se rappelaieut de n’avoir pas encore adressé à Dieu leurs remerciemens du petit repas et des beaux œufs, et

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ils so mirent:tout de suite à faire leur prière dactions de grâces. | {a |

La prière étant terminée, les autres ‘enfans quine Savaiént pas lire désiraient connaître la devise écrite sur, leurs œufs : ils entourétent la dame-en lui présentant leurs œufs.et la

‘priant de'les satisfaire: * Prenez d'abord le

mien, criait l’un.—Non,le mien criaît l’autre. Et le mien donc,” disait un troisième.

Pour les contenter, la dame les fit ranger en cercle aütour d'elle, et prit les œufs les uns après les aûtres ; les enfans écoutaient en silence, sans perdre un mot: ces maximes étaient:

io Servir Dieu, c'est régner, c’est faire dela vié

Un chemin vers le ciel, notre aimable patrie.

20 Offrir à Dieu la fleur de sa tendre jeunésse, C’est attirer sur soi le don de la sagesse.

Bo Rien de si grand que Dieu, rien de si beau que lui: Qu'il soit votre trésor, vôtre plus ferme appui.

40 Enfant, dont l’âme est innocente et pure, De tout péché rédoutez la souillure.

On a substitué les maximes suivantesà celles de

. l’autéur allemand ; ce:sont les mêmes quant au fond.

50 Tendre Pasteur, aimable Père, .

C'est en vous seul que notre cœur:espère.:

8o Le sort du juste est un bien désirable, Sa joie est pure, et sa paix véritable. : :

70 Heureuse, d mon Dieu, la jeunesse :.. Quise consacre à louer ta sagesse.

80° Vive Jésus, notre chère espérance, Dans

D mm

Dans son amour soyons pleins d'espérance, 90 Heureux celui qui, vivant de 4 foi, :

Aime son Dieu et médite sa loi. Ont 100: Nous prometfons, Seigneur; de respecter vos'lois, D'imiter vos vertus, de suivre votre voix. 110 Comme une fleur quise flétrit,. .

Ainsi bientôt l’homme périt.

120 Que le SEA A” est bon, que son joug est aimable?

Les biens | : rable. | :

130 Aux petits des oiseaux Dieu donne leur pâture,

Et sa bonté s'étend sur toute la nature,

8 plus charmans n’ont rien. de compa-

‘140 0 douce paix !:

Heuteux le.cœur qui. ne te perd jamais.

150 Vous garderez, Seignenr, ceux qui vous aimeront $

. Dans le.ciel à jamais ils vous posséderont.

‘160 Que surtoul l’indigent trouve: en toi son appui,

Partage tes habits et ton pain avec lui.

170 Reçois entre tes. bras l’orphelin qui.t’implore, … Riche, donne beaucoup, et pauvre donne encore. 180 Lépauvre et l'étranger, le ciel me les envoie. Et mes maivs avec eux partagent avec joie.

.190 Le temps fuit, la mort vient, l’éternité suivra :

La couronne est promise à qui triomphera, 200 O doux Sauveur! à Père le plus tendre?

Daignez, sur moi, votre grâce répandre. 210 Dans les bras de Jésus jetons-nous aujourd’hui ; C’est pour nous qu’il est mort ; vivons au moins pour lui.

220 Bienheureux est, Seigneur, qui marche à ta lumière, GE " oE Et qui, dans l’innocence, achève sa carrière. 230 O chrétiens dont la foi fait la plus pure gloire,

Chantons Jésus, chantons,: célébrons sa victoire.

240 Fais-moi connaître, d Dieu, le moyen de te plaire; Tout grand que cela soit, je promets dele faire.

250 Quoi ! je pourrais, Seigneur, te méeonnaître un jour ! Ah!

d’hui ; moins

ta lu-

re,

ictoire.

plaire; aire.

tre un

Ah!

Ah ! plutôt expirer, qu’abjurer ton amouf. 260 On croit toujours toucher au vrai bonheur ; Dieu seul pourtant peut remplir notre cœur.

270 Je me jette en tés bras, d Marie, tendre mère : Est-on jamais trompé, lorsqu’en toi !’on espère. 280 De toi, mon Dieu, le père le plus tendre, De toi je veux sans cesse tout attendre.

