‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 170 sur 229 · AN THE · texte numérisé non relu

AN THE

Su l'air dv branle <le Mels.

Belli-s, riiüNiifur de iioslre âge,

Kt le but de nos souhaits,

Sur l’air du branle de Mels, Api'irencz nostre voyage.

Mais pleurez eu le chantant.

Car nous en faisons autant.

Nous n’eslions qu’au Bourg la Heine, Et ie creus esire à (îoa,

Ou cent milles par-delà,

Tant mon cœur estoit en |»eiue, .

S’éloignant <le la beauU';.

(Jui retient sa liberté.

Nous visnies dedans la nue La Tour de Mont-le-heris,

(Jui pour regarder Paris Allongeoit son col de grue ;

Et pour y voir vos beaux yeux , S’clcuoit iusquesaux Cieux.

(Juand nous fusiues dans Estampe Nous parlasmes fort de vous :

l’en souspiray quatre coups.

Et i’en eus la goutte-crampe.

Estampe et crampe vrayment , Himent admirablement.

Dans le milieu d’Angeruille, Monsieur nosti'e Chancelier,

En me parlant d’vn soulier,

.Me fit deuenir débile ;

Me souuenant de celuy ijui m’a causé tant d’eimuy.

ÜI-: MONSIKVR UE VOITVRE.

Vne heure esloil bien passée, (Juand nous viiisnies à Tonry.

Alors Monsieur Griboury ■Mc reuint en lu pensée,

Vn certain noir et frisé,

Fort bien fait et composé.

Nous Irouuasmes prés Serc4)te, (Cas estrange et vray pourtant) Des bœufs qu’on voyoit broutant, Dessus le haut d’vne motte;

Ht plus bas quelques cochons,

Kt bon nombre de moutons.

Nous vismes deux Demoiselles, Lors que nous ftismes dedans.

Qui paroissoient à leui-s dents.

D’assez gentilles femelles :

Frere Claude qui les vit , üi‘ fort bon cœur leur sousrit.

Dans Orléans cent harangues Se firent an Chancelier ;

Kt l’on le vint supplier.

En dix-huict sortes de langues.

Les trois Mores furent pleins De Maires et d’Escheuins.

Voyant cela, ie m’ét^oule :

Et désirant estre à part , le me sc’eua mettre à l'écart Dans vn coin, hors de la foule ;

Où réiiant iusqu’à la nuit, l’escriuis ce qui s’ensuit.

Nosire Aurore de la Barre,

Est maintenant vn Soleil.

Le Ciel n’a rien de pareil ;

La Terre rien de si rare.

Mais en cas de Mericnbeau ,

.■^11 esprit n’est pas fort beau.

POÊSIKS

Otte beauté souucrainc A r’alliiiné mes vieux ans.

Ses attraits sont si charmans.

Que pour sortir de la peine Où m’a conduit son l>el oeil , le n’attens que le cercueil.

Quel éclat et quelles flammes.

Quels rayons vois-je dans l’air ?

A voir tant de feux briller,

C’est la Prini^esse des Ames,

La Reyne des volontez ,

La Deesse des beautez.

Cachez vos beautez , Mortelles, le voy paroistre Cloris.

Tous vos attraits sont péris.

Voicy la belle des belles.

Son soulier a plus d’attraits.

Que vos yeux et tous vos traits.

Ce que le Ciel a de flamme 11 l’a mis dedans ses yeux.

Ce qu'il eut de précieux.

Il le mit dedans son Ame.

Rien du tout ne luy deffaut.

Que d’auoir le sang plus chaud.

La belle Baronne darde De ses yeux mille trespas.

Mais dites, n’a-t-elle pas La mine vn peu bien gaillaixie'?

le pense que sa vertu A bien souuent combattu.

Quelle est celle (jui m’éclaire Lt brille de tant d’appas?

Est-ce Diane ou Pallas ?

Ou la Reyne de Cythere ?

Car en elle i’apperçois Quelque air de toutes les troi.s.

DE MONSIEVR DE VOITVRE. 503

A voir sa grâce embellie Auec tant de Maiesté,

C’est l’attrayante beauté De la charmante Iiilie,

Dont mon cœur seroit épris,

S’il n’estoit pas à Cloris.

M seroit temps de me taire.

Et ma plume n’en peut plus.

.Mais que diront les Vertus,

Si ie me tais de sa Mere ,

Qui ioint à tant de beautez Tant de rares qualitez?

Artenice où ie contemple Tant de miracles diuers !

