Pourtant
Et ne falloit, sire, tant seulement
Qu'effacer Jan et escrire Clément.
Or en est Jan par son trespas hors mis ,
Et puis Clément par son malheur obmis.
C'est bien malheur, ou trop grand oubliance;
Car quand à moy, j'ay ferme confiance,
Que vostre dire est ung divin oracle.
Où nul vivant n'oseroit mettre obstacle.
Telle tousjours a esté la parolle
Des roys, de qui le bruict aux astres voile.
Je quiers sans plus, roy de los éternel, Estre héritier du seul bien paternel; Seul bien je dy, d'autre n'en eust mon père, Ains s'en tenoit si content et prospère Qu'autre oraison ne faisoit icelluy Fors que peussiez vivre par dessus luy : * Car, vous vivant, tousjours se sentoit riche, Et, vous mourant, sa terre estoit en frische.
Si est-il mort ainsi qu'il demandoit.
Et me souvient, quand la mort attendoit. Qu'il me disoit, en me tenant la dextre :
(( Filz, puisque Dieu t'a faict la grâce d' estre Vray héritier de mon peu de sçavoir, Quiers en le bien qu'on m'en a faict avoir. Tu congnois comme user en est décent:
C'est ung sçavoir tant pur et innocent Qu'on n'en sçauroit à créature nuyre.
Par preschements le peuple on peult séduire , Par marchander,^ tromper on le peult bien, Par playderie, on peult menger son bien,