‹ Les œuvres de Monsieur de VoitureChapitre 216 sur 229 · LETTRE DE MONSIEUR COSTAR · texte numérisé non relu

LETTRE DE MONSIEUR COSTAR

A MONSIEVR DE PIIVCHESNE,

SVR I,E SVJET nv FRAGMENT D’ALCIDAUS (1).

Monsievr,

Si j’en suis creu, vous ne priuercz pas le public de ce commencement d’Histoire, dont il vous a pieu de me faire part. C’est vn grand dommage que vous ne puissiez la luy donner toute entière : et le pis que j’y vois, c’est vn dommage irréparable; puis qu'il n’y auoit en France, que le seul Monsieur de Voiture, qui pût achener ce que Monsieur de Voiture auoit commencé. Cependant, ieconnois assez le goust des honnestes gens, pour vous oser répondre , que ce petit Fragment d'Alcidalis, ne sera pas moins recherebé, que s’il y auoit mis la dernierc main : et mesme qu’il en arriuera peut-estre comme de l’Iris d’Aristide, des Tyndarides de Nicomaque, et de la Venus d’Apelles; qui au rapport de Pline, n’ayant que leurs pre-

(1) l’ay creu que ie ne pouuois mieux remplir le vuido de cette histoire, que de la lettre de Monsieur Costar sur le sujet de cét Ouurage. Il en parte si dignement, et si fort à l’auantago des Fragmens des rxcellens hommes; que rien ne sçauroit mieux consoler le Lecteur, du regret de ne voir point in fin de cette Auanture. le voudrois bien luy auoir pû donner la satisfaction toute entière : et que l'Autlieur eût esté jusqu'au bout. A ce défaut, ie luy feray part d’vn autre Fragment de sa façon , qui n'auoit pas eu jusqu’icy la hardiesse de se montrer tout seul ; mais qui à la faueur de l'autre, pourra bien n'estre pas dédaigné de ceux qui le verront. Si sa matière n'est aussi pleine de charmes , et aussi riante que du premier; elle est en recompense plus graiie et plus se rieuse : et ie m'asseure que le Lecteur iudicieux ne regrettera pas moins sur son sujet, que siirceluy de l'autre , qu'il n'ait point sa perfection.

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