VII. De quinque septenis
Ces Quinque septena sont les sept péchés capitaux, les sept demandes de l'Oraison dominicale, les sept dons du Saint-Esprit, les sept vertus principales et les sept béatitudes. A ces divisions on reconnaît bien la méthode de notre chanoine. C'est le Pythagore des théologiens; personne n'a fait un usage plus fréquent et plus abusif de la science des nombres dans l'explication des mystères de la foi.
Ce n'est pas à cette place que l'édition de 1648 nous offrait cet opuscule; il y était confondu dans les -4 Zi^gories sur l'ancien Testament. Les nouveaux éditeurs l'en ont à bon droit séparé; dans tous les manuscrits c'est un traité particulier (1).
Comme nous l'avons dit, on en trouve des fragments plus ou moins considéral»les dans les gloses sur Abdias; on en trouve ailleurs. Mais la dispersion de ces fragments semble imputable à l'auteur lui-même. Un nouvel examen de l'œuvre entière nous persuade que Tarrangement symétrique de cette œuvre n'est
(1) Notamment dans les no» 2527, 3688, 3769, 12440, 14294, 14303, 14525, 16521, de la Bibliothèque nationale; 433 et 901 de la Mazarine; 614 de Metz; 360 et 365 de Douai; 1174 de Troyes; 116 de Soissons; 92 A de Berne; 45 du collège de rUniversité, à Oxford; 13 et 22 du collège Merton; 80, 277 et 371 des Cod. Laud. miscell., à la Bodieienne.
pas le fait d'un industrieux copiste. Hugues Taura d'abord composée ainsi que nous la trouvons dans les manuscrits cités ; plus tard il y en aura distrait tels ou tels passages pour les placer ailleurs. Il lui plaisait, nous en avons fait la remarque, de se répéter.
Mais à cela ne se bornent pas les observations que
nous avons à présenter sur cet écrit. A tous les
éditeurs nous devons reprocher de ne pas nous
ravoir donné complet. Il ne l'est pas, à la vérité,
dans la plupart des manuscrits; mais il nous est
oflEert par d'autres avec un supplément qui*ne manque
pas d'intérêt. Ce supplément est un court prologue,
que nous transcrivons ici tout entier d'après le n*> 901
de la bibliothèque Mazarine : Posé tractatum habitum
de honestate disciplinas continue tractandum est de
bonitate virtutum; et congrue, neutrum enim sine
altero perfeote stat. Disciplina enim sine virtute nihil
aut parum valet, virtus autem sine disciplina vix aut
nunquam manet. Ad evidentiam autem virtutum
necessaria videtur esse notitia vitiorum; contrariorum
enim eadem est disciplina et nullum malum vitatur
nisi cognitum^ et nemo potest perfecte facere bonum
nisi sciât decUnare malum; et oppositajuxtaseposita
pulchrius eluscescunt. Mentione igitur fada de vitiis,
quae septem sunt principalia sive capitalia numéro,
occasione accepta, de Quinque septenis quœ in sacra
Scriptura inveniuntur et de duabus arboribus vitiorum
et virtutum agendum est. Ainsi l'opuscule De quinque
septenis est le complément d'un traité sur la discipline
et le suit immédiatement. Mais quel est ce traité sur
la discipline? Hugues a souvent recommandé cette
vertu. Il y a dans ses Mélanges plusieurs chapitres gui n^ont pas d*autre objet; il y a de plus^ dans ses œuvres inédites, un écrit sur robéissance, qui est le premier article de la discipline. Mais il s'agit peutêtre encore d'un travail plus considérable, pareillement inédit, qui nous est indiqué dans le n® 161 de Berne, sous ce titre : Hugonis de S, Victore tractatus de Disciplina et moribus, et dont voici les premiers mots : Scientiam recte et honeste vivendi comparare... L'indication nous est fournie par le récent catalogue des manuscrits de Berne; mais aucune copie de ce traité ne paraît avoir existé dans la librairie de Saint- Victor. Cela nous rend suspecte l'attribution dont nous venons reproduire les termes. Il semble bien, en effet, que les chanoines de Saint- Victor auraient dû conserver un ouvrage écrit sur cette matière, dans leur maison, par un maître, un directeur si vénéré.