‹ Les œuvres du protestantisme français au XIXe siècleChapitre 232 sur 326 · SALLE DE LECTURE DE LA BIBLIOTHEQUE · texte numérisé non relu

SALLE DE LECTURE DE LA BIBLIOTHEQUE

HISTOIRE DU PROTESTANTISME 343

comprend, avec une belle salle de lecture à double rang de galeries, deux pièces isolées pour les manuscrits et les volumes de la réserve, abrités contre les dangers de l'incendie par des armoires de fer, la salle de réunion du Comité et le logement du bibliothécaire. Par son caractère spécial, par les facilités qu'elle procure, elle est à Paris unique dans son genre.

A peine était-elle installée que M. Henri Lutteroth lui faisait hommage des manuscrits, lettres et papiers de Paul Ferry, le célèbre pasteur de Metz, dont il s'était rendu acquéreur en 1850 et auxquels il ajoutait de nombreux autographes anciens. La famille de feu M. le pasteur Auzière y déposait sa collection des Actes de 272 Synodes provinciaux et de 384 Colloques transcrits par lui pendant trente-sept années de labeur. Ces copies sont un des éléments les plus nécessaires de notre Bibliothèque; centraliser ainsi les renseignements épars dans les archives les plus diverses, c'est préparer les réponses aux questions que les familles nous adressent si souvent sur leurs ancêtres. En 1888, le Consistoire de Paris décidait de fusionner avec la nôtre sa Bibliothèque, formée par le pasteur Rabaut-Pommier ; en 1888, M. Bordier offrait le don des livres qu'il avait réunis pour la continuation de la France protestante, et, en 1889, Mme Passa lui apportait un portrait de Paul Babaut, auquel est venu se joindre depuis lors une ancienne peinture italienne représentant Clément Marot.

Il serait difficile, dans cette rapide notice, de relever un à un nos derniers progrès. Dans le Bulletin, augmenté et enrichi maintenant de fac similés et de ' gravures, parvenu à son xme tome, n'ont été oubliés ni l'anniversaire de l'Edit de tolérance de 1787, ni celui de l'ouverture du culte public à Paris, 7 juin 1789, ni celui de la proclamation de la liberté religieuse, 22 août 1789. A l'occasion de ce centenaire, la Société a publié deux volumes (1), qui ont figuré, avec la vue, le plan et quelques spécimens de sa Bibliothèque et de ses publications, à l'Exposition universelle de 1889. Elle a obtenu le rappel de sa Médaille d'or de 1878; à celle de Vienne elle avait eu la médaille de progrès.

En réponse aux invitations des Eglises le Comité a tenu la xxxin" Assemblée générale à Rouen ; la xxxvnc à Lyon; la xxxviii" à Orthez et à Pau. A chacune de ces Assemblées il a été présenté des travaux originaux relatifs à l'histoire de la Réforme dans ces régions.

(1) Les Religionnaires des diocèses de Nimcs, d'Alais et d'Uzcs et la Révolution française, recherches de M. François Holyière. — M. Weiss, La Chambre ardente, étude sur la liberté de conscience en France sous François Ier et Henri II. Une troisième publication, une édition à la fois populaire et scientifique du Journal de Jean Migault, doit compléter ces deux volumes.

344 SOCIÉTÉS D'INSTRUCTION

Mais, au milieu de grands sujets de joie, les tristesses ne lui ont pas été épargnées. En 1886, il perdait M. Henri Bordier, le persévérant et savant continuateur des frères Haag. En 1880, d'abord M. Charles Sagnier, membre associé, l'historien de la tour de Constance et de ses prisonnières. Le 17 juillet, la statue de Coligny s'était enfin dressée au chevet du temple de l'Oratoire; le lendemain M. Bersier organisait une excursion à Charenton, sous la présidence du

comte Delaborde : quatre mois après Dieu les rappelait tous deux à Lui.

Les amis de M. Bersier ont fondé in mèmoriam un prix quinquennal de 500 fr. à décerner par le Comité à un ouvrage d'histoire protestante. En 1890 c'est .M. Viguié qui nous quittait, en 1892 M. Jules Bonnet...

La Société célébrait, en avril 1892, son quarantenaire . Constatant , comme nous venons de le faire, ce qu'était notre science historique en 1852 et quel essor elle a pris depuis l'époque de sa fondation, le Conseil se sentit pressé d'offrir la présidence honoraire à M. Charles Uead, le fondateur, non sans peines et traverses, d'une œuvre dont il est impossible aujourd'hui de méconnaître la portée. Tandis qu'autrefois une étude sur notre histoire était une exception, chaque troisième page de la couverture de nos Bulletins mensuels apporte à présent un relevé des publications nouvelles. Des Sociétés huguenotes se sont fondées, à l'instar de la nôtre, à Londres, à New-York, à Charleston, en Allemagne, et entretiennent avec nous, ainsi que la Commission des Archives wallonnes, des relations fraternelles et suivies, et quand le Comité a

LA FHANCE PROTESTANTE

désiré, Tau dernier, s'associer comme membres honoraires vingt historiens protestants, il a éprouvé un véritable embarras à limiter ainsi le nombre des élus. On se demandait autrefois où chercher les sources de notre histoire ; aujourd'hui la Bibliothèque de la rue des Saints-Pères met à la disposition des travailleurs plus de 30,000 volumes et plus de 500 manuscrits. C'est à tous les protestants de France, c'est à tous les descendants des réfugiés [tour la foi, sans distinction d'Eglises ou de tendances, qu'elle demande de ne pas laisser s'oblitérer la mémoire de leurs pères et de la fidélité de leur Dieu.

Le Comité.

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