‹ Les œuvres, augmentées d'un grand nombre de ses compositions nouvelles par ci-devant non impriméesChapitre 331 sur 355 · Mais · texte numérisé non relu

Mais

. Et mon esprit se trouble Grandement et au double, En extresme soucy.

0 Seigneur plein de grâce, Jusques à quand sera-ce Que me lairras ainsi?

Hélas, Sire, retourne, D'en tour de moy destourne Ce merVeilleux esmoy!

Certes grande est ma faulte, Mais, par ta bonté haulte, De mourir garde-moy.

Car en la mort cruelle Il n'est de toy nouvelle Mémoire ne renom.

Qui penses-tu qui die, Qui loue et psalmodie En la fosse ton nom!

Toute nuict tant travaille Que lict, chalict et paille, En pleurs je fais noyer ; Et en eau goutte à goutte S'en va ma couche toute.

Par si fort larmoyer.

Mon œil pleurant sans cesse De despit et destresse.

En un grand trouble est mis; Il est envieilly d'ire

De veoir entour moy rire Mes plus grans ennemis.

Sus, sus, arrière, iniques, Deslogez, tyranniques, De moy tous à la foys; Car le Dieu débonnaire De ma plaincte ordinaire A bien ouy la voix.

Le Seigneur en arrière IN'a point mis ma prière, Exaulcé m'a des deux; Receu a ma demande.

Et ce que luy demande Accordé m'a et mieulx.

Doncques honteux deviennent.

Et pour vaincuz se tiennent Mes adversaires tous; Que chascun d'eulx s'esloigne.

Subit, en grand vergoingne, Puis que Dieu m'est si doulx!

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