PLACE
A MONbElGNEVH LE CAHDIWAL MAZAHIN,
l*OVR KSTHMI t.llW I.VÏ.
Prélat passant tous les Prélats passez ,
Et les presens; car ce n'est pins trop dire : Pour Dieu , rendez les souhaits exaucez D’vn cœur dolent, qui de vous voir desire.
Mais Mailaycr de tous Huissiers le pire ; Expert pourtant, et qui discerne bien Les gens d'e.sprit, ceux qu’il faut introduire. Et ceux aussi qui ne sont bons à rien :
Apres m’auoir tenu long-temps à l’huis.
Enfin demande, oii ie vay, qui ie suis, Pourquoy ie viens en ce lieu me morfontlre. Et me monstrer, sans qu’on m’en soit tenu? A tout cela, ie ne sçay que respondre ;
Et m’en reuay comme i’estois venu.
l’UliSlES
BALLVDE
A MONSEIGNEVR LE CARDINAL MAZARIN
SVR LA PRISE DE LA BASSfiE, l'aN 1847.
Vous VOUS trouuez lousiours dessus vos pieds ; I.ong-tcmps y a que ie l’ay dit en rime :
Et quoy, Seigneur, que disiez ou fassiez.
Vous faites voir vostre esprit magnanime. Digne tousiours de louange et d’estime.
L’Archiduc fier, et plus graue qu’vn roc.
Nous pensoit bien donner vn rude choc.
Mais sa tierlé par vous est repoussée.
Cét Allemand ne s’entend pas en troc.
Pour Landrecy de changer la Uassée.
Les Espagnols, et Flamans r’alliez
.Sous ce grand Chef, qui leur courage anime,
Pensoient desia nous v^r humiliez.
Et du bon-heur se croyoient à la cime :
Quand leur auez fait voir vn tour d’escrime. Qui dans le cœur leur donne vn coup d’estoc. Ores voudraient voir tous mousquets au ci-oc ; Tant vous rendez leur audace abbaissce : i:t disent tous, que c’est vn mauuais troc. Pour Landrecy de changer la Uassée.
Puissant esprit, qui nous fortifiez,
Et dont 1e soin nos ennemis reprime ;
Que vos succez par tout soient publiez :
Que vostre los en tous endroits s’imprime ;
Et que le chant dont mon ame s'exprime,
8e fasse oüir de Paris à Maroc.
Quand ie viiuvis aussi long-temps qu’Enoc, Tousiours diray, du fonds de ma pensée : Seigneurs Flamans, cas fut vn mauuais troc. Pour Landrecy de changer la Uassée.
DE .MU.NSIEVK DE VUlTVKE.
Et vous mutins, qui si mal auguriez,
Et que l’enuie à grand tort enuenime :
Force vous est, qu’ores vous admiriez Du grand Prélat le iuggment sublime.
Kepeutez-vous, connoissez vostre crime Car le Lion s’enfuit douant le Coq :
Et Léopold se va coiffer d’vn froc, N'oyant si tost sa victoire effacée ;
Et iuge bien qu’il fit vu mauuais troc , Pour Laudrecy de changer la Bassée.
KHSPüNSfc:
A L'EPISTRE ESCRITE A MADA.ME LA MARQVISK DE MONTAVSIER,
SVR SO!< aOVVKI. ACCOVCIieME:tT.
Seigneurs Cheualicrs Catalans, Vous estes courtois et galans :
Et montrez bien par vostre lettre.
Que vous auez csc^te en mètre.
Que trois peres peuuent sonnent.
Faire ensemble vn fort bel enfant.
Le vostre en arriuaiit au rapnde, D’vne éloquence sans seconde.
Parle, raisonne, raille, et rit ,
Et de ses peres a l’esprit :
L’esprit de chacun de ses peres, Tous trois de diuerses maniérés.
Le noslre encore ne dit mot.
'X’est vn fort dépiteux marmot.
Tout du long de la nuit il crie :
Et tout le iour est en furie.
Fier, opiniastre et mutin.
Aussi farouche qu’vn Lutin.
S’il se fasche, onc il ne s’appaise.
On luy déplaist, quand on le baise, 11 pince, il égratigne, il mort ;
El gronde inesme quand il dort.
Dn reste, belle crealui-e,
Kt d’une Iros-ltnnne nature ;
Et qui le voit bien en effet.
Dit que c’est le pere tout fait.
Sa belle et son aimable inere.
M'a donné charge de vous faire Mille et mille remercimens,
Cent et cent mille compliinens :
Ce sont en tout deux cent deux mille . Mais c’est que la llame est ciiiile, Tres-sensible à tous vos bien-faits :
Et vos vers lui semblent bien-faits.
^'ostre lettre l'a réjoüie.
Plus qu’autre qu’elle ait onc oüie :
Et lisant Louys de Bourbon,
Elle tressaillit tout de bon,
Ce nom tout seul la rendit gaye.
Mais quand elle lent la .Moussaye,
Elle tomba tout de sou haut ;
Et ne riîuint que pour Arnaut.
.'Vrteniee la bonne et belle.
Ou de Viuonne, ou, de Sauelle,
Vous pouuez choisir de ces noms,
Car l’vn et l’autre .sont très-bons ;
Vous rend, Seigneur, bien humble grâce, De vostre soiiuenir, qui passe Les honneurs qu’eurent ses .\yeux, Trionq)hans et vietcirieux ;
Hiiand le Tybre dessus ses riues Voyoit les despofiilles captiues,
Ou’apres cent belles actions,
Ils remportoient des Nations.
Il reste à vous parler du j)ere.
Qui ne vaut pas moins (|ue la mere,
Le fier et braue Montausier,
Dont le cœur est franc comme osier.
Il trouue vostre Pot'sie Tout à fait à sa fantaisie.
Partout pleine d’art et d’esprit :
Et ie eroy, selon qu’il le dit.
Qu’il faut (|ue la pièce soit bonne.
UK MON-SIKVIl UK VOU’VKK. M8o
Car ont' il ne llatla personne :
Kt pour le Pape il ne diroit Vne chose qu’il ne croiroit.
>’ous n’uiions sur vostre escrilnre Ph tirer vn mot de Voiture.