I*0ÉS1ES
Ai)($elique Hiiecque Renaiit.
Apres le bruit, on fait silence ; L’espoux et l'espouse s’aiiance ;
Les mots solennels furent dits;
Les deux Amans furent bénits ;
Et la trouppe assistante enuoye Vers le Ciel mille cris de ioye.
Bénissant leurs chastes amours,
Et priant qu’ils durent toiisioui's.
La Ville est pleine d’allegresse.
Le peuple les voit, et les presse, Tousiours les entoure, et les suit .
El sur le milieu de la nuit Mit dans la couche nuptiale La belle couple sans égale.
Lors Venus le rideau tira,
Et le monde se retira.
Car l’Amour tout seul et sa Mer»'
Virent le l’este du mystère.
En ce lieu l’histoire linil.
Car de dire ce qui se fit.
On n’en sçait aucune nouuelle,
Ni ce que deuint la pucelle :
Qui disparut depuis ce soir.
Et nul depuis ne l’a pû voir.
Du bout de l’Inde Orientale La belle Amante de C.ephale,
En son habit incarnadin ,
Se leua matin , ce matin ,
Pour voir la diuine pucelle,
Que les hommes vantoient plus qu’elle Mais scs soins furent superflus :
L’Aurore ne la trouua plus.
II n'en restoil aucune trace :
Et le monde vit en sa place Vne Dame de Colligny,
Qui dans vn éclat infiny Parut, ie ne dis pas plus qu'elle,
.Mais à tout le moins aussi belle.
Elle auoit le mesme agremenl.