‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 188 sur 229 · LA REYNE RÉGENTE · texte numérisé non relu

LA REYNE RÉGENTE

le pcnsois que la destinée,

.Après tant d’iniustcs mal-heurs, Vous a iustement couronnée De gloire, d’éclat et d’honneurs; Mais que vous estiez plus heureuse Lorsqu’on vous voyoit autres fois, le ne veux pas dire amoureuse,

La rymc le veut toutes fois.

(1) Femme du duc de Sainl-Symon.

(î) Mademoiselle du Vigean estuit aymée du duc d'Enghien.

(.1) l.a Reytie Anne d'Autriche ayant rencontré t'autheursous leaoml>rages de Rue) , et le voyant plongé dans une resuerie profonde , luy demanda à qiioy il pensoit ; quelques mnmens après il luv rrmettoit les vers suiuant.

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le ponsois que ce panure amour,

Oui vous presta iadis ses armes,

Est banni loin de vostre cour,

Luy, son arc, ses traits et ses charmes ;

Et ce que ie puis j)roliter,

l'ji [Kissant près de vous ma vie.

Si vous pouuez si mal traie ter Vu qui vous a si bien seruie.

le pensois, car nous autres poètes Nous pensons extraua{^amment ,

Ce que dans l’etat oii vous estes Vous feriez, si dans ce moment.

Vous auisiez en cette place Venir le duc de Buckingham Et lequel seroit en disgrAce Be luy ou du père Vincent (I).

le pensois : si le Cardinal , l’entends celuy de La Valette,

Poiiuoit voir l’éclat sans égal Dans lequel maintenant vous estes ; l’entends celuy de llf^)eauté ,

Car au])rés ie n’estime guère,

Cela soit dit sans vous déplaire,

Tout celuy de la maiesté ;

Que tant de charmes et d’appas.

Qui naissent partout sous vos pas,

Et vous accomi)agnent sans cesse ,

Le feroient pour vous soupirer;

Et que madame la Princesse (■2)

Auroit beau s’en désespérer.

le pensois a la plus aymahle Qui fût iamais dessous les cieux ;

A l’Ame la plus admirable Que iamais formèrent les Dieux ;

(1) Vincent de l’aul , confesseur de la revue.

(») Charlotte de Montmorency, princesse de Bondi , morte en I6j0. Elle estoit aymée du e.irdinal de La Valette.

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A la rauissante merueille D’vne bouche icy sans pareille,

La plus Itclle qui fût iamais ;

A deux pieds gentils et bien faits,

Où le temple d’amour se fonde :

A deux incomparables mains,

A qui les Dieux et les destins Ont promis l’empire du monde,

A cent ap]>a$, à cent attraits,

A dix mille charmes secrets ;

A deux beaux yeux remplis de flamme, Qui rangent tout dessous leurs lois :

Ueuinez sur cela . Madame,

Et dites à qui ie pensois.

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