A MONSIEVR DE PINCHESNE
j’en suis charmé. Quelques rares que soient ses pensées, il n’est pas allé les chercher bien loin. 11 les a trouuées sur les lieux, et en des lieux, où j'ay passé cent fois en ma vie sans y remarquer rien qui ne fut commun. Mais c’est, que cét excellent Génie auoit le secret de découurir dans le fonds des choses, des veines de marbre, des mines d’or, des carrières de diamans, et en vu mot, des Trésors, qu’il sembloit que les Démons eussent reseruez pour Itiy , et qu’ils les eussent enuiez aux simples mortels, l’entens les Démons des bonnes et des belles lettres, dont il estoit le confident et le fauory. En effet. Monsieur, il falloit bien, qu’il y eust de la magie en cela. Autrement, pourqnoy et moy et mes confrères les faiseurs de liiires, n’eussions-nous pas apperçeu ce qui nous paroist <lans ses écrits, si facile à rencontrer? Sans doute, son esprit familier, qui luy ouuroit les yeux et qui luy conduisoit la voué, détournoit la nostre, et la couuroitde quelques niiages. Vous n’en croirez pourtant, Monsieur, que ce qu’il vous plaira : pourueu, que vous vous laissiez persuader ce que ie demande instamment de vous, qu'à la première édition nouuelle des amures de Monsieur vosire Oncle , vous preniez le soin d’y faire adjouster son Alcidalix. le consens que vous m’en fassiez reproche, si vous n’en rceeuez de tous eostez des remerciemens et des louanges ; et si pour mon droit d’auis, vous n’augmentez encore de quelques carats ,0a précieuse amitié dont vous honnorez ,
Mo.xsiEvn , Vostre, etc.
ELOGE DV COMTE DVC D’OLIVARES,