SONNET
Sous VII li.abit de fleurs, la Nymphe que i’adore. L’autre soir apparut si brillante en ces lieux,
KJÉSIES
Qu’à l’éclat de son Uûnt, et celuy de ses yeux , Tout le monde la prit pour la naissante Aurore
La Terre, en la voyant, fit mille fleurs éclore. L’air fut par tout rempiy de chants mélodieux Et les feux de la nuit pallirent dans les deux , Et creurent que le iour recommençoit encore.
Ls Soleil qui tomboit dans le sein de Thctis, R’allumant tout à coup ses rayons amortis.
Fit tourner ses chenaux pour aller apres elle :
Et l’Empire des flots ne l’eust sceu retenir. Mais la regardant mieux , et la voyant si belle , Il se cacha sous l’onde, et n’usa amenir.
AYTHE.
Il faut finir mes iours en l’amour d’Vranie ! L’absence ni le temps ne m’en sçauroient guérir : Et ie ne voy plus rien qui me pût secourir ;
Ni qui sceust r’appeller ma liberté bannie.
Dés long-temps ie connois sa rigueur infinie !
Mais pensant aux beautez pour qui ie dois périr : le bénis mon martyre, et content de mourir, le n’ose murmurer contre sa tyrannie.
Quelquefois ma raison, par de foibles discours. M’incite à la reuolte, et me promet secours.
Mais lors qu’à mon besoin ie me veux seruir d’elle
Apres beaucoup do peine et d’efforts impuissans, Elle dit qu’Vranie est seule aymable et belle.
Et m’y rengage plus que ne font tous mes sems.
DK MONSIEVH DK VOITVRK.
AVTRE.
Kclies llcurs dont ie voy ces iardins embellis, Chastes Nymphes, l’Amour, et le soin de l’Aurore, Innocentes beautez, que le Soleil adore,
Dont l’éclat l'end la Terre et les Cieux embellis :
Allez l'endre l'hommage au beau tcini de Pbilis, Nommez-la rostre Reyne, et confessez encore, Qu’elle est plus éclatante et plus belle que Flore,
^ Lors qu’elle a plus d’œillets, de roses et de lis.
Quittez donc sans regret ces lieux et vos racines. Pour voir vne beauté, dont les grâces diuines Blessent les cœurs des Dieux d’inéuitables coups :
Kt ne vous faschez point, si vous mourez pour elle : Aussi bien la cinelle
Fera bién-tost mourir tout le monde apres vous.