PIERRE QUILLARD
Mais le plus inattendu de ces témoignages n'était-il pas celui de la Libre Parole, journal catholique et anti-sémite, qui donne une louange grandiloquente au sémite Marcel Schwob puisqu'il vient de lever le masque qui recouvre la race israélite ?
Libre Parole, 28 novembre 1892.
La nécessité de nous rattacher à nos traditions artistiques de race est d'autant plus urgente, que je devine, que je sens chez nous, un art juif subtilement dissimulé sous les apparences d'une illusoire assimilation, difficile à préciser, mais qui existe et nous pervertit.
On ne manquera pas d'attribuer à une manie de voir le Juif partout cette distinction que je cherche à établir, même en littérature, entre l'art juif et l'art français. Je ne veux pas m'attarder aujourd'hui à donner toutes les raisons bonnes à établir cette opinion. C'est un travail qu'il faudra bien faire pourtant, mais qu'il faudrait solidement documenter.
Je ne connais M. Marcel Schwob que par ses livres. J'ai comme un pressentiment que, dans la vie, il s'efforce d'être aussi peu juif que possible. Comme les instincts de sa race transparaissent cependant, en ses oeuvres !
Le Roi au Masque d'Or, devant qui se courbent les fronts des prêtres, des soldats et des femmes esclaves, n'incarne-t-il pas sinistrement le rêve éternel de despotisme et de servilité sémitiques dont nous avons horreur, et que, moralement, nous subissons, sans nous en douter, depuis des années ? Pourtant, sous le masque d'or, le despote voile la laideur de sa lèpre, comme les milliardaires juifs cachent, sous leur luxe insolent, la misère de leurs monstreux égoïsmes et la terreur des expiations imminentes.
D'instinct, l'esprit de M. Schwob va à la fantasmagorie des barbaries d'Orient, qu'il admire; il assimile, mais pour les mépriser et les maudire dans les autres contes de son volume, aux cruelles moeurs orientales, les rudes façons de notre moyen âge, dont il ne saurait soupçonner les tendresses cachées.
Vous voyez bien qu'il y a un art juif, même dans les livres écrits en français, mais dans quel français ? un français massif, anguleux, à facettes, lourd et brillant comme la masse poly-chrome de quelque construction babylonienne.