I.ETTBE IV
Monseiofab,
Comme nous auons esté au milieu de nostre voyage : vn veut Noi't-oiiesl s’est leué de terre ; et s’est renforeé de telle sorte, qu'il nous a contraints de gagner ce lieu , (lui est \ n petit port de Mer appellé Mout-rouge. La pluye a esté si violente, et l’orage si grand, (|ue c’est vue merueille que nous nous soyons sauuez. Et sans les prières des gens de bien, qui se sont trouuez auec nous, ie crois que nous estions perdus. Mademoiselle de Kaml)Oüillet , dans le fort du péril', a voué, que deux mois durant, vous iriez tous les huit iours à confesse : et moy, à vn grand coup de vent, j’ay promis que vous jeusnericz trois iours entiers. Nous vous supplions tres-humblement. Monseigneur, de nous aquiter exactement de nos vœux. Car nous ne sommes pas tellement hors de danger, que nous dénions rien mépriser. L’air est encore extrêmement brouillé : et nous voyons des signes au Ciel, et des esclairs, qui nous font tous transir. C'est vne chose pitoyable de nous voir en ce lieu. Mais tant que ce vent tirera , ce seroit une témérité trop grande d’en partir. L’on nous a dit, que l’on tâchera à nous Irouuer icy du pain; et que dans huit iours, il pourra y auoir des febves. Sur cette espérance. Monseigneur, nous vous baisons tres-humblement les mains, et moy particulièrement, qui suis,
MoNSEiGNEva, Vostre, etc.