I.ETTRE r.VIII
Madame,
Quelques galantes que soient les Lettres de Monsieur de la Mesnardiere : nous n’auons pû nous contenter Mademoiselle de Chalais et moy, de ne l'eceiioir que cela à ce voyage , mesmeraent ne nous ayant appris antre chose, sinon que vous estiez fort enrumée. Mais cela est estrange , que moy qui vous ay tant fait la guerre , d’estre trop craintiiie, en ce qui est de vostre santé, ay pris à cette heure cette mesme humeur pour ce qui vous regarde , et qu’vn rume que vous auez me tourmente plus qu’vne fièvre continue que j’aurois. Il est vray, que j'y ay maintenant assez d’interest pour m’en mettre en peine , puisque de là dépend vostre voyage , et de vostre voyage toute ma joye. Car ie vous asseure , Madame , que ie suis résolu à n’en auoir aucune, si vous ne venez pas , et que ie dois estre le plus heureux ou le plus malheureux homme du monde cét hyuer, selon la résolution que vous prendrez, le vous puis dire aussi , que vous aurez vostre part du contentement que vous nous donnerez , et que vous serez icy indubitablement plus diuertie et plus gaye, et par conséquent plus saine. Maia eti attendant que vous veniez ; que vous seriez bonne s; vous vouliez enuoyer deuant Mademoiselle Coui» et Mademoiselle de Bois d’Amour ! afin qu’au moins durant ce temps-là, J ’aye quelqii’vn à qui parler de vous, et auec qui ie puisse tromper mon impatience
Cela est bien hardy. Madame, d'effacer quatre lignes tout de suite, en écriuant à vne Marquise. Mais vous sçauez mieux que personne, combien il importe que cela soit permis, et de quelle vtilité est dans la société humaine la liberté des effaceures. le n’escris point à Armande. Or ie suis dépité, de ce qu’elle ne m’a point écrit ce dernier voyage, l’enuoye vne bourric/te, de Galans, que ie uous supplie tres-humblement de faire mettre entre les mains de sa confidente. Elle en vsera comme elle verra plus à propos : et les gardera pour elle, .si elle iuge, qu’elle ne les puisse présenter à Armande, sans donner du soupyoïi à sa merc. le la prie pourtant de choisir les plus beaux, et de vous les présenter de sa part, ledirois de la mienne, si j’o.sois; et si ie ne scauois bien que vous ne prenez gueres de plaisir, (piand on vous donne, le leur ennoye aussi des images : pourcc
DE MONSIEVH DE VOIÏVKE.