‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 210 sur 229 · METAMORPHOSE DE LVOINE E\ ROSE · texte numérisé non relu

METAMORPHOSE DE LVOINE E\ ROSE

l'OVR MADAME LA MARQVISE DE RAMBOVIU.ET.

Dans l’enrlos dos sopt monlagnos, rpii ont si loiifî-lonips fait lifinblcr toiito la Torre : nasqiiit vne Nyinplio . dont It* Soleil fut anionreiix, et que les Dieux et les hommes aymereni également. Klle eut VII corps foible, mais parfaitement beau, vne sagesse diiiiiie, et vue rondnite meriieilleiise. Venus, qui Iny voulut mal, à caus«‘ de sa lieauté, etpourOe qu’elle jiigeoit estre moins honorée d’elle, que les autres Déesses, entreprit sur sa vie. Mais Phebns la sauna , la changeant en vne Fleur, qui est encore aiijourd'huy, comme elle, la plus belle , et la plus délicate de tontes les idioses créées. Le Ciel , et la Terre se resioiiissent de la voir. Elle est le Soleil des fleurs , comme elle l’cstoit autrefois des b<-autez. Elle porte la liiirée de la Pudeur, et de la Chasteté; et s’est resemée cette propriété, qu’encore aujourd’huy elle met en bonne odeur, toutes celles qu’elle accompagne. Non plus qu’autrefois, elle ne desire pas qu’on l’approche. Elle s'arme d’espines, pour s’en défendre : et il est aisé à juger qu’elle n’ayme pas qu’on la touche. Elle se lient enfermée les trois parts de l’année. L’extrême chaud, et l’extrême froid la blessent. Et l’on ne la voit pai'oistre qu’au l’rinlemps.

MKTAMUIU’HOSKS

(i;ts

M ICTAMOIll’llüSK DK IlLIK EN DIAMANT.

l'ÜVK MADAMK I.A MAIKJVISK DE MO.NTAVSIEU.

Kii lii partie du Monde où le Soleil se leue, et où le Ciel engendre les^pierres preeieuses : nasqnit par iniraele vne Nayade, la plus accomplie , que les Dieux eussent iamais faite. Et la mer n'aiioit ianiais rien veù de si beau, non pas inesiiie le iour qu’elle lit naistre Venus. Neptune, pour l’amour d’elle, donna de la jalousie à Tluîtis, et à toutes les Nymphes del’Üeean. Mais lassé de ses mépris, il la (diangea en vne pierre, que les Grecs appellent Vnique, ou Diamant. Comme elle fut incomparablement belle, d’un esprit diuin, ùisensible, opiniasire, et impérieuse; cette pierre a vne beauté ipii efface toutes les autres, vn feu ipji semble venu du Ciel. Elle ne se jM-ut rompre par nulle force. Elle résisté au fer, et au feu; et elle monte jusques sur la teste des Roys. Comme elle futaymée de tous ceux qui la connurent, les Grands et les petits rayment encore : et elle est désirée ib; tout le monde. Enfin, le Ciel et la Terre ne font rien de si parfait : et les hommes ne connoissent aucune chostî de si grand prix.

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