290 L'homme a dans ses devoirs l’objet de tous ses VŒUX, Plus il leur est fidèle, plus il se voit heureux, 300 Heureux l'enfant à vous suivre fidèle, Et qui vous prend, à Jésus, pour modèle !

Chaque enfant s’était appliqué à. saisir sa maxime, et la répéta tout bas afin de ne point l’oublier. La dame, de retour devant le premier enfant, demanda s’il savait encore. sa devise. L'un ou l’autre était un peu embarrassé pour la réciter, et la dame y suppléaen aidant leur mémoire ; mais après quelques efforts ils parvinrent tous à les bien retenir ; quelquesuns apprirent même les devises des:autres, et avant de se séparer, la plupart d’entre eux avaient appris toutes les devises. . Ta

Les pères et mères qui revenaient de l’église entendirent au fond de la vallée les cris de-joie de leurs enfans, et ne sachant à quoi les attribuer, ils se rendirentauprès de la dame pour s’informer dela cause de cette allégresse : ils

furent fort surpris en entendant les.petits réci-

ter les belles maximes qu’ils avaient retenues. | ‘6 Oui,

+6 Oui, dit l’un d’entre eux, nous aurions beaucoup de mal à leur apprendre en,six mois ce qu’ils ont appris ici dans une demi-heure, tant il'est vrai de dire que le plaisir abrége la besogne, et vient à bout de toutes les difficultés. —(Certainement, répondit le meunier, mais il faut encore trouver le moyen d’intéresser les enfans, c’est là toute l'affaire. Voilà une instruction acquise avec promptitude. Ces maximes contiennent des précéptes et des pensées de la plus grande utilité. Que cette dame possède bien le talent de savoir captiver l’attention des enfans !” |

Powr terminer la journée, la dame distribua aux plus grands ce qui lui était resté des œufs rouges et du gâteau, et leur dit : * Vous pourrez manger chez vous en famnille tous les œufs ; mais vous Conserverez comme un souvenir de la solennité de Pâques ceux qui portent une devise.—Jamais nous w’y toucherons, répondireut ces bons cnfans : nous les garderons toujours, car la devise est bien plus précieuse que l’œuf.—Cest bien cela, dit la dame ; mais il faut observer ce qu’elle vous enseïgne.—Oui, oui, répondirent-ils unanimement, nous y serons fidèles, noùs mettrons en pratique ces belles leçons.” Elle recommanda ensuite aux parens de saisir les maximes : les parens ne négligèrent point cet avis, et en recueñlirent de grands avantages.

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s ce tant be- Ités.

is -il les ins- Axie nsées ».pOosatten-

ribua œufs pourœufs ; nir de t une Jondis toue que ais il —Oui, y sele ces e aux ne néent de

(65) Heureux l'enfant à vous suivre fidèle !

l'enfant répondait aussitôt :

Et qui vous prend, 0 Jésus pour modèle,

Les enfans répétaient souvent que jamais ils n’avaïent passé de fête plus agréable. ‘ Alors. leur dit la dame, suivez exactement ce que vous recommandent vos maximes, et je vous promets de vous procurer tous les ans le même plaisir. Mais ceux qui sont méchans et deso- -béissans n’y prendront aucune part, car la fête .ve sera que pour les enfans sages. et vertueux.” Et les enfans de la vallée rivalisérent de zèle pour se rendre de plus en plus -dignes de. la dame. Îls devinrent de jour eu jour plus sages.

QE mime 2 2 naar cacao en ane non mmenee commen rnnrnner nee rare ae mao UT | CHAPITRE VI Quelques œufs valent mieux que de Por.

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Parmi les personnes qoi avaient assisté À la fête que la dame avait donnée aux enfans dela vallée, s’était trouvé un jeune étranger attiré ‘par les acclamations, mais qui parut tout triste au milieu de l'élan universel. Ce jeune homme pouvait avoir seize'ans. Ses habits ‘n’annone caient pas l’aisance, mais ôn remarquait en lui un maintien noble, des manières aisées ; sa figure gracieuse brillait de santé : de beaux cheveux blonds tombaïent en longues boucles sur ses épaules ; il tenait à la main un bâton, et paraissait être fatigué du voyage qu’il avait fait.

