ÉCOLES DU DIMANCHE
« Je me vois encore arrivant à Paris. Dieu m'avait mis au cœur de publier un petit journal sous le titre de : Magasin des Ecoles du Dimanche. Je fis une tournée chez tous les pasteurs pour avoir leur avis à ce sujet. Tous me dirent que mon idée était bonne, mais qu'elle ne pouvait être réalisée, en France. L'imprimeur même, comme je lui parlais d'un tirage de quatre cents numéros, me dit : « Consentez, monsieur, à n'en tirer que deux cents. »
C'est le 23 avril 1853 qu'avait lieu la première assemblée publique à l'Oratoire, et je vois encore la physionomie de cette première séance. Ce qui frappait, c'était la timidité avec laquelle on demandait aux Sociétés plus anciennes la permission pour leur nouvelle sœur de se glisser dans leurs rangs. Ce qui frappait encore, c'était le nombre restreint des premières adhésions. Un Comité de six membres seulement fut nommé :
MM. Montandon, pasteur, président ; Henry Paumier, pasteur, secrétaire; Paul Cook, pasteur, trésorier; trois assesseurs:
MM. Favey, Renckhoff, et Louis Vernes, pasteur.
Le premier rapport constatait l'existence de 13 Ecoles du Dimanche à Paris, 130 dans la France entière. On avait publié des teurs. Le budget était de 1,216 fr., laissant, chose rare, un boni de 10 fr. 70 c.
Dix ans plus tard, en 1862, les dons ont augmenté avec l'intérêt qu'excite l'œuvre. Le budget dépasse 26,000 fr., mais le progrès matériel est peu de chose à côté du progrès moral accompli pendant ces dix années. Au lieu de 13 Ecoles du Dimanche, Paris en compte 34. Les départements, au lieu de 130, en comptent 327.
Le Magasin des Ecoles du Dimanche, dirigé par M. Cook jusqu'en 1857, est continué par le Comité jusqu'en 1863, et a fourni aux instructeurs et aux directeurs des Listes de leçons, des Etudes bibliques, des informations
SOCIÉTÉS D'INSTRUCTION
précieuses sur les meilleures méthodes à suivre. Une Bibliothèque a été fondée en 1857, pour fournir de bons livres à répandre dans les écoles de semaine. De I8â7 à 1863, on a vendu 1 5(5,000 volumes, soit en moyenne l^i ,208 par an; on a publié ainsi 21 ouvrages, originaux pour la plupart et formant 28 volumes. Une fétc essayée timidement à l'Oratoire, grâce à l'initiative d'un ami américain, M. Albert WoodrufF, a si bien réussi, que l'on organise ces fêtes annuelles du Cirque, qui, pendant plusieurs années, ont été l'une de nos réunions les plus intéressantes et les mieux suivies, et pour parler le langage du jour « le clou » de la semaine de nos Assemblées religieuses.
II. — Abordons la seconde période, de 1802 à 1872. Notre o'uvre rencontre encore bien des préventions. Les uns la repoussent comme une importation de l'étranger; les autres redoutent l'influence de moniteurs laïques et préfèrent le catéchisme exclusivement dirigé par le pasteur. Cependant le progrès, bien que lent, s'accentue. En 1867, nous prenons une part active à l'Exposition universelle. Grâce au généreux concours de nos amis de l'Union des Ecoles du Dimanche et de la Société des Traités de Londres, grâce aussi à l'appui de M. Théodore Vcrnes d'Arlandes, commissaire délégué pour les Missions, nous faisons élever, dans le parc même de l'Exposition, à côté du bâtiment des Missions évangéliques, une salle vaste et admirablement située, où nous avons exposé nos publications et celles de diverses Sociétés des Ecoles du Dimanche de l'étranger.
Pendant les six mois qu'a duré l'Exposition, des milliers de visiteurs n'ont cessé de traverser notre salle, regardant, interrogeant notre agent, M. Ilutton qui, grâce à sa connaissance de l'anglais et du français, a pu rendre sa mission doublement utile.
Plusieurs faits nous ont montré l'heureuse influence de cette publicité pour notre œuvre. Un jour deux dames, deux étrangères, en voyant la jolie reliure de nos livres, demandent si ce sont des romans. Notre agent leur parle des Ecoles du Dimanche, de l'importance de leurs publications pour l'éducation des enfants. Ces dames se retirent, mais quelques heures plus tard M. Ilutton les voit revenir : « Avez-vous quelques livres, non pas pour les enfants, mais pour des personnes qui voudraient essayer d'ouvrir une École du Dimanche? » Elles choisissent alors bon nombre de volumes et de brochures, prient qu'on les fasse porter à leur hôtel, car elles doivent partir le soir môme pour Saint- Pétersbourg, puis, remerciant notre agent : « Nous essaierons, lui disent-elles, de faire croître en Russie le goût de ces Ecoles, et nous nous proposons, ma