‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 171 sur 229 · I.’vn meurt, qu’à sa fantaisie · texte numérisé non relu

I.’vn meurt, qu’à sa fantaisie

11 ne s’auance à la Cour.

L’autre meurt de ialousie ;

Et moy ie me meui's d’Amour.

Prometbée est à la chaisne .

Et becqueté d’vn Vautour,

Il ne meurt de cette peine :

Et moy, ie me meurs d’Amour.

D'vne plainte desolée.

Ainsi Thirsis l’autre iour,

R)ÉSIh>^

Disait dans cette valée :

Et moy ie nie meurs d’Amour.

Il fcnduit le cœur des marbres :

Et l’Echo mesme à son tour, Faisoit redire à ses arbres :

Et moy ic me meurs (l’Amour.

AVTKK.

Les Demoiselles de ce temps Ont depuis peu beaucoup d’Amans.

On dit qu’il n’en manque à personne L’année est bonne.

Nous allons \x>ii les ans passez ,

Que les Galans estoient glacez.

Mais maintenant tout en foisonne.

L’année est lionne.

Le temps n’est pas bien loin encor.

Qu’ils se vendoient au poids de l’or : Et pour le présent on les donne ; L’année est bonne.

Le Soleil de nous rapproché.

Rend le monde plus échauffé :

L’Amour régné, le sang bouillonne , L’année est bonne.

La belle Princesse n’est pas Du rang des beautez d’icy bas.

Car vne fraischeur immortelle Se voit en elle.

Dans son visage et dans ses traits Brillent quelques diiiins attraits.

Et dans sa inine et dans son geste Vu air celeste.

DE MU.NSIEVK DE VOITVKE.

De perles, d’astres, et de Heurs, Bourbon, le Ciel fit tes couleurs ;

Et mit dedans tout ce mélange L’esprit d’vn Ange.

Que de cœurs l’amour blesseroit , Que de maux au monde il feroit ,

Si cette belle moins contraire Le laissoit faire !

La Duchesse a pris à l’Amour Ses traits : et ce Dieu tout le iour.

Pour les r’auoir de cette belle.

Vole autour d’elle.

Elle les monstre en ses appas ,

Mais elle ne les lance pas :

Et craint trop d’en blesser personne, Tant elle est bonne.

Mais ses coups seroient bienheureux Et n’est point de cœur genereux, Qui ne voulust mourir pour elle ; Tant elle est belle.

Le Soleil cede à ses beaux yeux :

Et ne voit du plus haut des Cieux , Que luy-mesme dedans le Monde , Qui les seconde.

Baronne pleine de douceur, Rstes-vous Mere, estes -vous Sœur, De ces deux Belles si gentilles, Qu’on dit vos filles?

Vous auex l’humeur, ce dit-on,

D’vn doux et paisible mouton.

Mais vostre peau blanche et très- fuie Est d’vne Hermine.

POÉSIliS

Heureux celiiy qui seroil sien !

Monsieur du Vigean m’entend lùen.

Et fort souucnl il la préfère A Lesdignière.

Que vois-ie si plein de clarté, ü’attraits, de grâce et de lœaulé,

Si ce n’est Diane, ou l’Aurore,

On Flore, ou Fore?

Les oyseanx vont en toutes parts, Suiuant sa voix, ou scs regards :

Zepliire la suit et l’adore;

C'est Flore, ou Fore.

Sur son visage et sous ses pas Naissent des fleurs et des appas, Qn’aillcurs on ne voit point éclore ; C’est Flore, ou Fore.

Vigean est un Soleil naissant,

Vn bouton s’épanouissant.

Ou Venus, qui sortant de l’Onde, Dmsle le Monde.

.Sans sçauoir ce que c’est qu’Amour, Ses beaux yeux le mettent au ioiir ; Et par tout elle le fait naistre.

Sans le ronnoisire.

Kaml)Oüillet auec sa fierté,

.A certain air dans sa beauté ;

Qui fait qu’autant que l’on l’admire.

On la desire.

Dessus sa bouche sont tousiours 1a}s Grâces auec les Amours,

On pour le plaisir de l’entendre.

Ou i>our apprendre.

DE MONSIEVR DE VOITVRE

AVTRE.

Quand Iris aux beaux ^cux Paroist en quelques lieux ,

Il n'est cœur qui ne tremble :

C’est l’honneur de la Cour,

C’est la gloire d’Amour,

Et des vertus ensemble.

On ne peut pas si-tost Bien loüer comme il faut ,

De la grande Duchesse La grâce et la bonté.

Sa moindre qualité Est celle de Princesse.

Quand dos bords d’Orient ,

L’Aurore en sousriant ,

Sa lumière rappelle :

Elle n’égale pas,

Auec tous ses appas.

Ceux de Mademoiselle.

La belle Combalet A la bouche d’œillet ,

Les yeux de viue flame,

Le courage d’vn Roy,

Et l’esprit comme moy.

Quand Apollon m’enflamme.

Sa générosiU;

Égale sa beauté ,

Elle est bonne et habile ;

Et de plus n’est pas mal Auec le Cardinal ,

Comme on dit par la ville.

Le Ciel, sans changement ,

En feroit aisément

POÉSIES

Vne Reyne parfaite.

Quelque iour tous les Roys Viuront dessous ses lois , Dans risle qu'elle a faite.

lamais l’œil du Soleil Ne vit rien de pareil ,

Ni si plein de delices ,

Rien si digne d’amour;

Si ce ne fut le iour.

Que nasquit Artenice.

Quand les Dieux eurent fait Le chef-d’œuure parfait Que lulie on appelle, Minerue qui la vit.

En pleura de dépit.

Et se trouua moins belle.

L’Amour anné de traits , Auec tous ses attraits ,

N’en a point qui me picque :

Et ie crains plus cent fois Les Charmes et la voix De la belle Angélique.

AVTRR.

Sur l’air des f.anlurlu.

Le Roy nostre Sire, Pour bonnes raisons Que l’on n’ose dire ,

Et que nous taisons :

Nous a fait défense De plus chanter Lanturlu , Lanturlu, lanturlu, lanturlu, lanture.

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DE MONSIEVR DE. VOITVRE

La Reyne.sa Mere .

Reuiendra bien-tost :

Et Monsieur son Frere Ne dira plus mot.

Tout sera paisible, Pourueu qu’on ne chante plus, Lanltirlu , etc.

De la Grand’ Rretapne Les .\mbassadeurs.

Ceux du Roy d'Espagne, Et des Electeurs,

Se sont venus plaindre D’auoir par tout entendu , Laiiturlu , etc.

Ils ont fait leur plainte Fort éloquemment ,

Et parlé sans crainte Du Gouuernement.

Pour les satisfaire Le Roy leur a respondu , Lanturlu , etc.

Dans cette querelle Le bon Cardinal ,

Dont l’ame fidelle Ne pense en nul mal ,

A promis merveilles ;

Et puis a dit à Beautru ; Lanturlu , etc.

Dessus cette affaire Le nonce parla ,

Dit que le Saint-Père N’entend point cela Qn’vn François dans Rome Ayt crié comme vn perdu Lanturlu , etc.

Pour banir de France

51C POÉSIES

Ces troubles nouueaux , Auec grand’ prudence Le Garde des Sceaux A scellé des lettres, Dont voicy le contenu, Lantiirlu , lantiirlu , lanturlu , lanture.

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