MAISON EVANGELIQUE
vie et le bien-être, à la plupart de ceux qui ont séjourné dans son établissement. Il en rend à Dieu d'abondantes actions de grâces.
Lucien BenOIT-LeeNHARDT, Président et Fondateur.
BEUZE VAL-SU R-MK (Calvados) — MAISON ÉVANGÉLIQUE
Si Beuzeval, charmante plage du Calvados, possède une Maison évangélique, une église, elle le doit au zèle et à la générosité de deux hommes dont on ne saurait séparer les noms : M. H. Toupet et M. Sébastien de Neufvillc. Près de sa villa, M. Toupet voulut une demeure de paix et de repos pour les familles qui ne pouvaient, à cause de la modicité de leurs ressources, respirer l'air pur et vivifiant de 1 a m er . Tel 1 es furent, dès 1864, les origines de la Maison évangélique de Beuzeval, qui évoque, pour les nombreuses personnes qui y ont passé des vacances heureuses, les souvenirs d'une profonde reconnaissance. M. Toupet,
secondé d'une ma- Sébastien de muraux
nière admirable par
M,ue Toupet, avait rendu Beuzeval le rendez-vous de si nombreuses familles protestantes qu'une église parut bientôt nécessaire, et sur les bords mêmes
ŒUVKES DE CHARITÉ
de la mer s'éleva un beau temple. M. S. de Neufville avait été le collaborateur dévoué de M. Toupet; issu d une famille de réfugiés français, il avait les vertus et la piété de ces nobles ancêtres. Nul ne faisait un plus bel usage de sa fortune. C'était par milliers el milliers qu'il répandait le Nouveau Testament, comme il savait aussi, avec une persévérance que rien ne lassait, secourir les orphelins, et s'intéresser à toutes les œuvres de nos Eglises. Prés de trente années se sont écoulées depuis que cette belle œuvre fut fondée; M. et Mme Toupet ne sont plus, mais Unir tradition est conservée pieusement par leurs enfants, M. le docteur et M"'c Challand, née Toupet. Aujourd'hui la Maison évangélique possède \ï chambres de pensionnaires, et peut recevoir 80 personnes. Si précieux sont les services qu'elle rend qu'il est nécessaire de s'adresser longtemps à l 'avance pour avoir des places. Le prix de la pension est de 3 fr. 50 c. par jour. Due à une pensée touchante et que seule la délicatesse d'un cœur aimant pouvait inspirer, la Maison évangélique de Bcuzeval reste une des créations les plus heureuses de cet amour chrétien qui fait des disciples du Christ une famille de frères.
La directrice de la Maison est M'"° Challand, à laquelle les demandes d'admission doivent être adressées avant le Ier juillet, à Genève, square de Champel, et pendant la saison, à Bcuzeval (Calvados).
MENTON (Alpes-Maiutimes) — VILLA HELVETIA
.Menton devait être un Sanatorium unique en ce monde. Il l est devenu. Mais il est situé à l'extrémité sud-est de notre France, la dernière station de Paris-Lyon-Méditerranée, sur la frontière de l'Italie. Le voyage est long et coûteux : le séjour n'y peut être à bon marché. Chacun ne possède pas de grosses rentes. Les malades riches seront-ils les seuls à pouvoir profiter d'un pays et d'un climat pareils ? Non. H y a des chrétiens et des chrétiennes à Menton. H y a donc eu des âmes charitables qui ont cherché et trouvé les ressources nécessaires pour en faciliter le séjour à de jeunes personnes délicates, fatiguées, anémiques, épuisées par le travail ou menacées de la phtisie, institutrices, diaconesses, missionnaires, filles ou femmes de pasteurs, auxquelles un ou deux hivers passés dans ce lieu privilégié entre tous peut faire un bien si considérable.
Au printemps de 1874, l'idée en était lancée par le pasteur de l'Eglise évangélique française, M. J. Delapierre, et immédiatement accueillie par une amie
VILLA IILLVLTIA
au cœur généreux, M"10 Dudgeon, qui y avait aussi pensé de son côté, mais sans Lavoir encore exprimé. Une villa était à vendre; il s'agissait de trouver L'argent nécessaire pour l'acheter et la payer comptant. Grâce à M"1C Dudgeon et au concours de nombreux amis, la somme nécessaire fut trouvée. En octobre! de cette même année la maison était achetée, payée, réparée, meublée, rebaptisée de son ancien nom « Villa Helvetia », et transformée en maison de convalescence pour jeunes dames malades; ce fut en novembre qu'elle fut consacrée au Seigneur, et dès ce jour elle reçut de nombreux malades.
WLI.A IILLVLTIA
C'est une des plus charmantes villas de Menton, dans le quartier le plus pittoresque et le mieux abrité, sur le flanc d'une colline verdoyante. L'amour chrétien n'a rien négligé pour faire oublier aux pensionnaires qu'elles sont dans un établissement soutenu par la bienfaisance. Chacune a sa propre chambre, au midi ; le salon a trois fenêtres et tous les conforts possibles ; la salle à manger est spacieuse et bien aérée; la vie de famille est pleinement réalisée, les malades sont non seulement soignées, mais aimées.
Fonder l'œuvre était facile; la soutenir année par année, au milieu. d'un public étranger qui se renouvelle chaque hiver, était beaucoup plus difficile. Réussir fut encore le très grand mérite de celle qui avait, dès le premier jour, mis tout son cœur à cette œuvre, qui fut toujours l'âme de la maison, l'amie
ŒUVRES DE CHARITÉ
maternelle de chacune des jeunes malades. C'est M""' Dudgeon qui prit toujours sur elle toutes les charges, toutes les responsabilités que le pasteur ue pouvait pas porter. Anglaise, veuve, indépendante, née et élevée dans l'Eglise épiscopale, elle avait long temps vécu avec sa fille unique, à Genève, dans l'intimité journalière des Gaussen, des Merle d'Aubigné, des Pilet, auxquels elle devait l'épanouissement de sa vie religieuse. Aussi était -elle d'une largeur ecclésiastique qui n'était égalée que par sa fidélité à l'Evangile. Son esprit était aussi large que
son cœur; à tous ses procédés elle apportait tant de bienveillance, tant de grâce qu'on oubliait sa supériorité, niais en l'acceptant avec joie, car sa présence était un beau rayon de soleil qui illuminait tout autour d'elle. Elle s'est consacrée douze ans à cette œuvre. Puis, comme elle marchait avec Dieu, Dieu l'a reprise à Lui. Elle nous a laissé sa fille, qui a voulu continuer toutes les traditions de sa pieuse mère. Grâce à la sollicitude de M"1' Dudgeon, aidée aujourd'hui encore du même pasteur et secondée par une excellente directrice, l'Helvetia continue à rendre les mêmes précieux services, et reçoit chaque hiver 15 jeunes demoiselles malades, de nationalités diverses, qui presque toutes voient leur santé s'améliorer sérieusement et dont plusieurs rentrent chez elles, au printemps, radicalement guéries.
Les pensionnaires paient 25 fr. par semaine, tout compris. Le total des pensions s'élève à 7 ou 8,000 fr. par hiver; le total des dépenses à 10 ou 17,000 fr. C'est doue une somme de 8 à 9,000 fr. qui est demandée chaque année à la libéralité chrétienne.
Cette œuvre n'a jamais eu à inscrire sur un de ses Rapports le sinistre1 mot déficit.
Louange à Dieu '.
MADAME DIDGEO.N