A MONSIEVR GO V LAS
Conseiller cl Secrétaire des commandemeiis de S. A. It. Monseigneur le Duc d’Orléans.
LETTRE VU
Monsievb,
l’implore vostre secours, si tous mes autres amis m’ont oublié : et ie vous fais ressouuenir, que vous m'aiiez appris autrefois, que cela ne vous arriueroit iamais. le suis retounié en ce lieu |>our y attendre les cummandemens de Monseigneur : et il me semble, que ie suis reculé en vn bout du monde, d’où (tersonne n’a soin de me tirer, le vous supplie tres-humblement, de me faire sçauoir, si vous ne l’auez desia fait, ce que l’on ordonne que ie face. Ayez, s’il vous plaist, cét auantage sur Monsieur de Chaude-bonne : et faites voir, que le plus homme de bien de la Terre, et qui aime le mieux ses amis, n’est pas si exact à les seruir, que Vous. Outre qu’il vous en reuiendra quelque gloire; ie reconnoisiray cette obligation comme ie dois : et il me semble, que ie la reconnois desia, en quelque sorte, puis que ie vous escris, et que ie ne luy escris point. Mais, puis que son amitié est si endormie ; ie voudrois bien la resueilier auec vn peu de jalousie : et ie seray bien aise qu’il sçaebe que ie suis auec? toute sorte de passion, et autant que de personne du monde.
Monsieur, ie ne croy pas que vous soyez si mal-beureux, que de ne connoistie point Madame la Comtesse de Harlaymont ; et que vous ayez perdu tant de temps à Bruxelles. le vous supplie treshumblement de me permettre de l’asseiirer icy : qu’en quelque lieu que ie me sois trouué, elle a tousiours esté dans mon esprit, comme la plus illustre femme que j’aye iauuiis veiië, et qui mérité le plus il’estre aimée, honorée, et seruie,
MoNsiEva, Rostre, etc.
De Madrid ce 15 laiiuicr 15.13.
I»K MONSIEVR DE VOITVRE.
A MONSIEVR