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PARIS — ORPHELINAT ÉVANGÉLIQUE DES BATIGNOLLES

M. le pasteur Louis Vcrnes était depuis peu dans la vaste paroisse des Batignolles, lorsqu'il fut appelé auprès d'une mère gravement malade. La pauvre femme avait deux jeunes enfants qu'elle allait laisser sans ressources d'aucune espèce, et son anxiété à leur sujet la troublait profondément. Elle supplia le pasteur de se charger de ses enfants afin qu'elle pût mourir en paix. M. Vernes n'hésita pas; il promit à la mère que ses enfants trouveraient un asile où ils recevraient tous les soins matériels et moraux nécessaires : tels furent les deux premiers orphelins de l'établissement.

D'autres cas à peu près semblables se présentaient sur divers points de la grande paroisse, extra-muros à cette époque, et qui comprenait l'arrondissement de Saint-Denis en entier (Batignolles, Passy, Montmartre, Clichy, Saint- Ouen, etc.). Pour répondre à tous ces besoins, M. Vernes, appuyé par le Conseil presbytéral, fonda, en 1854, la Maison d'orphelins et d'orphelines. 30, rue Saint-Etienne, qui reçut aussitôt 1 1 pensionnaires, garçons et filles.

Un grand nombre de dames de la paroisse, en particulier Mme Oberlin, nièce du pasteur de ce nom, secondèrent les efforts du Conseil presbytéral : elles firent une grande quantité de vêtements de pauvres qu'on vendit en décembre 1854. Cette première Vente produisit 545 fr. 95 c. En même temps, une touchante circulaire de M. Vernes faisait appel à tous les membres de la paroisse, riches ou pauvres, et mettait le nouvel établissement sur leur cœur. Des tirelires étaient déposées dans chaque foyer pour recevoir les offrandes des membres du troupeau. Ces boîtes produisirent jusqu'à 2,462 fr. 75 c.

L'Orphelinat se développa rapidement et dut se modifier : lorsque les premiers enfants admis eurent grandi, il fallut renoncer à garder les garçons et trouver de l'occupation pour les jeunes filles que l'on désirait garder jusqu'à dix-huit ans; c'est ce qui amena la création de l'Ouvroir. Le travail des enfants est un des éléments importants de la Vente annuelle.

En 1858, on installa l'Orphelinat de filles rue Sainte-Thérèse (aujourd'hui rue Clairaut) où il est encore, et afin d'assurer la stabilité de l'œuvre, M. Vernes acheta lui-même la maison.

Bientôt les portes de l'établissement durent s'ouvrir pour des orphelines de l'ancien Paris et des départements, et en 1860 on fonda, pour les élèves devenues nombreuses (elles avaient atteint le nombre de 50), une école spéciale. Jusque-là elles avaient suivi l'école protestante de la paroisse. Pour les

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loger sainement et largement il fallut construire un nouveau pavillon dans le jardin.

Tous ces développements amenaient une grande augmentation de dépenses cl n'auraient |>u se produire si le généreux fondateur, en attendant des ressources régulières el normales, n'avait, chaque année, payé sans compter les excédents île dépense. Peu à peu, cependant, le budget tendit à s'équilibrer : on obtint des pensions du Diaconat général et des protecteurs (la pension de 20 fr. à l'origine a dû être portée à 25 fr. par mois); on établit une collecte pour l'achat des étoiles destinées à confectionner le linge, et le produit de la Vente alla croissant d'année en aimée : il atteint actuellement 10,000 fr.

L'Orphelinat a reçu depuis l'origine 375 pensionnaires; 323 en sont sorties et sont placées pour la plupart à l'étranger, où leur bonne conduite les fait apprécier.

S. LoHRIAUX, Secrétaire du Comité.

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