Lorsque la plupart des habitans se furent retirés, la dame l’aborda d’un air de compassion; et lui demanda pourquoi il était si triste. ‘ J’ai bien sujet de l'être, lui répondit-il en versant des larmes ; il y a trois semaines que j’ai perdu mon père, qui était tailleur de pierres, et qui ne

éà la s dela ‘attiré triste mme none en Jui Sa fiche.

es sur n, et avait

nt re- SION ; 6 J’ai rsant erdu qui ne

ne nous a point laissé de fortune. ; Ma mère est fort embarça:gée pour pourvoir aux, besoins de sa famille, car j'ai encore:unpetit frères et une

.Petite.:sœur bien plus j jeunes que.moi et inca-

pables de-gagner leur existence. Le. frère de

feu mon père.a. la charité de.m’offrir un asile -6hez:lui pour m'apprendre.le métier de. mon

père, qu’il exerce aussi lui-même, afin de me

mettre. en. état de, me tirer. un Jour d’affaires

dans le monde, et de venir «ensuite au secours de ma mère. Je me rends dans ce moment chez lui. Voilà vingt. lieues, que, Je viens de faire, et il m’en reste encore à peu près autant, -Car mou oncle demeuré $urPautre versant de ces montügnes. Mais je ne regrette point la

‘fatigue, pourvu que je sois bien accueilli et

bientôt à même d'être utile à ma pauvre mère; LES e ‘La dame fat eirhineent touchée en entendant ce récit dû j jeune : ‘homme ; le sort, de la -pauvre veuve, qui offrait quelques traits de ressemblance avec le sien, fit une vive impression sur elle. -Elle fit entrer léjeune voyageur, et Juidonna à souper du lait, des: œufs ét du gâ- teau, et y ajouta quelques pièces: d'argent pour faire du bien à sa mère.: :Edmond:et Blande ne:furent pas moins sepsibles au:sart de le pau- -vre famille.‘ Tiens, dit :Blande, prends cet œuf rouge, ‘et porte-le à ta petite sœur de ma part

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part, ta la saluéras bien.—Et cet œuf bleu, tu le donñeras de ma part ton frère, ‘et dis-lui -de venir nous'roir iei, nous aurons toujeurs de la soupe au laitet du gâteau à tuf offrir, di. ‘sait À'son tour Edmond. La dame:souriait en voyant la générosité et le bon cœur de'ses :enfans. Et moi aussi, lui dit-elle, je vais'te donner un œuf pour ta mère : la devise | qu’ ’il porte “contient la meilteure consolation 4 ’on puisse apporter à une femme mialheurense :

Dans le besoin mets en Dieu ta £ohfancs : RARE . 4 Hte Procurera secours et assistance. Al

Et cet œuflai fera plaisir : : bien. plus, - si elle suit cette maxime, je lui aurai fait te: présent le ‘plus précieux. Le j jeune homme remercia la dame et les enfans; maïs comme la nuit approchait, le meunier le‘retint chez lui. Le lendemain matin, dès qus ie soleil eut blanchi :l’orient, Fridolin, c'était.le nom dû jeune homme, continua sa route,:emportint dans sa: gibecière du pain d’avoine et du fromage de chèvre.

Le chemin que Fridolin:avait pris étaititrèspénible à travers les’ rochers, Les montagnes, les vallées: ; mais le jeune homme le poursuivit avec coùûrage, et vers le soir ‘du troisième jour, il n'était:plus éloigné qu’à quelques lieues de l'endroit habitéipar son oncle. Grand Dieu ! qu'est-ce que cela? Pendant qu’il suivait uu sentier

eu, tu dis-lui rs de 37: diait en 6 :ene donporte puisse

si «elle résent rcia la approlende-

mme,

ecière

htrèsigries, ursuisième lieues Dieu !

