‹ Les œuvres de Hugues de Saint-Victor: essai critiqueChapitre 27 sur 39 · XXI. De Medkina animse · texte numérisé non relu

XXI. De Medkina animse

Cet opuscule est attribué par quelques manuscrits à Hugues de Fouilloi (2), par d'autres à Hugues de

(1) N- 14872 de la Bibliothèque nationale.

(2) Notamment par les n»* 2494, 2495 et 14512 de la Bibliothèque naUonale.

Saint-Victor. Oudin, Ellîes Dupin {iyet dômBrial (2) se prononcent pour Hugues de Fouilloi. C'est ce que fait aussi le nouvel éditeur, mais avec moins de fermeté.

Âlbéric de Trois-^Fontaines est le seul des anciens chroniqueurs qui mentionne ce traité de la Médecine de VAme, et, s'il en parle, c'est pour signaler Terreur de ceux qui l'inscrivent parmi lés œuvres du Victorin. Lorsque Jean de Saint- Victor réclame le Cloitre de VAme^onv son confrère il laisse de côté la Médecine de VAme ; ce qui semble prouver qu'il Tçibandonné au chanoine de Saint-Laurent. Cependant cette conces^ sion n*est faite ni par Jean de Tritenheim, .ni par. l'auteur du second catalogue inséré dans le Bulletin des Comités (3). Ceux-ci rétablissent la Médecine de VAme parmi les écrits authentiques du chanoine de Saint- Victor. Mais leur témoignage est certainement le moins digne de confiance.

La Médecine de VAme est une potion de très mauvais goût, composée de mille et une allégories, que nous n'avons pu boire tout entière. Nous en faisons le sincère aveu. De ces allégories les unes révoltent par leur grossièreté, les autres déconcertent par leur subtilité. Eh bien ! on a longtemps admiré ces choseslà. Un bibliothécaire du Mont-Gassin, ayant sous les yeux un texte anonyme de la Médecine^ Ta jugée digne de saint Bernard et Ta mise à son nom (4). Même au. xvji*' siècle, au siècle de Bossuet et de Fénelon, cette

(1) Hist» des Controverses et des^ matières ecclésiastiques traitées dans le douzième siècle, p. 731 de Yéd, in-8".

(2) Hist litt., t. xm. Notice sur Hugues de Fouilloi.

(3) Juin 1851, p. 183.

(4) Bibliotheca Casinensis, t. IV, p. 55. .

littérature avait encore des partisans, puisque les éditeurs de l'année 1648 se sont affligés de ne pouvoir sûrement attribuer un si pitoyable ouvrage au plus illustre de leurs anciens confrères. Â son honneur, comme à Thonneur de saint Bernard, l'auteur est Hugues de Fouilloi.

Nous avons à parler ici d'un opuscule intitulé Rota verx religionis, dont Tauteur est nommé, dans les n«» 89 de Charleville, 908 de Troyes et 345 des Cod. Laud. miscelL, à la Bodleienne, Hugues de Saint- Victor. Cet opusculp,qui commence par Sicut comperi non est tibi, frater, onerosum diu fuisse discipulum, est encore une de ces facéties du genre allégorique qui ont fait si longtemps les délices des chanoines et des moines. La vie d'un bon religieux est une roue dont le cercle se compose d'une série de vertus ; la vie du mauvais religieux est une autre roue, formée de vices. Le livre est Texplication de l'image. L'attribution de ce livre à noire prieur est une injure de plus à sa mémoire. Mais elle n'est pas très ancienne. Le manuscrit de la Boldeienne est du xw"" siècle et celui de Charleville a pour date l'année 1348 ; celui de Troyes est encore plus moderne, et voici la note du copiste, un moine de Glairvaux, qui s'est permis de nommer Tauteur Hugues de Saint- Victor : Révérende pater et, domine, hune librum inUtulatum De Rota vere religionis, qui est Hugonis de Sancto Victore, reperi non cum libris de Claustro anirme..., sed in alio quodam volvr mine, cum libello ejusdem Hugonis de Pastoribus et ovibus. Le pauvre moine n*était pas très versé daos l'histoire littéraire. Le De Pastoribm et ovibus est du

chanoine de Saint-Laurent, non pas du chanoine de Saint-Victor. Pareillement le De Rùta vem religionis, qu'on intitule encore De Rota praelationis. Le n® 2494 de la Bibliothèque nationale nous offre ces deux traités réunis, comme il convient, sous le nom de Hugues de Fouilloi. Rendons enfin au chanoine de Saint-Laurent une Rota simulationis dont le prologue commence par ces mots : Post rotam verx religionis (1). Les deux roues appartiennent au même char.

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