I.ETTRK CUV
Mossi svn ,
Voicy le premier hommage que ie vous rends, de la terre que ie tiens de vous : et ie voudrois bien, en vous le rendant , vous pouuoir tesmoigner, combien ie me sens redcuable aux soins, et à l’affection, auec laquelle il vous a pieu de m’obliger. Sans mentir, vous vérifiez bien ce que l’on a accoustumé de dire , que tant vaut l’homme, tant vaut sa terre. Vous auez si bien fait valoir celle que vous m’auez donnée, et vous me l’auez enuoyée auec tant de fleurs, et des paroles si obligeantes, que vous l’aucz rendu»; precieiise, et que vous auez trouué moyen de me faire vn grand présent, en me donnant peu de chose. Cependant , Monsieur, moy qui n'auois pil de ma vie auoir vn pouce de terre : ie ne vous suis pas peu obligé de ce que par vostre moyen j’ay commencé à en auoir quelqu’vne, et que vous auez rompu le premier le mauuais destin, qui sembloit vouloir que ie n’en eusse iamais. Ce que ie vous puis dire, c’est que celle que vous auez mise entre mes mains, ne sera pius ingrate. Elle a desia produit en moy toute la rcconnoissancc qui est deuë à vne ciuilité si accomplie que la vostre : et cette obligation a atljousl»fpielqnc cho.s»'. îi la passion auec bupielle j’t'stois desia,
\'ostrr, etc.
DK MONSIEVK DK VOITVKK.
A MADAME l,A MARQVISE DE RAMW)V1I,LET.