REQUESTE
A MONSIEVR DE PVY-LAVRENS, AV NO.M DE NEVF-GEBMAIN
Ce que dans vos vers i’entens lire,
Des Neuf Preux, et du bon Roger;
Me semble digne ((u'on l’admire :
Et le grand Gomain m’y fait rire.
Quand il en deuroit enrager.
Mais lors que pour rimer en euf,
Vous me parlez d’vn habit neuf.
De plaisir mon ame est bercée :
Et certes ie vais auoïiant.
Que c’est la meilleure pensée Qu’on jieiil auoir en me louant.
ÜK M(JNSIEVK DE VülTVUE. .N39
Tout ce que vous aue* escrit De ma Muse, et de mon adresse.
De ma force, et de ma proûesse.
Me semble de fort bon esprit.
Mais les vers de l’habillement ,
Sont , ma foy, d'\Tie grâce extrême ;
Et ie croy qu’Apollon luy-mesme Vous les mit dans l’entendement.
Du siecle les plus beaux esprits.
Brion, Chaude-bonne, Patris,
Et celuy dont l’architecture,
A sceii bastir le Pont d’E!sture ;
Ont à l’emiy chanté mon prix.
Vous-mesme niiez fait douze vers.
Qui seront dans tout l’Vniuers,
Plus estimez que cent harangues :
Et dans la gloire où ie me voy.
Rien ne me manque que ie croy,
Sinon, que Beaury’, et Harangues Fassent quelque chose pour moy.
VERS .V LA MODE DE NELJF-GERMAI.N
A .MONSIEVIl D’AVAVX (1).
L’autre iour lupiter manda Par Mercure, et par ses Prcuos,
Tous les Dieux ; et leur commanda Qu’on fist honneur au grand d'Auaux.
En deux parts 1e Eiel se banda,
-\uec noises et grands trauaux ;
Et maint Dieu ialoux clabauda . Contre l’honneur du gi'and d’.\uaux.
(1) tes lettres du nom finissant les vers.
POÉSIES
Entre autres, va grand haibreda.
Nommé Mars, Mauors, ou Mauos, Les dents grinça, iura, gronda.
Et dit rage contre d’Âuaux.
Vn iour, dit-il, il débrida Sur mon cbar mes quatre cbeuaux ; Et la Pologne accommoda Auec Suede ce d’Âuaux.
En vain l’ire en moy présida.
Si bien-tost ie ne luy reuaux.
En cent lieux il me dégrada Ce pacificateur d’Auaux.
La Paix dessus luy s’accouda , Comme sur l’vn de ses piuos :
Son Temple à ma barbe il fonda ,
Et le veut acbeuer d’Auaux.
Alors lupiter se rida ,
Comme vn vieux moine de Cleruaux Et dit en courroux, Mananda, Quelqu’vn veut-il fascher d’Auaux?
Mon Astre en naissant regarda Eius Auos et Proauos ;
Et tousiours ma faueur garda.
Et gardera le grand d’Auaux.
Minerue dit , Ouy da , ouy du , le l’estime, sicut et vos. •
De Paris iusqu’à Canada ,
Rien n’est égal au grand d’Auaux.
Les peuples d’audelà Breda ,
Il rendit contrits et deuos :
Et l’Empt'reiir appréhenda Tousiours l’esprit du grand d’Auaux
Imi Dannemarc il décida
DE MONSIEVR DE VOITVRE. Ui
Qu’il ne souffroit point de riuaux.
Car l’Espagnol il nazarda ,
Tant il est fier ce grand d'Auaux !
Le Comte-Duc mourir cuida L’oyant nommer dans Carauos :
Et dit tremblant, Por mi vida,
Es rn Diablo aqvel d'Auaux.
Par son langage, il ressouda,
Plus doux que n’est ius de pauos,
Saint Pierre, et saint Marc , et vuida Leurs differens, ce grand d’Auaux.
Le Pape alors se panada ,
Le colloquant inter Diuos :
Et le Doge le seconda.
Tous deux contens du grand d’Auaux.
Le delivreur d'Andromeda ,
Vit moins de mers, de monts, de vaux ,
Monté sur son ailé-dada ,
Que n’en courut ce grand d’Auaux.
En ces mots Minenie plaida.
On l’entendit dans Ronceuaux.
A ses dits le Ciel s’accorda :
Et chacun dit , Viue d’Auaux.
LETTRE