A MONSIEVR LE MARQUIS DE SOIIRDEAC
n Londres (I).
LETTRE LX
Monsibvb,
Quoy que ma maiiuaisc fortune me doiue auoir endurcy à toule.s
(1} O marquis de Sourdéac est te meme que celui dont il est p.irlt' dans noire hisloire dramatique.
DE MONSIEVH DE VOITVRE.
sortes ik* dépluisirs ; ie ne me puis accoustumer à celuy de no receuoir plus de vos nouuelles : et il me semble que la perte de vos lettres, est vn malheur qu’vn honneste homme ne doit pas. souffrir constamment. l’attcns uuec impatience, il y a beaucoup de iours, que vous me fassiez l’honneur de faire réponse à la dernière que ie vous ay escrile , et que ie mis entre les mains de Madame vostre femme. iMais enfin ma patience s’est acheuée : et ie ne puis différer plus long-temps à vous supplier tres-humblcment de me tirer de peine, et de m’apprendre par vne des vostres, quel accident m’a iusques-icy retardé ce bonheur. Vous voyez , Monsieur, quelle asscurance j’ay en vos paroles , et quelle extrême confiance ie prens en vostre bonté : puis-que j’ose vous demander si hardiment vue faueur, que ie ne sçaurois iamais mériter, si vous ne me l'aiiiez promise , et que ie vous presse de me payer exactement , comme vne debte bien acquise, ce qui n’est qu’vne grâce, et vne pure libéralité. Puisque vous auez tousiours témoigné d’auoir tant d’inclination à cette vertu : ie crois que vous serez bien-aise de voir qu’en despit de la fortune, vous la pouuez encore exercer, et qu’il est en vostre pouuoir de faire du bien à vne personne qui vous en demande. Au moins, ie vous asseure qu’il sera bien employé, et bien reconnu : et que vous ne sçauriez en rien mieux témoigner vostre bonté : qu’en me faisant l’honneur de m’asseurcr que vous in’aymez , et que vous voulez bien que ie me dise («artout ,
Monsibvr , Vostre, etc.
A Bruxelln ie Aouxt
A MADEMOISELLE DE RAMBOVILLET.