Les autres ont eu des vers,

Mais à vous il faut vn Temple.

Il sera fait dans vn an ,

Et i’cn ay desia le plan.

Frere Claude l’Heroïque En sera le Sacristain :

Chapelain le Chapelain :

Et l’angelique Angélique •Nuit et iour y chantera ,

Les Hymnes qu’il vous fera.

AVTRE.

A MADAME LA PRINCESSE, sur l'air des Laiulnry.

Madame , \ous trouuerez bon Qu’on vous escriue sur le ton De Landrirette, Qui court maintenant à Paris, Ijmdriry,

F'OÉSIKS

Vostre absence nous ubbat tous, (Juelques-vns en sont demy-fous.

Landrirette,

Les autres n’en sont qu’esloui'dis, Landriry.

Du point de vostre éloignement, L’Hyuer s'approche à tout niomeiit , Landrirette,

Et les beaux iours sont accourcis, Landriry.

Pour nouuelles chociin dit fort ,

Que le Duc Charles est d’accorl, Landrirette,

La neutralité fait grand bruit , Laudrii7.

L’on tient icy pour arreslc-.

Que Madame a fait le Traitté, Landrirette ;

Le Roy son Frere en est marri , Landriry,

L’Espagnol rend ce qu’il tenoit.

Ellle aura tout ce qu’elle aiioil, Landrirette ; Particulièrement Cony,

Landriry.

l’ay receu deux coups de ciseau ,

En vn lieu bien loin du museau, Landrirette,

le m’en porte bien. Dieu mercy.

Landriry.

L’on est icy fort tristement :

Tout notre dinerlissement , Landrirette,

ISl de clianler ce qui s’en.siiil .

Landriry.

DE MONSIEVK DE VulTVHE.

En grâce, en beautez, en attraits, Nulle n’égalera iainais,

Landrirette,

La dinine Montmorency,

Landriry.

L’un iugeruit par la blancheur De Bourbon, et par sa fraischeur, Landrirette,

Qu’elle a pris naissance des Lys, Landriry.

lulie a l’esprit et les yeux ,

Plus brillans et plus radieux , Landrirette,

Que l’Astre du iour à Midy, Landriry.

Pour faire son Ame et son Coi ps Le Ciel espuisa scs trésors, Landrirette,

Tout y doit estre bien fourny, Landriry.

Elle a tout en perfection ,

Hors qu’elle a trop d’auersion, Landrirette ,

Pour les Amans, et les souris.

Landriry.

Mesdenioisellcs de Clermont ,

Ont plus de charmes qu’Aigrenioiit .

Landrirette ,

Par Aigrcniont i’entens Maugis, Landriry .

Mesdemoiselles du Vigean ,

Ont le cœur noble, et le corps genl, Landrirette ,

Tout homme qtti les voit . est frit , Landriry.

Lors que Venus aymoit Adon ,

Elle auoil les yeux, ce dit-on , Landrirette,

Comme Mademoiselle Aubry, Landriry.

D’où vient que depuis quelques ioiirs,

On voit la trouppe des Amours, Landrirette,

Dessus la route de Poissi ,

Landriry ?

C’est que la Heyne des beautez,

Des Ames, et des libertez , Landrirette,

Fait sa demeure dans Vigni , Landriry.

Voslre balet comme i’entens ,

Passe les plus beaux de ce temps, Landrirette,

Monsieur de Gaurfecourl (t) le dit, Landriry.

Vn seul violon de Meulan

Fuit bien plus de bruit maintenant , Litndrirette,

tjue les vingt et quatre d’icy, Landriry.

^'n certain faiseur (r.\lmanac ,

-M’a dit que Monsieur de Meymac, Landrirette,

Dans ce mois deuoit estre pris, Landriry.

Mais si vous ne me croyez pas.

(I) Gaufferourl fut le valet de rlianibre et plus tard le secrétaire de madame de Lonpueville.

DE MONSIKVK DE VOITVRE.

Considérez , et lisez bas , Landrirette ,

La Centurie que voicy,

Landriry.

Trois mois apres celuy de May,

L’on prendra Monsieur de Macmey, Landrirette,

Et Monsieur de Noichane aussi , Landriry.

le sçay pour certain que l’Amour

En veut à ceux de Vantadour, Landrirette,

Dieu garde Monsieur de Leni , Landriry

l'en mettrois encor plus de six.

Mais ie ne puis plus estre assis, Landrirette,

le m’en vay troiiuer Monsieur luif, Landriry.

AVTRF..

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