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IV. — Garderie u'enfants

Les Orphelinats, quels qu'ils soient, ne peuvent recevoir les enfants que lorsqu'ils sont en âge de suivre l'école, lorsqu'ils ont sept ans. Pourtant, dans leurs visites charitables, les dames de la Réunion rencontraient fréquemment de pauvres petits enfants orphelins ou abandonnés, tout à fait en bas âge. 11 n'existait nulle part d'établissement organisé de façon à les recueillir. Ouelquesunes de ces dames, sans s'effrayer de la charge nouvelle qu'elles allaient assumer, résolurent d'en créer un. La Garderie pour petits enfants de deux à sept ans, orphelins ou abandonnés, sans distinction de culte, s'ouvrit le 1er juillet 1888, rue de la Borne, 35, à Sannois (Scinc-et-Oisc), offrant à ses jeunes pensionnaires les avantages du grand air, la salubrité de la campagne.

Etablie dans des proportions modestes elle ne pouvait recevoir que 14 enfants, et, ce qui montre bien l'incontestable utilité de cette création, trois années pins lard (juillet 1891) la petite maison de Sannois était devenue tout à fait insuffisante. Le Comité dut transférer l'établissement à Pontoise (Seine-et-Oise), rue Saint-Jean, .")('), où dans un immeuble plus vaste il peut placer 20 enfants. Malgré cel agrandissement la maison est au complet, et nombre d'enfants sont inscrits d'avance pour les places que le départ des plus âgés pourra rendre vacantes.

La santé de ces petits êtres, dont souvent, les parents sont morts jeunes, ou qui appartiennent à des familles très pauvres, est délicate. Le Comité qui a réussi, depuis l'origine, à balancer ses comptes et qui a commencé l'année avec 700 fr. en caisse, espère que ses ressources lui permettront, cet été, de suivre le conseil que lui donnent ses médecins et d'envoyer les enfants de la Garderie passer deux mois au bord de la mer.

En trois années et demie (du 1er juillet 1888 au 31 décembre 1891) la Garderie a dépensé 20,582 fr. 30 c.

La présidente du Comité est M"10 Ernest Fontanès.

Nous avons indiqué, au cours de cette notice, le chiffre des dépenses totales de chacune des quatre caisses de la Réunion. Il faut ajouter que, de 1862 à 1871, la Société tics catéchumènes, origine première de la Réunion, avait dépensé K)7.2:{'i fr. 03 c. Enfin les dépenses de l'année 1892 n'ont pu être indiquées, les

ORPHELINATS

comptes n'étant pas entièrement clos au moment où nous écrivons. Ces dépenses avaient été évaluées, au budget voté par l'Assemblée générale, pour tous les Comités réunis, à la somme de 53,035 fr., qui sera certainement dépassée.

En additionnant toutes ces sommes on voit que, de 180:2 à 1892 inclusivement, l'œuvre créée par M. le pasteur Athanase Coquerel fds, la Réunion protestante de charité, a pu, grâce au généreux concours de beaucoup d'amis des pauvres, consacrer à leur soulagement une somme totale de 1,538,646 fr. 87 c.

ETIENNE CoqUEHEL, ancien pasteur-aumônier.

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