‹ Les œuvres de Hugues de Saint-VictorChapitre 19 sur 39 · IX. De B. Mariic virginilatc perpétua liber epistolaris · texte numérisé non relu

IX. De B. Mariic virginilatc perpétua liber epistolaris

Les manuscrits donnent à ce traité ce litre plus simple et préférable : De Virginitale H. MarUc. Quelque clerc subtil avait écrit à son évéque pour lui demander si la bienheureuse Marie avait pu demeurer vierge en état de mariage. L'évèque ayant soumis celte question au prieur de Saint- Victor, celui-ci lui répond. Les auteurs de Vllistoire littéraire proposent d'attribuer encore cet ouvrage au prieur de Saint- Laurent, Hugues de Fouilloi (1) ; mais c'est une proposition quTls font sans la justifier aucunement. Venant après ses anciens confrères, dom Brial fait remarquer quelque différence entre la doctrine soutenue dans la somme des Sentences et celle dont Texposition est Tobjet du Livre cpistolaire. Or la somme des

[\) Uisl. lia., t. XII, p. 68.

Sentences est incontestablement du Victorin ; donc, suivant dom Brial, le Livre épistolaire n'est pas de lui (l). Cette conclusion, qui paraît rigoureuse, ne nous semble pourtant pas acceptable.

Il est d'abord certain que l'auteur de ce Livre épistolaire s'appelait Hugues, puisqu'il entre en matière par ces mots : Sancto pontifici G. Hugo, heatitudinis siuv servus. Narrasti mihi... Quelque ancien bibliographe, quelque ancien copiste a-t-il joint à ce nom le titre de chanoine de Saint-Laurent ? Aucun ne l'a fait. L'auteur est, pour Yincent de Beauvais, Hugues de Saint-Victor. Ainsi s'exprime le bibhographe inconnu qu'on a cru longtemps être le philosophe Henri de Gand : Respondit [Hugo de S. Victore) cuidam heatx Virgini Marix cum derogatione obloquenti et calumnianti, quod Virgo virginum diceretur. De même Jean de Saint- Victor : Fecit de perpétua virginitate sanctœ Mariœ lihrum unum. Enfin Jean de Tritenheim et l'auteur du second catalogue publié dans le Bulletin des Comités confirment ces témoignages.

Mais l'ouvrage auquel ces témoignages se rapportent est-il bien celui qu'ont publié les éditeurs de l'année 1648? Les manuscrits ne permettent pas d'en douter. C'est parmi les écrits les plus authentiques du chanoine de Saint-Victor, ou sous son nom, que cet ouvrage se rencontre dans les n°^ 2566, 14303, 15695 de la Bibliothèque nationale, 433 de la Mazarine, 323 de l'Arsenal, 301 de Troyes, 360 et 361 de Douai, 85 de Tours, 463 de Laon. Ainsi les bibliographes et les copistes sont tous d'accord.

(1) Ibid., t. XIII, p. 502.

OuaiU à la dilleronco signalée par dom Hrial entre la doctrine des Sentences cl celle du Livre i^pislolaire, elle n'est pas aussi grande, tous les termes étant bien pesés, qu'elle semble l'être au premier abord. Il ne s'agit pas, c'est bien entendu, do la virginité de Marie ; elle ne fait pas question. Il s'agit de savoir si les Sentences et le Livre épistolaire assignent la même date au vœu de virginité formé par la future mère do Jésus. Or il nous paraît que celte date est, dans le Livre épistolaire, moins précise que ne l'a jugée dom Brial et qu'il n'y a pas entre les deux écrits une évidente contradiction. Au surplus il faut bien reconnaître que le cas est matière à conjecture et que l'on peut toujours, en parlant de ce qu'on ignore, changer d'avis.

Comme on l'a vu, c'est une simple lettre, la lettre G, qui désigne, dans les éditions, l'évétjue à qui fut adressé ce Livre èpislolaire. Il est intitulé dans le n" 30 1 de Douai: Tractatus de virginitate U. Marine, ad Gausfridum, Catalaunensem episcopum. CeGatcsfridus est Geoffroy Gou-de-Gerf, ancien abbé de Saint- Médard, à Soissons, savant prélat.

Mais si nous avons cru devoir ici maintenir une attribution contestée, le titre du chapitre nous offrant l'occasion d'en signaler une autre d'une fausseté manifeste, nous ne la négligerons pas. Il s'agit de la prose

Salve, mater Salvatoris, Vas electum, vas honoris ;

qu'un sermonnaire du xiv^ siècle cite sous le nom de

« maître Hugues de Saint- Victor (1) ». L'auteur certain de cette prose est, non pas Hugues, mais Adam de Saint-Victor, sous le nom de qui M. Gautier l'a publiée (2).

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