jt uu entier

sentier étroit, le long d'un banc de rochers escarpés, il aperçut, en portant ses regards vers un précipice qui s’étendait sous ses pieds, un

beau cheval sellé et bridé : sa housse était d’un |

rouge-pourpre, et la bride paraissait être d’or. Le cheval leva la: tête; et se mit à hennir,

comme. pour témoigner son contentement de

voir un-homme. Ç Est-il possible ? dit Fridolin, Comment ce Joli cheval est-il venu dans cet affreux pré-

cipice ? Selon toutes les apparences, il appar-

tient, à quelque noble chevalier.’ Je crains qwil ne: soit arrivé quelque malheur à son maître ; car uu cheval sellé, sans cavalier, au

fond d’un. pareil abîme, annonce toëjours

quelque: malheur. J'ai peur-de ne ‘pas me trompes: dans: me. iniectures.! Il-faut que je m’assure: de la :chos .”” Il s’efforça pendant longtemps et: toujours en vain de descendre dans ce précipice ; et quoiqu'il fût habitué à

gravir les montagnes, il ne put presque pas y

réussir. : Bufiniltrouva un petit sentier que les eaux avaient. creusé entre les rochers, et qui était alors desséché ; il descendit donc. 1l découvrit ua homme couché sous un rocher

saillant,, et dont l'habillement et l’aititude an-

nonçaient une origine noble. Son casque, surmoûté d’un panache brillant, était placé à sun côté ;: sa: lance était près de là. ‘l’homme

ON était

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sert;

était d’une pâleur :extrème,. ce qui inquiéta

Fridolin, ne. sachant s’il: dormait ou s’il était : mort. . {l: s’approcha doñc de lui, lui prit dou: :

cement la main, et: lui dit : 4% Que vous estxil arrivé, mon cher monsieur ? ” Le chevalier,

surpris d'entendre une voix: humainé, ouvrit les yeux, Considéra: le jeune homme, soupira:: en essayant de parler; maisil ne lui:fut pas pos: :

sible de. proférér un seul mot. Alors'ilk moutra

à Fridolin. le casque, et portant :la: main à la. bouche, il lui fitentendre qu’il avait soif. Le: jeune homime.comprit'ce: signe, prit le:casque, et fit.des “écherehes pour: trouver de l’eau quelque. parts. Quelques : vieux. saules, qui croissaient liée au fond du précipice lui annoncèrent le voisinage de l’eau. Il se dirigea donc de ce côté-là; etsttrouvant la terre-hamide, il écarta des mäins les ronces.et: les buissons, : et découvrit:bientôt une petite source, qui jaile lissait: àtravers!la: mousse: de dessous un ro: :

cher : il. remplit: alors le casque, et retourna

content; vers linconno.: Celuisci but à diffé: : rentes reprises, et. dans. moins d’un quart.

d'heure il fut: à même de parler.

‘6 Dieu: soit béni! ”? ce furent les premières paroles qu'il prononça.… ** Et'toi aussi,. je te

remercie, brave: jeune homme, dit-il, d’une voix faible et laiguissunte, et appuyant sa tête

sur le Créus de'sa main droite; Dieut’a envoyé

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était dou: :

est#il alier,

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voyé ici dans ce moment pénible pour m’empêcher de succomber à une mort affreuse.

Mais je meurs de faim ; n’aurais-tu pas un morceau de pain à me donner ?

—Je suis au désespoir, monsieur, lui répondit Fridolin, de s’avoir pu prévoir cela : je viens de manger, il y a quelques instans, le pain et le fromage qui me restaient encore, Cependant j'ai de quoi vous satisfaire, j’ai en core des œufs : ils offrent une nourriture saine et fortifiante. ? Ensuite il s’assit à côté du chevalier, sur la terre que couvrait une mousse épaisse, ouvrit sa gibecière, en tira les œufs cassa la coque du premier, le coupa par petites tranches avec le couteau qu’il portait sur lui, et en préseata un morceau après l’autre à l'in. connu. Celui-ci mangea avec appétit, puis il but, et mangea encore.

Le second œuf fut de même coupé et mangé.

Fridolin, si heureux d’avoir préservé de la mort un infortuné voyageur, allait encore préparer le troisième, maïs le chevalier l’en em« pêcha. ‘° C’est assez pour le moment. Après avor été privé de nourriture pendant quelque temps, il ne faut point se rassasier sur-lechamp : Jamais de ma yie je n'ai mangé de meilleur appetit ; je me suis régalé comme à la table d’un souverain. Mes forces me reviennent, dit-il en se redressant ; situ n’étais

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