‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 200 sur 229 · I.F.TTIIF. XI · texte numérisé non relu

I.F.TTIIF. XI

Mo.NSIF.VB ,

Le malheur qui a retardé mes lettres, et qui von.s a empesché de h“s reeeuoir, denant que vous me li.s.siez l'honneur de m’eserire pour la seconde fois : a esté au moins heureux en c(;la ; qu’il vous a donné occasion de faire vne si grande bonté ; et à moy de reeeuoir tant de témoignage de la voslre. Vos interests me touchent de telle .sorte plus (|ue les miens: (pic ie vous asseure, .Monsieur, qu’en cela ie n’ay pas eu tant de joyede connoistre que vous m’aymezlieaucoiip; que de voir, que vous sçauez parfaitement aymer ceux qui sont à vous, et que vostre générosité mérite toutes les loüanges qu’on luy donne. Vous ne le sçanriez mieux faire paroistre, qu’en ayant soin d’vne personne, qui vous est si inutile; et en laquelle ie ne vois rien qui vous puisse obliger à cela, que l’extrême inclination (pie i’ay à vostre tres-humblesiTuice. .Si d'auentnre, Monsieur, vous y voyez ipiehpie autre chose : ie tàcheray de ne pas démentir voslre

DE MO.NSIEVU DE VOIÏVHE. . 013

iugenieiit ; el d’estre tel que l’on ne vous accuse pas de faire de mauuais choix, et d’employer mal vue chose si précieuse que vosire affection. C’est desia, ce me semble, quelque disposition à cela, que de vous honorer aussi particulièrement que ie fais : et il n’y a qu vue ame bien faite, qui peust auoir une si iiistc et si grande passion qu’est celle que j’ay d’estre,

Moxsievr, Vostre,etf.

De Madrid ce 17 d’Auril.

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