KTTHE CLV
C’est vne chose luerueilleuse, qu’ayant tant de qualitez qui vous «leuroient faire mépriser tout le monde , vous soyez la plus ciuile personne qui y soit : et que vous ayez autant de bonté j>our moy, que si vous voyez dans mon cœur toutes les pensées que j’ay de vous honorer, et de vous seruir. le vous asseure. Madame, que vostre nom y est escrit d’vne sorte, qu’il ne s’y effacera iamais : et (pielquc esloignée que vous soyez du monde, rien n’est à présent i>n ma mémoire que vous. le sci-ois au desespoir, Madame, de ne vous pouuoir représenter, auee quelle joye, et quel respect, j’ay reccu l'honneur qu’il vous a pieu de me faire : si ie ne croyois •ju’vn esprit aussi extraordinaire que le vostre, peut deuiner ce que ie pense. Figurez-vous donc, s’il vous pluist, Madame, tout le ressentiment que peut auoir le plus reconnoissant homme du monde, et qui a le plus d’inclination ii vous honorer. Ce sera ît peu prés ce que ie sens, et vue partie de la passion, auecque laquelle iesuis,
Vostre, etc.
A MONSKIC.iAKVR LE COMTE D’ALAIS.
LETTRE CLVI
Monskigmbvb,
Si vostre afUliction est vne affliction publique , et si elle touche généralement tout ce qu’il y a d’honnestes gens en France ; ie pense que vous ne doutez pas que ie ne la ressente extrêmement; moy que vos bontez ont obligé plus que personne, à prendre part à tout ce qui vous regarde, le sçay. Monseigneur, combien constamment vous la soufTrirt'z. Mais cela ne diminue en rien mon dcsplaisir : et ce qui m’en deuroit consoler, m’afflige dauantage. Fins ie considère auec quelle constance , et quelle grandeur d’ame , vous portertîz ce coup de la fortune : plus j’ay de regret que nous ayons j)crdu vn l'rinci', en qui vraysemblablcinent toutes ces qualitez-là deuoieni rcniure.el en la personne duquel j'espeidis que nous l'enerrions vn
LEITHES
iour les vertus, que ie crains que nous ne trouuerons (IJ plus désormais qu’en vous, le souhaite, Monseigneur, que nous les y puissions voir longtemps; que la fortune, qui a si cruellement coupé cette hranche, espargne au moins le tronc , et qu’elle respecte vne teste aussi chere et aussi precieuse que la vostre. C'est, ie vous asseure, autant pour la France que ie fais ce souhait-là , que pour moy, qui suis, auec toute sorte de respect et de passion ,
Monsbignevb, Vostre, etc.