Par le commerce
Par médecine, on peult l'homme tuer; Mais ton bel art ne peut telz coups ruer, Ains en sçauras meilleur ouvrage tistre.' Tu en pourras dicter Lay ou Epistre, Et puis la faire à tes amys tenir, Pour en l'amour d'iceulx t' entretenir.
(( Tu en pourras traduire les volumes Jadis escriptz par les divines plumes Des vieux Latins, dont tant est mention.
(( Après tu peulx de ton invention Faire quelque œuvre pour jecter en lumière, - Dedans lequel, en la feuille première.
Dois invocquer le nom du Tout- Puissant. Puis descriras le bruit resplendissant De quelque roy, ou prince, dont le nom Rendra ton œuvre immortel de renom , Qui te sera, peult estre, si bon heur,^ Que le proffît sera joinct à l'honneur.
« Donc pour ce faire, il fauldroit que tu prinsses Le droict chemin du service des princes, Mesme du Roy qui chérit et practique.
Par son hault sens, ce noble art poétique. Va donc à luy, car ma fin est présente , Et de ton faict quelque œuvre lui présente; Le suppliant que, par sa grand doulceur. De mon estât te fasse successeur.
Que pleures-tu? Puis que l'aage me presse, Gesse ton pleur et va où je t'addresse. »
Ainsi disoit le bon vieillard mourant.
i. Tisser.