C.ar il est en niesehanle luuneur
Kt deuenu niauuais rimeur.
Il ne se meslc pins d’escrire :
Ou s’il esrrit, c’est pour médire.
Il est de faschetix entretien.
Saturne est moins Saturnien :
Kt selon qu’il est en mal-aise.
Le meilleur sera qu’il se taise.
Car .Maistres-d’hoslel sans rpiartier,
Sont pires que Bombe, ou Mortier.
Bien n’est égal à leur manie.
Ce sont vrais Tigres d’Hyreanie :
Kl iettent dessus toutes gens,
Ues grenades aiiee les dens,
Gomiiie ces animaux saunages,
Qu’Amaud décrit en ses ouurages.
On a beau leur crier, hola :
Deçà grenades, et délit.
Grenades dessus la Moussaye,
Dont il est force qu’il s’effraye.
Grenades sur le pauurc Amant,
Il en vient d’embas, et d’cnhaiit.
Prenez garde qu’on ne vous blesse.
Ils n’épargnent pas son Altesse :
Son Altesse, que le Dieu Mars Epargne dans tant de bazars ;
Kt que Pallas sa seure guide,
Couurc par tout de son Egide.
Mais, pour dire la vérité,
Il est iustement irrité,
Et i’ose vous dire, sans craindre,
Qu’il a quelque droit de se plaindre.
Le mot est bien vray, Messcignetns,
Que les honneurs changent les mœurs, tComine on dit en cette pronince)
Un temps que Monseigneur le Prince
l’OÊSIliS
Ne tenoit pas vn si haut rang,
Qu’il n’estoil que Prince du sang.
Que vainqueur de trois cens murailles, Et que gagneur de trois batailles :
Voiture esloit aimé de luy,
Comme d’autres sont aujourd’huy;
Mais du iour qu’il fut fait Grand-Maistre, Il fit sa faueiir disparestre :
Et laissa dans vn grand de<‘Jiet Feu son Compere le Brochet,
Le Brochet iadis son Compere,
Et qui quelquefois luy sceut plaire.
Tous les Estangs de ces païs, TousFleuues, en sont esbaïs :
La Tanche pai’ tout en caquette,
La Carpe n’en est pas muette.
Et de mille estranges façons Cela fait parler les poissons.
Il n’est goujon qui ne murmure, Considérant cette auenture.
Et qui ne dise entre ses dents.
Les Prmees sont d’estranges gens :
Heureux qui ne les connoist guère.
Plus heureux qui n’en a que faire.
Ces goujons sont hardis pourtant :
le n’en voudrois pas dire autant.
Mais le menu ptmple s’expose A discourir de toute chose.
Or laissons ce fascheux discours ; Reprenons nostre premier cours.
S’il vous plaist de me le permettre, l’admire dedans vostre lettre,
Celuy qui dit que son dada Demeura court à Lerida ;
Et dis de plus en asseurance.
Que ie ne sç-ay qu’vn homme en France, Qui de la sorte osast rimer.
Et l’osant, osast se nommer.
Quiconque trouua cette rime.
Doit auoir le (xeur magnanime ;
Et montre que les accidens
DK MONSIKVH DK VüITVHt:.
Ne le troublent point au dedans.
11 reconnoist bien que la gloire Est quelquefois sans la victoire ;
Et qu’en celle-cy le hazard Souuent a la meilleure part.
Mais il n’est chcual si superbe,
Qui ne bronche, dit le prouerbe ;
Ou par fois ne demeure court, Mesmement, quand bien fort il court.
Tous ceux qui sont dans les .\nnales.
Les Cyllares, les Ducepiiales,
Dassebrun chenal de Morgant,
Bridedor celuy de Roland,
Bronchèrent tous, et par fois cheurent ; Toutefois bons chenaux ils furent.
Vn ioin- Pégase aussi broncha.
Et, peu s’en fallut, trébucha :
Qnoy qu’il fust dans vne carrière.
Où pierre n’auoit, ni poussière :
Pourtant , comme Ouide le met,
Pégase fut vn bon bidet.
Mesme le grand chenal de Troye, (L’Histoire veut que l’on le croye) Pensa demeurer en chemin,
Qtioy que l’on le menast en main.
Et qu’il eust les iambes si fortes.
Que seul il portoit dix cohortes.
Son Altesse donc feioit mal.
S’il en prisoit moins son chcual.
Qui l’a scruy par tant d’années,
Et dans tant de grandes ioumées.
Sans iainais faire vn mauuais pas.
Et ce seul coup s’est trouué las.
Mais si iamais il y remonte, fComme ie s^ay qu’il fait son conte)
Il refera trembler de peur Le Roy d’Espagne et l’Enipereur.
Dieu veiiille (pi’iey l’on le voye Bien-tost plein d'honneur et de ioye.
Mais sans aller à Saint Dizier,
Comme il escrit. Pour Montaiisier,
,S88 l’OÉSlKS LIE M. UE VOITVUE.
Elle desire qu’il reprenne
Le droit chemin du Bourg-la-Keyne.
A Paris nous le souhaitions,
Et tous les iours le regrettons.
('.ar nous l’aimons d’amour extivine.
le ne S(,'ay s'il en fait de mesmc.
Mais pour moy, ie penserois hien,
Que res grands hommes n’aiment rien.
Pour le seigneur de La Moussaye La chose est hien seure et hien vraye. Que qui ne verroit que ses vers.
Et ne sçauroit point ses reuers,
Un l’aimeroil d’amour trop forte.
Il eserit d’vue l)elle sorti;.
Il a fort bon entendement,
Parle de tout capahlemeiit, luge très- hien de toutes choses.
Mais s’il est bon, sont lettres closes :
Irt le croire seroil abus.
Quand tels rihauds seroienl pendus,
Ce ne seroit ja grand dommage, le n’en diray pas dauantage.
Adieu vous dis. Monsieur .\rnaut.
Le Ciel vous pre;»eruc du chaut.
Car le séjour de (Catalogue,
Vous peut donner de la besogne.
Sur tous sujets faire des vers, ^
Escrire en cent endroits diuers.
Passer les nuits à la campagne,
Et les iours au Soleil d’Espagne ;
Ne dormir qu’à basions rompus.
Songer à faire des rébus,
Suiure tousiours quelque pensée, Aiioir eu 1a leste cassée :
C’en est plus qu’il ne vous en faut. . Adieu vous dis. Monsieur Arnaiil.
VERS EN VIEVX LANGAl’.E
RESPONSE