EXTRAIT DU ‘* VOLTAIRE
.…. Il faut autre chose, la justice, plus haute et plus efficace que la charité, la justice qui rétablira l’ordre et l’harmonie parmi les hommes, instituant pour tous le droit au bonheur. En ces dernières années, quelques personnes pressées ont prétendu avancer cet événement au moyen de bombes qui, du reste, n’ont atteint que des humbles ou des malheureux. Emile Zola blâme ces procédés ineptes, mais prend en pitié ceux qui les ont employés, par une aberration bien explicable.
.. Cet athée, ce révolutionnaire proclame que tout va quand même, par la science, à la vérité et à la justice. Il en appelle à Paris, ‘ centre des peuples en ce continuel mouvement qui les emporte de civilisation en civilisation, avec le soleil, de l’Est à l’Ouest ?””. Il termine son œuvre sur un magnifique chant de gloire qui atteste le colossal travail dépensé, l'effort inteilectuel tenace, ‘* par dessus les passions, les ambitions, les tares, les déchets ”’. Les yeux éblouis par le flamboiement d’une vision, Emile Zola nous montre Paris ensemencé de lumière : ‘* Hier Paris jetait aux nations le cri de liberté ; il leur apportera demain la religion de la science, la justice, et la foi nouvelle attendue par les démocraties ””.
Ayant clos ce livre, à la fois roman et traité de philosophie sociale, il continua, encore ébloui, de vivre son rêve de justice.
PAUL D’ARMON, Le Voltaire, 10 mars 1898.