‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 118 sur 229 · A MONSIEVR D’EMERY · texte numérisé non relu

A MONSIEVR D’EMERY

Controlleur general des linances.

LETTRE CLXVI.

Monsievb ,

Quand vous ne voudriez pas que ie parlasse de vos autres lettres, vous me permettrez au moins de loûer celle que vous auez écrite à Monsieur d’Arles, sur mon sujet, et de vous dire, qu’il n’y a guere que vous en France, qui en puissiez écrire vne pareille. Particulièrement l’endroit où vous dites, que pour accourcir mon afTairc, vous voulez nuancer vostre argent , me semble vne des plus belles choses que i’aye iamais leuës : et quelque modeste que vous soyez , vous m’auoüerez, que c’est vne noble façon de parler, que d’offrir vingt-huit mille francs pour vn de ses amis, et qu’il y a bien peu de gens qui se sçaehent seruir de ce stile-là, et qui se puissent exprimer de la sorte. Du moins. Monsieur, ie vous asseure, qu’entre tant que nous sommes de beaux esprits dans l’Academie, nous ne nous serions iamais auisez d’écrire ainsi : et que parmy tant de belles pensées que nous trouuons, il ne nous en vient point de pareilles à celle-là. C’en est, à parler serieusement, vne tres-belle et treshaute •••••••••••*.

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